Les remous inédits des marchés au premier semestre 2020 ont bouleversé certaines de leurs tendances les plus tenaces mais dans cet article, Robert Donald et Ashley Lester expliquent pourquoi elles ne disparaîtront pas si facilement.

Par David Brett, éditorialiste

 

La pandémie s’est accompagnée de fluctuations extrêmes des places boursières.

La phase haussière la plus longue de l’histoire, qui avait débuté en mars 2009, a pris fin brusquement début février alors que les marchés connaissaient un effondrement tout aussi historique.

L’indice Dow Jones Industrial Average des actions américaines (le «Dow») a chuté de plus de 30% en seulement 25 séances à compter du 6 février, marquant la correction la plus brutale jamais observée, plus rapide même que le krach de 1929 qui avait précédé la Grande Dépression.

Suite aux annonces successives par les banques centrales et les gouvernements de mesures visant à protéger l’emploi et l’économie, les actions ont rebondi. Début juin, les actions américaines avaient effacé la totalité de pertes liées à la Covid-19.

Au passage, certaines tendances de marché bien ancrées ont également semblé s’inverser.

Par exemple, les actions européennes surperformaient les actions américaines à la mi-mars. Les petites capitalisations américaines devançaient les grandes valeurs à la mi-avril. Et les titres  value» surpassaient les valeurs de croissance à la mi-mai aux États-Unis.

Toutefois, ces renversements de tendance ont été de courte durée. Nous avons interrogé Ashley Lester, Responsable de la gestion systématique, et Robert Donald, Directeur des investissements chez Helix, pour savoir quelles sont les tendances susceptibles de persister.

Que se passe-t-il sur les marchés?

Ashley Lester: «Jusque récemment, la tendance générale concernant les actions bien orientées et celles peu performantes restait d’actualité.

Les actions les plus rentables, à savoir les valeurs de croissance, se sont bien comportées, comparativement. Les titres «value» les plus décotés et les petites capitalisations ont été littéralement massacrés.

En fait, le degré de sous-performance atteignait un niveau quasi historique depuis un an et demi.

Il est possible d’évaluer à quel point la performance est inhabituelle en examinant les écarts-types, c’est à dire le degré auquel la performance s’écarte de la «normale» ou de la moyenne.

Une variation d’écart-type de 1 est un phénomène tout à fait habituel. Une variation de 2 est un phénomène que l’on s’attend à observer tous les cinq ou dix ans.

Une variation de 3 est un phénomène que l’on ne s’attend pas à observer durant sa carrière. Lorsque la variation atteint 4 voire 5, il s’agit pour le coup d’un phénomène totalement inédit.

Sur les marchés américains en mars, les actions décotées ont sous-performé à hauteur d’environ 4,5 écarts-types et les petites capitalisations d’environ 6,5 écarts-types.

La conclusion à en tirer est que l’ampleur des variations intervenues en mars était absolument massive du point de vue de la valorisation relative de ces deux types d’actions.

Nous assistons depuis à un certain redressement des valeurs décotées par rapport à celles plus rentables. Mais il ne faut pas s’enflammer pour autant, car il leur reste encore un énorme écart à combler.»

Comment se fait-il que les valeurs de croissance l’ont emporté sur les titres «value» si longtemps?

Robert Donald: «Le rebond de la croissance économique depuis la crise financière mondiale d’il y a dix ans a été plus limité par rapport aux autres périodes de reprise.

Dans un contexte d’atonie, la croissance devient rare. Ainsi, le marché sera disposé à payer une prime pour la qualité, pour la conversion des bénéfices en liquidités et pour la croissance. C’est exactement ce qui s’est passé.

Un segment très restreint du marché, comme les géants de la technologie, s’est bien comporté, faisant globalement exploser les bénéfices et raflant la mise d’une cagnotte limitée.

À l’inverse, les sociétés plus traditionnelles, que ce soit dans le secteur bancaire ou dans celui des ressources, ont été à la peine.

Quand la crise de la Covid-19 est survenue, les sources de croissance et de demande ont toutes été gelées.

Les rares secteurs qui continuaient à opérer malgré les mesures de confinement comme les poids lourds technologiques, précisément ceux qui affichaient déjà une croissance disproportionnée, en ont profité.»

Quelle pourrait être la tendance à venir?

Robert Donald: «À un horizon de deux à cinq ans, les entreprises qui affichent ce profil de croissance continueront à bien se comporter, car la croissance va être une denrée rare.

Les entreprises sont très endettées, si bien qu’elles sont réticentes à réinvestir dans des biens d’équipement.

Les consommateurs craignent pour leur emploi et vont ainsi se montrer frileux et épargner une partie de leur revenu. Les gouvernements eux-mêmes vont être très endettés.

Ces facteurs vont selon moi concourir à freiner la croissance et le contexte actuel dans lequel un nombre restreint d’entreprises domine la tendance est appelé à persister.

Je souscris dans une certaine mesure au point de vue selon lequel dans le scénario d’une reprise en forme de V, des poches d’activité pourraient favoriser certains des secteurs traditionnels. En effet, les politiques monétaires et budgétaires volontaristes leur donneront un coup de fouet pendant un certain temps.

Cependant, une fois que l’euphorie sera retombée et que nous ferons face à la réalité, les investisseurs se rendront compte que la croissance va faire défaut.»

 


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