Chaque jour, près de 200 000 personnes au monde décident de s’urbaniser et l’on compte aujourd’hui quelques 33 villes de plus de 10 millions d’habitants . Le rythme rapide de ces évolutions engendre de fortes pressions sur les infrastructures des villes. Mais il crée également des opportunités pour un réaménagement urbain et une croissance innovants.

La gestion efficace du problème qu’est la croissance rapide des villes est un enjeu majeur des considérations liées au réchauffement climatique, car les zones urbaines représentent aujourd’hui environ 70 % de la consommation énergétique mondiale.


Cet article a été publié dans La Lettre N°1


 

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Simon Webber, gérant du fonds SISF Global Climate Change Equity

Les investissements en infrastructure et en efficacité énergétique sont, à l’échelle urbaine, perçus comme une opportunité importante et intéressante. En Chine et en Inde, les résultats d’une étude mondiale ont révélé que les « villes intelligentes » (smart cities) et les villes vertes représentent les premières opportunités commerciales pour ces nations, avant même les énergies renouvelables. De même, si les villes contribuent le plus fortement au réchauffement climatique en tant que premiers foyers de consommation énergétique, ce sont aussi elles qui assumeront la grande majorité des coûts d’adaptation car elles concentrent la plus grande partie de la population. Les responsables politiques ont par conséquent tout intérêt à anticiper au maximum cette évolution.

Une ville intelligente, telle que soutenue avec le plus grand enthousiasme par le premier ministre indien Narendra Modi en juin 2015, est un concept qui s’implante peu à peu dans le monde entier. Le concept de ville intelligente consiste à utiliser de nombreuses données et analyses en temps réel pour relier, intégrer et optimiser la gestion des réseaux notamment de transport, d’électricité et de distribution d’eau. Il est matériellement très difficile de modifier un réseau routier ou de distribution d’eau déjà existant dans une ville, et l’optimisation des flux devient par conséquent une priorité pour les infrastructures actuelles. L’aboutissement d’une telle technologie dépend de la disponibilité d’un volume conséquent de données représentatives qui, à leur tour, dépendent d’un réseau de capteurs connectés.

Google Sidewalk Labs, une division d’Alphabet qui cherche à exploiter ses importantes collectes de données et mettre son expertise analytique au profit d’une action civique, et Silver Spring Networks, sont deux exemples d’initiatives prises dans ce domaine. Silver Springs développe et fabrique des capteurs de petite taille destinés aux infrastructures urbaines et qui permettent une communication entre les différents dispositifs à l’aide d’une plateforme logicielle standard propriétaire. La société a par exemple participé à l’installation d’éclairages publics permettant de régler la luminosité des lampadaires à LED en fonction de certaines conditions, qu’elles soient météorologiques ou relatives aux flux de circulation des voitures ou des piétons. Nous nous réjouissons de découvrir les opportunités qui se présenteront à cette société (qui a déjà connu un intérêt marqué de la part de villes comme Paris, Copenhague ou Miami) afin d’aider les villes à gérer leurs flux énergétiques et de circulation.

 

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Source : Silver Springs Networks (www.silverspringsnet.com)

Les villes intelligentes présentent donc des opportunités d’investissement à la fois hautement pertinentes et immédiates. Tandis que la planète poursuit une transition dans la production et le stockage des énergies renouvelables, les économies énergétiques réalisées grâce à une meilleure gestion des pics de consommation et les gains d’efficacité au sein des villes constitueront à court terme l’une des sources d’économie d’énergie les plus grandes et les plus intéressantes au regard de la combinaison d’énergies fossiles et renouvelables actuellement à notre disposition.

 


Cet article a été publié dans La Lettre N°1