La question du sucre figure désormais en tête des ordres du jour sociaux et politiques, donnant ainsi un avantage aux entreprises qui s’adaptent déjà à une industrie plus limitée en sucre.

Le sucre est devenu un moteur de plus en plus important de l’industrie des aliments et des boissons depuis que nous avons exploré le sujet pour la première fois en 2015. Nous examinons ci-après les risques initialement identifiés en 2015 et faisons le point sur la réaction de l’industrie et les mesures prises par Schroders pour intégrer ce risque à ses processus d’investissement.

Partie 1 : Le sucre, une question stratégique essentielle pour l’industrie

Les trois catalyseurs que nous avions identifiés en 2015 continuent de se renforcer, ce qui laisse entrevoir des mesures plus sévères et des répercussions plus importantes sur l’industrie à l’avenir.

Catalyseur 1 : Sensibilisation accrue des consommateurs et des organismes de santé publique

La sensibilisation croissante aux effets du sucre sur la santé entraîne une baisse du volume et de la croissance des prix dans le secteur des biens de consommation de base, en partie en raison d’un durcissement des réglementations. Bien que les producteurs de soda soient les premiers visés par ces mesures, les producteurs de denrées alimentaires seront bientôt dans la ligne de mire.

Catalyseur 2 : Hausse des coûts liés à la santé

Le sucre alourdit le fardeau croissant des dépenses de santé des États, en raison du rôle qu’il joue dans la prévalence mondiale de l’obésité, du diabète et des maladies non transmissibles. Des gouvernements du monde entier ont réagi en introduisant des «taxes soda», qui accroissent les recettes et rendent les produits plus chers pour les consommateurs. Les entreprises qui ont déjà remanié leurs gammes ou dont les portefeuilles sont moins exposés devraient sortir gagnantes par rapport aux entreprises «plus lentes».

Source: Schroders & Rathbone Greenbank, “Sugar, obesity and noncommunicable disease: Investor expectations”

Catalyseur 3 : Augmentation de la possibilité de litiges à grande échelle

Le risque de litige demeure important. Malgré les difficultés à quantifier et à identifier les responsables des dommages causés par la consommation de sucre, nous estimons que l’impact pourrait dépasser 1% des bénéfices actuels du secteur des biens de consommation de base. Les entreprises dont les portefeuilles sont structurellement moins exposés au sucre sont en position de force.

Partie 2 : La réaction de l’industrie

Fusions et acquisitions, désinvestissement et menaces des investisseurs militants

Depuis 2015, nous assistons à la montée en puissance de petites marques concurrentes, qui créent un large éventail d’opportunités de fusions-acquisitions pour les géants du secteur alimentaire. Les principaux acteurs du secteur alimentaire sont également devenus eux-mêmes une cible de l’activisme concernant leur engagement à investir dans la R&D de produits plus sains.

Remaniement, réduction de la taille des portions et innovation produit

Les grands du secteur de l’alimentation et des boissons remanient également leurs portefeuilles de produits pour répondre à la demande des consommateurs et à la menace des «taxes soda». Mais les résultats de leurs efforts sont mitigés. Le remaniement peut s’avérer coûteux et nuire à la marque s’il ne répond pas aux attentes des consommateurs.

Augmentation des dépenses publicitaires

Nous avons également constaté une augmentation des dépenses publicitaires pour aider à compenser l’adoption d’alternatives plus saines.

Partie 3 : Nous prenons des mesures pour atténuer le risque lié au sucre

S’engager pour une meilleure diffusion de l’information

Nous avons constaté une amélioration de l’information communiquée par les entreprises, avec une plus grande couverture des questions relatives au sucre depuis la publication du document Investor Expectations: Sugar, Obesity and Non-communicable Diseases. Notre étude, qui fournit un cadre aux entreprises concernant la diffusion de leur information, a été distribuée à plus de 40 sociétés du secteur de l’alimentation et des boissons du monde entier.

Recherche sur les entreprises et recommandations d’actions

La plateforme de recherche exclusive de Schroders comprend plus de 40 exemples d’analystes qui tiennent compte du risque lié au sucre dans leurs recommandations, leurs recherches ou leurs discussions avec les entreprises. Elle contient plus de 50 références aux seules «taxes soda».

Élaboration du portefeuille

Chez Schroders, cette analyse est prise en compte lors des décisions relatives aux portefeuilles et les équipes ajustent leur exposition sectorielle afin d’atténuer le risque potentiel lié au bilan auquel est confronté le secteur de l’alimentation et des boissons.

Conclusion

La majorité des risques identifiés dans notre étude initiale en 2015 se sont accrus. Selon nous, des tendances telles que la mise en place de «taxes soda», les réglementations concernant la publicité et les pratiques commerciales et l’évolution constante des goûts des consommateurs, continueront à créer des difficultés pour le secteur de l’alimentation et des boissons. Les entreprises alimentaires sont aujourd’hui confrontées à une pression accrue pour remanier leur offre et innover afin de protéger leurs bénéfices futurs. L’amélioration de la communication de l’information nous a aidés à identifier plus efficacement les chefs de file et les retardataires de l’industrie, mais nous continuerons d’appliquer et de surveiller les nouvelles pratiques exemplaires.

 


Cet article est extrait du Rapport sur l’investissement durable 1Q2019 (télécharger le rapport complet)