À mesure que le monde se convertit aux énergies propres, notre dépendance aux combustibles fossiles pourrait bien être remplacée par une nouvelle forme de dépendance: celle vis-à-vis des métaux des terres rares, lesquels sont essentiels à la révolution du zéro carbone.

La liste des métaux des terres rares comprend 17 éléments nécessaires à la production de technologies liées aux énergies vertes et de biens de haute technologie comme les smartphones, les téléviseurs à écran plat, les écrans d’ordinateur et les dispositifs d’affichage électronique. On les retrouve également dans les batteries de véhicules électriques, les missiles, les satellites, les éoliennes et les moteurs d’avion.

Au cours des 15 dernières années, la demande annuelle de métaux des terres rares a doublé pour atteindre 125’000 tonnes, et elle devrait atteindre 315’000 tonnes d’ici 2030. Les marchés rencontrent déjà des contraintes d’approvisionnement liées à l’adoption accrue des technologies vertes et aux progrès de l’électronique.

Alors que la demande est concentrée dans les pays développés, les chaînes d’approvisionnement de ces métaux se trouvent en grande partie ailleurs. Actuellement, la Chine contrôle 85% de l’offre mondiale de métaux des terres rares.

Derniers développements

L’année 2021 a été favorable aux prix des métaux de terres rares. La demande d’aimants permanents à base de terres rares, essentiels pour les véhicules électriques (VE) et les éoliennes, a grimpé en flèche face à l’intensification des efforts des pouvoirs publics et des entreprises pour réduire les émissions de CO2. Les prix de l’oxyde de praséodyme-néodyme, ou NdPr, deux des 17 éléments de terres rares qui sont utilisés dans les aimants NdFeB, ont bondi à 115’000 dollars la tonne, leur plus haut niveau depuis novembre 2011.

Pour atteindre l’objectif mondial de zéro émission nette d’ici 2050, la demande globale d’éléments de terres rares, ingrédients essentiels des technologies liées aux énergies propres, sera multipliée par six. La Banque mondiale estime que la production pourrait devoir augmenter de 500 % pour faciliter l’adoption massive de batteries lithium-ion, de panneaux solaires, d’éoliennes et d’autres technologies critiques liées aux énergies propres.

Conscient de la nécessité de renforcer les capacités de développement, de fabrication et de commercialisation des batteries sur le territoire national, le Ministère américain de l’énergie a annoncé un plan national visant à stimuler la production nationale de batteries au lithium et à favoriser un avenir énergétique propre. Sans de telles mesures, une analyse avait révélé que la production de batteries aux États-Unis ne parviendrait pas à répondre à la demande projetée de batteries de véhicules électriques. La Loi bipartite sur les infrastructures et l’emploi adoptée par le Congrès en début d’année prévoit 7.5 milliards de dollars pour étendre le réseau de recharge des véhicules électriques, ce qui devrait en accélérer l’adoption, ainsi que des incitations fiscales pouvant atteindre12’500 dollars par véhicule. La plupart des véhicules électriques sont alimentés par des batteries lithium-ion, et plus de 12 millions de tonnes de batteries existantes devraient être retirées du marché d’ici 2030.

Les prix du lithium ont déjà plus que doublé un million de tonnes en 2021 avant de passer à deux millions de tonnes d’ici 2030. Les États-Unis mènent également des projets visant à obtenir un avantage concurrentiel par rapport à la Chine dans l’extraction et la chaîne d’approvisionnement des métaux des terres rares. Début 2021, le Ministère américain de l’énergie a annoncé une initiative de 30 millions de dollars visant à sécuriser la chaîne d’approvisionnement nationale des métaux des terres rares et d’autres minéraux nécessaires à la fabrication des batteries. Des développements intéressants sont également en cours en Europe. Afin de réduire sa dépendance à l’égard des importations chinoises, un plan d’investissement de 1.7 milliard d’euros a été annoncé pour soutenir le développement d’une chaîne d’approvisionnement européenne en éléments de terres rares. Selon ce plan, la production locale passerait de 500 à 7’000 tonnes d’ici à 2030, réduisant ainsi de 20% la dépendance de l’Europe vis-à-vis des importations chinoises.

Perspectives 2022

En 2022, la transition énergétique est encore plus prioritaire pour les pouvoirs publics, les investisseurs et les entreprises, ce qui signifie une demande plus élevée de métaux des terres rares. Le problème de ces éléments est qu’ils se trouvent généralement en très faible concentration, de sorte que leur extraction n’est pas économiquement viable. Les États et le secteur privé financent la recherche de nouvelles méthodes d’extraction moins coûteuses qui, si elles s’avèrent viables, permettront d’accroître l’offre de manière exponentielle.

Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que la demande continuera de croître, en grande partie sous l’effet de la transition mondiale vers les énergies propres et les technologies vertes, et de l’adoption accrue et subventionnée des véhicules électriques. L’industrie des métaux de terres rares devrait continuer à se relever des effets de la pandémie de Covid-19 en 2022. Si l’offre parvient à correspondre à la demande, les prix devraient rester stables. Selon les prévisions, les États-Unis ont besoin de dix fois la quantité de métaux des terres rares dont ils disposent actuellement pour atteindre les objectifs ambitieux du président Biden en matière de véhicules électriques à l’horizon 2030. Si la demande dépasse l’offre, les prix des métaux de terres rares risquent en revanche d’augmenter au cours de la prochaine décennie.

 

Le Certificat Terres rares de Swissquote cible les entreprises les mieux placées pour bénéficier d’une rupture d’approvisionnement en éléments critiques de terres rares, dont la consommation devrait croître de 15 % par an au cours des prochaines années. Creusez bien!

ISIN CH0434695042
Valor 043469504
Symbol RARETQ