L'évolution de Facebook en Meta ouvre la porte au développement futur d'un Metaverse, un environnement virtuel en 3D, et fait surgir de nouvelles opportunités pour les interfaces neuronales destinées au grand public.

La neurotechnologie est à l’avant-garde de la révolution de la réalité immersive, favorisée par les investissements colossaux des GAFAM dans leur quête du Metaverse. Les interfaces neuronales ont le potentiel de secouer le secteur en améliorant l’expérience et l’interaction avec les mondes virtuels, ce qui ouvre la voie à une adoption massive.

Ce qui s’est passé

Mark Zuckerberg a récemment annoncé que sa société, anciennement Facebook, avait changé de nom pour devenir “Meta”. Ce changement de nom indique clairement l’objectif stratégique: connecter les gens dans des mondes virtuels, également connus sous le nom de Metaverse. Dans cette optique, l’entreprise prévoit d’embaucher 10 000 personnes et d’investir au moins 10 milliards de dollars dans ce projet au cours des prochaines années.

Impact sur notre dossier d’investissement

Qu’est-ce qu’une interface neuronale?

Les interfaces neuronales sont souvent considérées comme des connexions directes au cerveau humain, illustrées par les implants cérébraux, comme celui développé par Neuralink d’Elon Musk. En réalité, il n’est pas nécessaire d’avoir une connexion directe avec le cerveau. Le terme englobe tout dispositif capable de se connecter avec le système nerveux humain, y compris les nerfs périphériques, afin de lire ou de moduler l’activité neuronale.

Ces dernières années, la neurotechnologie a bénéficié de nombreuses innovations, de l’intelligence artificielle aux semi-conducteurs spécialisés, qui lui ont permis de sortir du cadre du “pur laboratoire”. Mais bien que l’on observe une augmentation des applications et de l’adoption dans le domaine de la santé (notamment les dispositifs de neuromodulation qui sont devenus assez courants), les interfaces neuronales peinent encore à pénétrer les marchés de la grande consommation.

Facebook et la RA/VR

L’intérêt de Facebook pour les technologies immersives remonte à 2014 avec l’acquisition d’Oculus VR pour 2 milliards de dollars, un développeur de casques de réalité virtuelle. Cinq ans plus tard, elle a acquis CTRL-Labs, une petite entreprise de neurotechnologie travaillant sur un capteur nerveux sous forme de bracelet qui détecte directement l’activité électrique des neurones moteurs qui innervent l’avant-bras et la main. Cette technologie, désormais développée au sein de Facebook Reality Labs, détecte les mouvements intentionnels de la main et permet aux utilisateurs d’interagir dans les mondes virtuels avec une extrême précision.

Mettre les interfaces neuronales à la portée du plus grand nombre

Le secteur est toujours à la recherche de la “killer app” et nous pensons que les technologies immersives (AR/VR) pourraient être la porte d’entrée vers le marché de masse des consommateurs.

Les vêtements, tels que les interfaces neuronales basées sur le poignet, sont les candidats parfaits pour les consommateurs, car ce sont des dispositifs familiers et ils permettent un accès non invasif aux fibres nerveuses situées juste sous la peau. De nouvelles entreprises (par exemple NextMind ou MindPortal) développent des casques non invasifs à porter sur soi dans le but de lire et d’écrire directement depuis le cerveau afin d’améliorer l’expérience virtuelle et, espérons-le, de remplacer un jour les lunettes de réalité virtuelle. Les implants cérébraux, comme celui développé par Neuralink d’Elon Musk, sont technologiquement impressionnants mais invasifs, nécessitant une intervention chirurgicale, ce qui constitue un frein pour leur adoption par les consommateurs, sans parler des questions éthiques concernant la confidentialité des données.

Le succès futur du projet Metaverse de Facebook reste discutable, mais ce qui est sûr, c’est que la réalité immersive commence à être rapidement adoptée dans diverses industries, notamment dans le secteur des jeux vidéos. La neurotechnologie en bénéficiera directement et améliorera à son tour les expériences de réalité virtuelle, rapprochant ainsi le Metaverse de sa matérialisation.

Notre point de vue

L’investissement de Facebook dans la réalité virtuelle et les interfaces neuronales à destination du grand public pourrait se révéler comme le déclencheur, dont le secteur des neurotechnologies a besoin pour atteindre le marché de masse. L’adoption des neurotechnologies permettra au Metaverse de devenir une réalité. Chez AtonRâ, nous suivons de près ce secteur et nous pensons que les technologies immersives, une industrie qui devrait atteindre > 450 milliards de dollars d’ici 2030, feront bientôt partie de notre quotidien.