Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

L’Europe tourne à plein régime

Un mois après le FMI, la Commission Européenne a très nettement révisé à la hausse ses prévisions de croissance économique. Avec une estimation à 2,2% pour 2017 (contre 1,7% il y a six mois), le PIB devrait connaitre son plus fort rythme de progression depuis 10 ans. Les attentes pour 2018 ont également été rehaussées à 2,1%, et une première estimation 2019 a été publiée à 1,9%. Ces révisions optimistes reposent sur: la solidité de la consommation, la politique monétaire, la baisse du chômage et la demande extérieure. La hausse de l’euro et du pétrole induisent, eux, des contributions négatives.

Le resserrement graduel de la politique budgétaire assainit les finances publiques, sans impact notable sur la croissance. En raison de la modération salariale, les anticipations d’inflation baissent à 1,4% l’année prochaine, avant une remontée graduelle (ce qui justifie le maintien de la stimulation monétaire).

Bien que ce scénario nous apparaisse parfaitement fondé, plusieurs risques pourraient s’opposer à sa réalisation:

  • les effets négatifs d’un hard Brexit,
  • un choc externe, comme une baisse de la croissance américaine (qui est en haut de cycle),
  • une accélération de la hausse du pétrole, qui affecterait la demande intérieure,
  • une hausse rapide des taux, résultant d’un resserrement global des conditions monétaires,
  • un événement exogène : regain des tensions géopolitiques, instabilité financière en Chine,…

En outre, en raison du niveau élevé des valorisations, les marchés pourraient réagir brutalement à l’un de ces risques. Enfin, compte tenu des niveaux élevés des indicateurs de surprises économiques, il devient difficile d’anticiper une nouvelle embellie. Les bonnes nouvelles pourraient donc bien être désormais derrière nous.

 

Venezuela, un risque circonscrit?

L’histoire semble être déjà écrite et l’annonce par le président vénézuélien de sa volonté de restructurer les créances du pays laisse présager une issue rapide. Un défaut de paiement du Venezuela, qui serait annoncé cette semaine par l’ISDA, pourrait alors constituer un nouveau record historique en la matière, après celui de l’Argentine en 2001. Le coup de grâce pourrait venir des US, qui envisagent d’imposer des sanctions économiques au pays. Pour autant, le risque de contagion à d’autres pays émergents apparait extrêmement faible, tant l’économie du Venezuela fonctionne en autarcie. Par ailleurs, le gouvernement a mis en place de nombreuses mesures visant à fortement limiter l’accès des entreprises et des particuliers aux devises étrangères. On peut ainsi comprendre la relative tranquillité des marchés financiers, la probabilité du défaut ayant graduellement progressé depuis déjà de nombreuses années.

 

Entente cordiale sino-américaine

La visite de Donald Trump en Chine a apaisé les craintes que suscitaient les accents protectionnistes de ses discours de campagne. Pour manifester la qualité de la relation, 250Mds de contrats ont été annoncés, la Chine a annoncé l’assouplissement des conditions d’investissement étranger dans le secteur financier et la réduction des droits de douane dans l’automobile. La situation nord-coréenne et le constat qu’une option violente ne pourrait pas réduire le déficit commercial sans un coût important sur l’activité ont dû adoucir la position américaine.

 

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