Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

Lucky Luke

Après la conjonction incroyablement favorable d’événements politiques ayant permis son élection, Emmanuel Macron hérite aujourd’hui de la situation économique la plus porteuse depuis la crise: une reprise conjoncturelle globale, un ensemble de réformes structurelles déjà votées (mais encore insuffisantes), un niveau de confiance élevé dans le pays et parmi les partenaires européens. On peut donc espérer qu’il tire parti de cet alignement pour faire passer rapidement les réformes les plus profondes (et potentiellement impopulaires) de son programme, afin d’obtenir des effets avant la fin du quinquennat sur : la compétitivité, l’investissement, l’emploi et la réduction des inégalités. Pour ce faire, il lui faudra une détermination sans faille et disposer d’une majorité parlementaire cohérente autour de son projet. A défaut, le risque est de voir se prolonger l’immobilisme précédent, avec de simples changements cosmétiques.

 

Draghi se fait bousculer aux Pays-Bas

On le savait, la politique expansionniste de la BCE ne fait pas l’unanimité dans la zone euro. Mario Draghi a pu le constater à nouveau dans une houleuse session devant le Parlement hollandais. L’anecdote suggère que l’équilibre des forces pourrait devenir plus défavorable au QE, avec la reprise qui s’affirme, notamment dans les pays périphériques, et la réduction du risque politique. Les députés hollandais ont évoqué les différents risques entrainés par le QE:

  • risque de bulle sur les actifs financiers pouvant déboucher sur une crise,
  • risque de distorsion des prix des actifs, avec une allocation de l’épargne inefficiente,
  • risque d’imposer une mutualisation des pertes en cas de restructuration,
  • hasard de moralité réduisant les incitations à réformer dans certains pays.

Si la BCE est statutairement indépendante, elle ne peut pas non plus rester sourde aux messages politiques des états membres, ce que le marché devrait traduire en une pression sur les taux longs, en réduisant leur confortable prime négative.

 

UK: le Brexit commence à mordre

Après une embellie inattendue à la suite du vote sur le Brexit, la croissance de l’économie britannique pourrait se réduire. En effet, la hausse de l’inflation causée par la baisse de la livre va ralentir la consommation, qui a été la clé de la résistance récente. L’incertitude qui règne sur les discussions avec l’UE va décourager les investissements et les embauches. En dépit de la baisse de la livre, la demande extérieure pourrait baisser, en raison de l’adaptation au nouveau cadre commercial. La BoE, enfin, devra être réactive face à la hausse de l’inflation importée. Ces éléments devraient se matérialiser dès 2018, avec une baisse sensible de la croissance, à 1,3% selon le consensus. A plus long terme, les restrictions à la circulation des personnes sont des limites à la croissance potentielle. Ces interrogations vont ressurgir à chaque publication négative, comme cette semaine la déception sur la production industrielle.

 

Source : Ellipsis AM, Bloomberg

 

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