Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

Yellen maintient la cadence

Ignorant la trajectoire décevante de l’inflation en mai et la faiblesse récente des indicateurs avancés, le FOMC a suivi sa course, en procédant comme prévu à une hausse des taux, en maintenant ses anticipations médianes de trois hausses cette année et en confirmant qu’il envisageait la réduction de son bilan. Il a toutefois dû concéder que les développements récents de l’inflation devaient être surveillés attentivement mais, qu’en revanche, les risques causés par l’environnement global avaient reculé.

Se basant notamment sur la vigueur du marché de l’emploi, les anticipations de la Fed sont restées inchangées, à l’exception de l’inflation core pour 2017 qui a été ramenée à 1,7. La réduction du bilan devrait démarrer dès cette année. Elle s’effectuera en ne réinvestissant plus une partie des flux du portefeuille, partie qui sera calibrée de manière croissante pour atteindre 50Mds /mois un an après le lancement.

A l’issue de l’ensemble de l’opération, les réserves bancaires devraient rester supérieures à leur niveau d’avant la crise. Ce choix de continuité dans la politique monétaire préserve la confiance, tandis qu’un recul aurait fortement pesé sur les anticipations. Néanmoins, après une série négative d’indicateurs avancés et de publications d’inflation, la Fed court le risque de maintenir aujourd’hui des conditions trop restrictives pour la dynamique réelle du contexte sous-jacent, avec une possible accélération de la fin de cycle, celui-ci étant déjà particulièrement long depuis la crise de 2008.

La baisse observée des taux longs aux US montre que le marché considère sérieusement cette hypothèse. Les banques centrales américaine et européenne ayant maintenu chacune leur trajectoire opposée, il était logique de voir la baisse du dollar s’interrompre, ce qui est une configuration plutôt favorable pour l’économie européenne. Toutefois, avec la tension des conditions financières qui s’est manifestée à l’issue du FOMC (hausse des taux, baisse des actions…), on voit que l’Europe est soumise, comme les émergents, aux variations de flux de capitaux générées par la politique de la Fed.

 

Grèce: la fin n’a jamais été aussi proche

L’arrangement alambiqué qui semble se profiler pour accorder à la Grèce une nouvelle tranche d’aide met en lumière les contraintes politiques qui pèsent sur ce dossier depuis déjà 5 ans. La participation du FMI, indispensable pour les Allemands, est théoriquement acquise mais reste conditionnelle à une renégociation future de la dette par l’UE. Il est stupéfiant qu’après ces innombrables plans de sauvetage, la renégociation inéluctable n’ait toujours pas été calibrée et négociée. Seule la politique intérieure allemande peut expliquer cette situation ubuesque (et dramatique pour la Grèce). On peut toutefois désormais espérer, comme le font les marchés obligataires, que l’on aboutisse enfin à une solution plus durable.

 

Le populisme toujours en retrait en Europe

Les élections locales en Italie ont été un échec pour le mouvement anti-européen MS5, ce qui prolonge la séquence politique favorable que traverse l’Europe, les législatives de dimanche en France ne devant pas dénoter. La probabilité d’élections en Italie à l’automne a diminué depuis l’échec du projet de loi électorale. Si elles devaient toutefois avoir lieu, la combinaison d’une reprise de la croissance, d’un soutien de la BCE et d’un parti MS5 affaibli permet d’envisager plus sereinement l’événement, aux réserves près qu’illustre l’exemple récent du UK.

 

Source : Ellipsis AM, Bloomberg

 

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