Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

Trumpaversion

L’époque de la Trumpflation semble tirer à sa fin. Avec sa communication très agressive dans le dossier coréen, le président américain a été la principale source d’incertitudes sur les marchés cet été. Les US pourraient bien rester au centre de l’attention à la rentrée, cette fois pour des raisons budgétaires.

En effet, les réserves du Trésor sont en baisse et les manoeuvres comptables qu’il utilise depuis le 15 mars arrivent à leur limite, ce qui va nécessiter de voter une augmentation du plafond de la dette. Avec une majorité républicaine au Congrès, cela serait une simple formalité si ce vote n’était pas une occasion rêvée pour le GOP d’exprimer ses désaccords avec Trump. Parmi ceux-ci, la baisse drastique des allocations à certains programmes sociaux (Medicaid, handicap, aide alimentaire, …) ne fait pas l’unanimité, de même que son projet de mur et, plus récemment, son indulgence stupéfiante vis-à-vis de mouvements extrémistes.

La surévaluation manifeste du marché obligataire et la plongée dans l’inconnu que représente le début de la normalisation du bilan de la Fed pourraient amplifier la perception d’un risque potentiel, même faible, d’événement de crédit sur la dette américaine, comme on l’avait observé en 2011 et 2013.

 

Croissance décevante au Portugal au T2

L’économie portugaise a sensiblement ralenti au T2, affichant seulement +0,2% q/q, interrompant le rythme élevé des trois derniers trimestres. Cette mauvaise nouvelle doit cependant être nuancée, car la baisse provient en grande partie des exportations nettes, la demande intérieure s’avérant toujours solide, notamment grâce à l’investissement, suggérant que le phénomène est transitoire. Le sujet est toutefois très sensible, car la soutenabilité de la dette dépend de manière cruciale de la croissance. Le passage en catégorie d’investissement, qui permettrait de réduire substantiellement les coûts d’emprunt dans le pays, deviendrait plus incertain en cas de ralentissement avéré.

 

De minutes en minutes

Les minutes du FOMC de juillet n’ont pas apporté de précisions sur le point de départ de la réduction du bilan, qui devrait logiquement être annoncée en septembre. En revanche, la perception des risque à la baisse sur l’inflation a bien progressé, en raison de la série décevante des dernières publications (dont la dernière a eu lieu après le FOMC). Dans le contexte de baisse très nette du chômage, la fiabilité de la relation de Phillips a été discutée. S’agissant d’une hausse des taux supplémentaire cette année, les minutes indiquent un équilibre entre ses partisans et ses détracteurs. Le FOMC a évoqué une possible indexation de la politique monétaire aux conditions financières réelles. Dans cette approche, la Fed pourrait justifier de monter ses taux même avec une inflation basse, pour autant que les conditions financières restent accommodantes.

La BCE, qui a pris acte dans ses minutes de l’amélioration du contexte, a également discuté la validité de la relation de Phillips, qu’elle considère fiable à moyen terme mais reconnait qu’il faudra faire preuve de patience pour en observer les effets. Le conseil a également insisté sur la nécessité de ne pas envoyer de signaux qui pourraient être surinterprétés, tant sur le marché des taux que sur celui des changes. On voit, dans ces conditions, que le soutien apporté par la banque centrale aux actifs risqués reste sans failles.

 

J'aime cet article 94