Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

Draghi calme le jeu

La réunion du conseil des gouverneurs de la BCE a été l’événement de la semaine, alors que les marchés ne s’attendaient pas à des prises de décision majeures. Et la BCE n’a pas surpris, avec un communiqué de presse strictement identique à celui du mois de juin. Il aura fallu attendre la conférence de presse pour voir apparaitre de minimes changements dans les propos de M. Draghi. L’attention des marchés s’est davantage focalisée sur les évolutions par rapport au positionnement affiché fin juin par Draghi à Sintra. Il avait alors fait part de son optimisme quant à la dynamique de l’inflation et ouvert les portes à un resserrement monétaire afin d’éviter d’avoir des taux d’intérêt réels trop négatifs. La BCE a finalement fait preuve d’une certaine prudence affichant un discours un ton plus dovish que lors de la précédente intervention de Draghi qui avait entrainé un regain de volatilité sur les marchés de taux et des changes.

Après la Fed la semaine précédente, les banquiers centraux apparaissent de plus en plus vigilants face à la réaction des marchés, ce qui a pour effet d’accentuer le caractère périlleux de l’exercice auxquel elles sont confrontées : se recréer de nouvelles capacités d’intervention en normalisant leur politique monétaire sans pour autant étouffer la dynamique actuelle de l’activité économique. Le rôle d’une banque centrale est également de guider les anticipations, pour cela elle se doit de faire preuve d’optimisme. Ainsi, si la BCE continue d’insister sur le fait qu’elle anticipe une reprise de l’inflation qui devrait à moyen terme retrouver des niveaux davantage conformes avec l’objectif fixé, l’institution précise désormais que les signes de cette tendance se font toujours attendre. Ceci justifie un maintien de conditions accommodantes afin d’y parvenir.

En ce qui concerne les prochaines étapes, la BCE continue d’entretenir le flou afin de se laisser un maximum de marge de manoeuvre. Ainsi, au-delà du fait que le conseil des gouverneurs n’a pas encore commencé à discuter des orientations de politiques monétaires à implémenter à la fin du programme actuel de rachats d’actifs, il n’a pas non plus été décidé quand commenceront ces discussions, probablement au cours de l’automne.

 

La réforme fiscale se fait attendre aux US

Nouveau rebondissement en ce qui concerne l’abrogation de l’Obamacare suite au retrait par la majorité républicaine au Sénat de la proposition de loi visant à réformer le système actuel d’assurance-santé. Pour rappel, le camp du Président Trump avait prévu de parvenir à supprimer l’Obamacare avant fin juillet, puis de boucler le budget 2018 et enfin de s’attaquer à la réforme de la fiscalité avant fin septembre. Un retard semble désormais inévitable ce qui remet en cause le timing concernant le plan de relance tant attendu.

De plus, si les Républicains et les Démocrates ne parviennent pas à un accord, il faudra alors faire une croix sur les économies tirées de l’abrogation du système d’assurance-santé qui auraient pu être mobilisées pour financer la réforme fiscale. Le scénario d’une accélération de la croissance aux Etats-Unis pourrait alors prendre du plomb dans l’aile. Au-delà du tassement observé des indicateurs avancés, ce sont avant tout les marchés des taux et des changes qui ont significativement réagi à ces évolutions. La récente appréciation de l’euro vis-àvis du dollar pourrait davantage compliquer la tâche de la BCE…

 

Source : Ellipsis AM, Bloomberg

 

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