Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

Minute papillon

Avec la fermeture des marchés américains pour cause de Thanksgiving, la semaine dernière a été l’occasion de jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur avec notamment la publication des comptes rendus des dernières réunions des banquiers centraux.

Aux US, la dynamique de l’inflation reste la principale énigme. Alors qu’ils sont confiants sur le fait qu’à moyen terme les prix devraient croitre de 2% par an, les membres de la Fed peinent à expliquer les facteurs entrainant le ralentissement temporaire de l’inflation. Pour autant, l’activité économique devrait continuer de croitre à un rythme supérieur à son potentiel, soutenue par une consommation des ménages solide et un marché du travail particulièrement robuste.

L’amélioration des données concernant les évolutions salariales depuis le dernier FOMC corrobore la vison selon laquelle on se rapproche du plein emploi, ce qui devrait entrainer des pressions inflationnistes. Ainsi, conformément aux anticipations du marché, une nouvelle hausse des taux directeurs en décembre apparait acquise avec une probabilité implicite de 95%. On signalera que de plus en plus de membres du FOMC commencent à se méfier des impacts potentiels d’un environnement marqué par une
valorisation élevée des marchés actions combinée à une faible volatilité. Bien que les politiques monétaires accommodantes mises en place par les banquiers centraux sont la première source d’explication, ces craintes sont tempérées par le fait que les évolutions réglementaires devraient permettre une plus forte résilience du système financier.

Les minutes de la dernière réunion de la BCE ont une nouvelle fois mis en exergue la difficulté de l’équilibre que devra trouver l’institution de Francfort pour guider les anticipations. En effet, fixer une date de fin du programme d’achats provoquera forcement des anticipations de la part du marché et donc un resserrement involontaire des conditions financières. A l’inverse, laisser la porte ouverte à un potentiel rallongement du programme peut paraitre difficilement justifiable compte tenu de l’amélioration notable de la conjoncture économique. La BCE préfère opter pour cette deuxième voie, reliant la poursuite du Quantitative Easing au profil de l’inflation, qui peine toujours à décoller. Il faudra pourtant qu’elle élargisse sa communication à l’ensemble des aspects de sa politique monétaire afin de permettre au marché de ne pas rester focalisé uniquement sur les volumes et la durée des achats.

 

Pas de coalition Jamaïque

L’idée d’une coalition gouvernementale regroupant la CDU/CSU, les Verts et le Parti libéral-démocrate a finalement volé en éclat, ce dernier parti ayant mis fin aux négociations. A ce stade, plusieurs scénarii sont envisageables, les plus probables étant la tenue de nouvelles élections début 2018 (de nombreux observateurs évoquant la date du 22 avril) ou la formation d’une grande coalition entre le parti de Merkel et les socio-démocrates.

Bien que la situation actuelle soit sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’Allemagne n’est pas paralysée et le gouvernement devrait pouvoir continuer à gérer les affaires courantes. C’est davantage au niveau européen que cette configuration peut porter préjudice: les déboires internes de Merkel repoussent à plus tard toute avancée européenne et ne facilitent pas les négociations autour du Brexit.

 

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