Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

Trêve estivale des banquiers centraux

Dernière réunion d’une des grandes banques centrales avant septembre, le FOMC n’a pas fondamentalement changé la donne. Il faut certes signaler que les marchés ne s’attendaient pas à de grandes nouveautés, deux semaines après la dernière intervention publique de J. Yellen devant le Congrès. Tout d’abord en ce qui concerne l’inflation, la Fed prend acte du manque de vigueur de la dynamique récente. Les prix progressent ainsi à un rythme inférieur à 2% avant de se stabiliser à moyen terme à des niveaux proches de l’objectif.

Le deuxième changement concerne le processus de réduction de la taille du bilan. Alors que la Fed indiquait jusqu’à présent que le démarrage aurait lieu «cette année», il est désormais précisé que la réduction commencerait «dans relativement peu de temps». La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre, considérant dans un premier temps cette communication comme davantage accommodante: le taux 10 ans US s’est alors contracté tandis que le dollar a poursuivi sa tendance à la dépréciation. Pour autant, il faut se méfier des mouvements de sur-réaction des marchés, ces deux modifications n’ayant que peu de pouvoir prédictif à nos yeux, elles apparaissent avant tout factuelles.

En effet, on imagine mal la Fed annoncer le début de la réduction de son bilan en septembre compte tenu d’un agenda politique qui devrait être particulièrement chargé aux US, avec le vote du budget 2018 ainsi qu’une probable renégociation du plafond de la dette, l’abrogation de l’Obamacare se faisant toujours attendre. Une annonce concernant la normalisation de la taille du bilan en octobre avant une nouvelle hausse des taux directeurs en décembre nous parait être un scénario crédible. En l’absence de nouvelles interventions des banquiers centraux avant la réunion de Jackson Hole à la fin du mois d’août, la parité EUR/USD devrait peu s’écarter des niveaux actuels, ce qui pourrait peser sur le positionnement de la BCE en septembre. Au-delà de l’impact négatif sur le résultat des sociétés européennes exportatrices, la récente appréciation de l’euro devrait pénaliser l’inflation, ce qui pourrait pousser l’institution de Francfort à adopter un discours plus accommodant que ce qui est actuellement anticipé par les marchés.

 

L’OPEP resserre les vis

Alors que le cours du baril de pétrole peine à reprendre de la hauteur, l’OPEP et ses pays alliés (principalement la Russie) ont réitéré leur volonté de respecter les quotas de production décidés fin 2016. Il semblerait en effet que le rebond de la production de pétrole de schiste américain ne soit pas le seul facteur expliquant la baisse des cours durant le deuxième trimestre, certains pays étant directement visés par ce rappel à l’ordre. Les marchés ont positivement accueilli ces annonces que l’on peut considérer comme réalistes grâce aux passe-droits accordés à certains pays qui recommencent à produire (notamment Lybie et Nigéria) tandis que l’Arabie Saoudite s’engage à réduire encore davantage sa production.

 

La Grèce revient sur les marchés

Trois ans après sa dernière émission, la Grèce a réussi son test de confiance en revenant se financer sur les marchés, alors même qu’elle bénéficie de conditions avantageuses à travers son plan d’aide international. Une manière pour la Grèce de préparer le terrain avant l’échéance du programme.

 

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