Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

Le principe de réalité

Après des mois de blocage, les discussions entre le UK et l’Union Européenne devraient franchir une étape importante si l’on en croit les dernières informations mentionnant un accord sur le montant de la facture de sortie. La proposition de Theresa May pourrait donc être suffisante pour que l’UE accepte, lors du sommet du 14-15 décembre, de passer au sujet suivant, à savoir le contenu de l’accord de transition qui entrera en vigueur en 2019.

Bien sûr, de nouveaux points de blocage vont prendre le devant de la scène. Il s’agit notamment de la question irlandaise (la république d’Irlande veut imposer que l’Irlande du Nord reste dans l’union douanière) et du statut temporaire après 2019, pour lequel l’Europe souhaitera le prolongement d’un bloc des règles et non des accords sur mesure répondant aux préférences britanniques (politique agricole et de pêche, installation des ressortissants de l’union, impossibilité d’implémenter des accords commerciaux avec des tiers).

En outre, le UK ne recevra de l’UE, en contrepartie de ses engagements financiers, que des propositions générales – et non des engagements précis – sur l’accord commercial final. La faiblesse de la position anglaise apparait de plus en plus évidente, notamment lorsque l’on se souvient des déclarations fracassantes des politiciens eurosceptiques, qui prétendaient préférer un no deal à un bad deal. La probabilité d’un hard Brexit s’éloigne donc, d’autant plus que l’accord de transition, qui devrait assez peu différer du statut de membre, pourrait bien se solidifier pour l’avenir.

 

Comme attendu, Powell rassure

L’audition de Jerome Powell devant le Sénat a été bien reçue par les marchés. D’une part, il s’est positionné dans la continuité de Janet Yellen, ce qui assure un prolongement de la politique de hausse graduelle des taux, préservant des conditions financières accommodantes. Il a également affirmé qu’il chercherait à assouplir la règlementation bancaire, et ce afin que l’activité d’octroi de crédit puisse contribuer à plein à la prospérité américaine.

 

Yellen se positionne contre la réforme fiscale

Yellen est indirectement intervenue dans le débat en cours sur la réforme fiscale américaine, en rappelant que la trajectoire de la dette américaine devait à juste titre préoccuper les parlementaires. Le plan proposé représenterait en effet une baisse de revenus d’environ 1500Mds sur 10 ans. Elle soutient ainsi ceux qui, parmi les rangs républicains, veulent un coupe circuit sur les baisses de l’IS, au cas où les hausses promises de l’activité ne se matérialiseraient pas (une possibilité récemment écartée pour des raisons légales). Tant l’effet sur la soutenabilité de la dette que celui sur les inégalités tiennent à des hypothèses optimistes. En professeur d’économie, Janet Yellen a indiqué que les liens entre les taux d’imposition des sociétés et leur niveau d’investissement n’étaient démontrés par aucune donnée empirique fiable.

 

Flambée de l’EONIA

De manière peu explicable, l’EONIA a connu une hausse de 12bp en deux jours, alors que les conditions de refinancement des banques à la BCE restaient strictement inchangées. Si la cause de ce phénomène n’est probablement pas un stress de liquidité sur certaines banques, il souligne la nécessité de créer un indice monétaire plus fiable.

 

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