Revue hebdomadaire des principaux facteurs influençant les marchés financiers.

Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM

La messe est dite

[note : ce texte a été rédigé avant que les résultats du second tour de l’élection présidentielle française ne soient connus]

L’optimisme des marchés à l’approche du deuxième tour des élections françaises reflète la quasi- certitude quant au résultat final. Les sondages sont univoques depuis le début de la campagne et la prestation de Marine Le Pen au débat télévisé n’a pas inversé, loin s’en faut, le rapport des forces. Il faut donc considérer que la nouvelle est aujourd’hui intégrée dans les cours et l’annonce de dimanche soir ne devrait donc pas provoquer la même vague d’achats sur les marchés.

On verra bientôt apparaître des incertitudes quant au scrutin législatif et aux stratégies d’alliance, mais avec des risques bien moindres que ceux du premier tour. Les niveaux de volatilité des options à court-terme montrent que les marchés n’attendent pas de fortes variations des cours lundi. Pour les échéances supérieures à trois mois, ces paramètres de risque sont proches de leurs plus bas sur 10 ans.

La réduction des risques politiques, l’optimisme des indicateurs économiques, la hausse des résultats et un contexte monétaire toujours expansionniste créent des conditions évidemment favorables aux actifs risqués. Ils peuvent également induire une complaisance excessive des marchés.

 

La Fed regarde au-delà des hard data

Après une salve de hard data très décevantes (PIB du T1 à seulement 0,7% annualisé, 98k créations d’emploi et un core PCE à -0,14% en mars) la Fed a indiqué dans le communiqué suivant le FOMC de cette semaine qu’elle considérait ces éléments comme transitoires, à mettre au compte de la volatilité des séries. Elle exprime donc sa confiance dans la solidité de la reprise, ce qui suggère une poursuite de sa politique de resserrement graduel. C’est bien ainsi que les marchés de futures l’ont interprété, puisque la probabilité implicite d’une hausse des taux monétaires en juin atteint désormais presque 1. En revanche, le marché des taux longs américains semble plus dubitatif, avec un taux 10 ans toujours en baisse sur l’année.

 

Accord préliminaire sur la Grèce

Les échéances dues par la Grèce en juillet semblent assurées après l’accord obtenu cette semaine sur un ensemble de mesures structurelles et fiscales. Deux sujets restent encore ouverts: la participation du FMI et la restructuration de la dette, le premier étant d’ailleurs conditionné au second. Le prochain eurogroupe aura lieu le 22 mai mais il semble peu probable que les allemands cèdent avant les élections en septembre. Des principes et un calendrier pourraient toutefois y être annoncés. Les investisseurs anticipent déjà cette avancée, tant sur les marchés de dette publique, où les taux sont au plus bas depuis trois ans, que d’actions.

 

Brexit: désaccords sur le calendrier

Theresa May ne semble pas accepter le rythme que l’UE envisage pour la négociation, qui prévoit de régler dans un premier temps le coût de la sortie, le sort des personnes physiques résidentes et la question de la frontière irlandaise, trois problèmes complexes, avant de démarrer sur l’accord commercial futur. On voit mal quels sont ses moyens de pression pour faire accélérer les choses, puisque toute attitude menaçante accentuerait au contraire les blocages. Il est probable qu’il ne s’agisse que d’une posture destinée aux élections législatives à venir et que le UK accepte finalement de mettre en place une solution transitoire pour 2019 afin de négocier alors un accord commercial.

 

Source: Ellipsis AM

 

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