Perspectives globales ainsi que pour les Etats-Unis et l'Europe et le Royaume-Uni.

Par Kristina Hooper et l’équipe Global Market Strategist

Points importants à retenir

  • Certaines grandes banques centrales sont devenues plus accommodantes, tandis que les remous géopolitiques continuent de jeter une ombre sur la croissance.
  • L’un dans l’autre, nous prévoyons une croissance économique mondiale d’environ 3% en 2020.
  • Sur le plan régional, Japon, Royaume-Uni et zone euro devraient connaître la plus faible croissance, la plus forte étant le fait des marchés émergents asiatiques et de la Chine.

Les banques centrales et la géopolitique détermineront l’évolution de l’économie mondiale en 2020

Perspectives globales

Prévision de croissance économique : Environ 3%

Opportunités de hausse

  • Des progrès en vue d’une résolution de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.
  • Une véritable relance budgétaire en Chine ou dans d’autres pays.
  • L’émergence d’une issue sur le Brexit.

Risques baissiers

  • Une escalade ou une propagation des tensions commerciales.
  • Des désordres géopolitiques plus importants engendrant un conflit militaire, la hausse des prix du pétrole et/ou une incertitude accrue concernant les politiques économiques.
  • Une probabilité accrue que les guerres commerciales se transforment en guerres des monnaies – au cas où les États-Unis essayeraient de faire baisser le dollar, entraînant la réaction d’autres pays.
  • L’enlisement du Brexit.

À l’orée de 2020, il est clair que la responsabilité de stimuler l’économie repose encore sur les épaules des banques centrales par le canal de la politique monétaire, comme cela a été le cas depuis la crise financière mondiale. Après une tentative embryonnaire de normalisation, certaines grandes banques centrales ont adopté des politiques plus accommodantes au fil de l’année 2019. Cela est de bon augure pour 2020 dans la mesure où les baisses de taux opérées par la Réserve fédérale américaine (Fed) en 2019 se sont déjà traduites par une accélération de la croissance de la masse monétaire et du crédit. Nous estimons cependant que les effets de ces mesures d’assouplissement monétaire devraient être plus favorables aux prix des actifs qu’à l’économie dans son ensemble. Nous sommes convaincus qu’une relance budgétaire est nécessaire, même si la plupart des gouvernements se montrent réticents à la mettre en œuvre.

Il ne nous échappe pas qu’une dépendance excessive vis-à-vis de la politique monétaire a des conséquences à plus long terme, mais cela ne devrait être un problème durant l’année à venir. Les effets bénéfiques des mesures de stimulation monétaire sont contrebalancés par les bouleversements géopolitiques et l’incertitude sur la politique économique qui en découle. Les sources d’incertitude sont notamment:

  • La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et le Brexit, qui ont été les principaux facteurs d’incertitude en 2019.
  • L’élection présidentielle américaine de 2020, qui va passer à la vitesse supérieure après le Nouvel An.
  • Le conflit entre la Chine et Hong Kong.
  • Les tensions au Moyen-Orient, en particulier l’attaque de drones contre des installations pétrolières saoudiennes en septembre qui doit encore être élucidée.
  • L’incertitude économique risque selon nous de continuer à peser sur les dépenses d’investissement et nous devons surveiller attentivement si cela n’a pas de répercussions sur les prévisions d’embauche.

La dichotomie entre activités manufacturières et services persiste au sein de l’économie et nous nous attendons à ce que le secteur manufacturier éprouve des difficultés, en grande partie imputables aux guerres commerciales. Toutefois, les économies moins exposées à ce secteur devraient d’après nous tirer leur épingle du jeu dans cet environnement.

Perspectives pour les États-Unis

Prévision de croissance économique : Environ 2%

Opportunités de hausse

  • Une détente des politiques commerciales et le recul de l’incertitude politique, qui pourraient redonner confiance aux entreprises, une hausse des dépenses et investissements des entreprises et une amélioration de l’activité industrielle et manufacturière.

Risques baissiers

  • Des politiques commerciales plus virulentes et une incertitude politique accrue, ce qui pourrait aggraver tous les facteurs précités.
  • La possibilité que la morosité du secteur manufacturier se prolonge. Plus l’incertitude liée à la guerre commerciale perdure, plus elle est susceptible de peser sur le climat des affaires et d’éroder l’investissement des entreprises. Le secteur manufacturier va probablement souffrir, mais nous pensons en revanche que la consommation demeurera relativement robuste, compte tenu du faible taux de chômage. Cependant, nous suivrons de près la situation de l’emploi et l’état de santé des ménages.

Nous anticipons une croissance modeste de l’économie américaine en 2020 aux alentours de 2 %, supérieure aux prévisions du consensus. D’après nous, la croissance touchera son point bas (environ 1%) en début d’année, avant d’accélérer par la suite. L’inflation devrait rester relativement modérée, aux environs de 2,2%.

Le ralentissement de la croissance en 2019 est imputable aux effets retardés du resserrement de la politique de la Fed en 2018 et à l’incertitude persistante liée au différend commercial sino-américain. La Fed a depuis fait largement marche arrière et les conditions financières ont été considérablement assouplies. La courbe des taux s’est normalisée et le dollar s’est légèrement tassé. Nous pensons que la Fed abaissera ses taux d’intérêt aussi souvent que nécessaire pour soutenir l’expansion économique.

Les conflits commerciaux entre les États-Unis et la Chine devraient perdurer à court terme, même s’il y a fort à parier que des avancées supplémentaires se produiront à l’approche de l’élection présidentielle de novembre 2020. Cette élection pourrait accroître l’incertitude sur la politique économique au début de 2020, mais elle devrait diminuer en fin d’année. Les fins de cycle sont souvent le théâtre faux-pas politiques et les risques se sont accrus. Cela étant, notre scénario de référence table sur un dosage des politiques légèrement meilleur.

En fin de compte, la toile de fond macroéconomique aux États-Unis n’a pas changé. L’environnement se caractérise toujours par une croissance relativement faible et une inflation modérée. La bonne nouvelle est qu’une croissance lente, une inflation modérée et une Fed accommodante pourraient permettre au cycle économique de se prolonger beaucoup plus longtemps que la plupart des gens ne l’imagine. Néanmoins, dans cet environnement, la règle de base des politiques est d’agir avec circonspection afin de ne pas provoquer des dégâts. Nous pensons que la Fed et les banques centrales du monde entier prendront, si besoin est, des mesures d’assouplissement supplémentaires pour soutenir l’expansion économique. C’est pourquoi nous n’anticipons pas de récession en 2020. Les signes classiques de la récession – durcissement de la politique de la Fed, resserrement des conditions financières et de crédit – ne sont pas présents à l’heure actuelle.

Perspectives pour la zone euro

Prévision de croissance économique : Environ 1%

Opportunités de hausse

  • Une résolution de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, ce qui doperait probablement la demande chinoise et américaine, ainsi que des mesures de relance budgétaire en Allemagne.
  • La suppression des droits de douane visant certains produits européens.

Risques baissiers

  • Un nouveau ralentissement de la demande mondiale.
  • Un environnement politique instable, qui engendrerait de l’incertitude, et un Brexit sans accord, qui pourrait ébranler le système.

Nous tablons sur une croissance économique d’environ 1 % ou moins en 2020. L’économie a pâti de l’absence de mesures de relance budgétaire et de la guerre commerciale à laquelle se livrent Chine et États-Unis, or ces facteurs devraient être présents l’an prochain.

La zone euro peine à élaborer une réponse politique appropriée. La faiblesse du secteur manufacturier devrait s’étendre à celui des services dans une plus large mesure. Les premières fissures commencent à apparaître sur le marché du travail en Allemagne avec la réduction des heures de travail, une situation qui risque de se poursuivre tout au long de l’année 2020. Le scénario général est morose.

Et pourtant, le problème majeur est que la zone euro ne fonctionne pas comme il avait été prévu – une union monétaire sans union budgétaire engendre des difficultés considérables. L’une d’entre elles demeure le déséquilibre important en termes de capital entre les pays périphériques et les principaux pays de la zone euro.

Les risques géopolitiques devraient continuer de peser sur la région. En Italie, nous redoutons une accentuation de la fragmentation politique du pays. La réalité est que pour l’instant le seul chiffre certain dans la loi budgétaire italienne est celui du déficit. Bien que la nouvelle coalition au pouvoir en Italie soit davantage disposée à interagir de manière constructive avec l’Union européenne (UE), il y a de fortes chances que cette coalition majoritaire s’effondre en 2020, plus particulièrement durant la seconde moitié de l’année. Les prévisions de croissance du PIB italien se situent dans une fourchette de 0% à 0,4%.

La Banque centrale européenne (BCE) devrait selon nous maintenir une politique accommodante en 2020, en poursuivant les achats d’actifs dans le cadre du «QE», voire en abaissant de nouveau ses taux. Si les gouvernements, en particulier celui de l’Allemagne, ne semblent pas disposés à mettre en œuvre des mesures de relance budgétaire, la BCE pourrait recourir à des outils monétaires plus expérimentaux – notamment ceux pouvant se substituer à des mesures budgétaires. Nous sommes cependant conscients que l’opposition aux programmes d’assouplissement monétaire prônés par Mario Draghi, le président sortant de la BCE, peut compliquer la tâche de sa nouvelle présidente, Christine Lagarde, perçue comme une personnalité de consensus. Il se pourrait donc qu’il n’y ait pas de nouvel assouplissement de la politique monétaire en l’absence d’un ralentissement plus prononcé ou d’une véritable récession.

Perspectives pour le Royaume-Uni

Prévision de croissance économique : Moins de 1%

Opportunités de hausse

  • Une sortie aménagée de l’UE.
  • La révocation de l’article 50.
  • Une évolution favorable de l’économie mondiale.

Risques baissiers

  • Un Brexit sans accord.
  • Le report des échéances de sortie de l’UE, qui prolongerait la période d’incertitude politique.
  • Une nouvelle détérioration de l’économie mondiale.
  • Des élections anticipées qui amèneraient au pouvoir un gouvernement moins favorable aux milieux d’affaires.

L’accord conclu par M. Johnson (qui devra être ratifié par les parlements du Royaume-Uni et de l’UE) vise à maintenir l’alignement réglementaire de l’Irlande du Nord avec l’UE, avec une frontière douanière en mer d’Irlande. La Grande-Bretagne pourrait alors instaurer un régime réglementaire différent de l’UE au terme de la période de transition (actuellement programmée à fin 2020). En fonction du résultat des élections, le fin mot de l’histoire pourrait être une sortie sans accord au 31 décembre 2020 ou bien au 31 janvier 2021, ou potentiellement plus tard.

 


Risques
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Cet article est publié en Suisse par Invesco Asset Management (Schweiz) AG, Talacker 34, CH-8001 Zurich