Du vent dans les voiles pour la zone euro et l'euro.

Vincent Juvyns,
Stratégiste,
J.P. Morgan Asset Management

L’Europe continue d’afficher les signes d’une reprise aussi solide que large. Le mouvement d’expansion s’accélère grâce à la baisse du chômage et à la hausse de la consommation.

La Banque centrale européenne (BCE) devrait commencer à diminuer ses achats quantitatifs l’année prochaine et les taux d’intérêt ne seront relevés qu’au terme de ce processus.

La vigueur de l’euro ne signifie pas pour autant que les entreprises européennes ne peuvent pas continuer à dégager une croissance forte de leurs résultats.

Le PIB de la zone euro a grimpé à 2,3 % en glissement annuel au deuxième trimestre, soit la progression la plus rapide depuis 2011. Le taux de chômage enregistre un repli rapide, à 9,1 % contre un pic de 12,1 % en 2013. La confiance économique et des consommateurs a atteint des pics inobservés depuis 10 ans et les grands indicateurs soulignent un relèvement des prévisions de croissance pour le prochain trimestre.

L’accélération de la croissance ne se traduit pas encore par une hausse significative de l’inflation sous-jacente qui reste en deçà de l’objectif de 2 % de la BCE. La banque centrale maintient donc la souplesse de sa position en soulignant que les taux resteront inchangés « bien au-delà » de la fin de l’assouplissement quantitatif. Malgré l’inflation toujours aussi basse, la réduction de l’assouplissement quantitatif devrait démarrer en janvier 2018.

L’euro s’est renforcé dans le sillage de la consolidation de la croissance et des prévisions de resserrement monétaire, mais il ne devrait pas suffire à faire dérailler la reprise de la zone euro. La consommation contribue au PIB de la zone euro à hauteur de 55 % contre 5 % pour les exportations nettes. Les effets du rebond de la consommation sur la reprise sont plus parlants que le risque de fermeté de l’euro qui ne constitue pas un vent contraire insurmontable. Les exportations en euros ont continué d’augmenter avant 2008 malgré une appréciation de la monnaie unique largement supérieure à celle que nous avons récemment observée.

Source : Guide des marchés – Europe, page 4 (cliquez pour agrandir)

Changement de cap pour les actions européennes

Nombre d’investisseurs restent prudents à l’égard de leurs investissements en Europe. En 2016, l’incertitude politique, alimentée par la poussée des partis populistes, a déclenché des sorties massives des actions européennes. Le mouvement inverse s’est produit cette année toutefois. Le risque des urnes a été écarté et l’amélioration des gains ainsi que l’élan économique renforcé ont nourri la confiance des investisseurs à l’égard de la région.

Les perspectives de résultats des entreprises européennes joueront un rôle clé dans la performance future des actions européennes. Le relèvement des marges bénéficiaires reste largement en retrait en Europe par rapport aux États-Unis. Pourtant, elles ont commencé à se redresser au cours des neuf derniers mois. C’est là le signe qu’une partie de l’écart de marge est cyclique et que les entreprises européennes profitent de l’accélération de la croissance mondiale et de la reprise de la zone euro.

La vigueur récente de l’euro par rapport au dollar américain a suscité l’inquiétude de certains investisseurs. En effet, un euro trop solide pourrait grever les résultats et les recettes générés à l’étranger. Les investisseurs ne doivent pourtant pas oublier qu’environ la moitié du chiffre d’affaires des entreprises européennes provient de l’intérieur de l’UE et qu’une croissance domestique forte devrait donc doper leurs résultats dégagés sur le marché intérieur. Parallèlement, la croissance mondiale soutenue devrait largement compenser le poids de l’appréciation de l’euro sur les
produits générés à l’international. Avant 2008, les sociétés européennes ont été à même de tripler leur bénéfice par action malgré une hausse de l’euro bien plus importante.

Source : Guide des marchés – Europe, page 40 (cliquez pour agrandir)

Implications en termes d’investissement

La croissance domestique soutenue sur le vieux continent, conjuguée à un environnement marqué par une croissance mondiale vigoureuse, devrait continuer de porter la reprise des actions européennes.

La poursuite de l’appréciation de l’euro pourrait favoriser les entreprises tournées vers le territoire intérieur par rapport aux exportateurs.

Les exportateurs n’en devraient pas moins être à même d’accroître leurs résultats même en cas de poursuite de l’appréciation de l’euro, car le bon niveau de la croissance mondiale compense le poids du change.


Tous les graphiques sont issus du Guide des marchés Europe |T4 2017 (cliquez ici pour le télécharger)


 

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