L'économie japonaise se porte bien.

Vincent Juvyns,
Stratégiste,
J.P. Morgan Asset Management

L’économie japonaise semble en bonne forme, son PIB enregistre une progression soutenue, son taux de chômage diminue et la confiance des entreprises gagne du terrain.

Les meilleures pratiques en matière de gouvernance d’entreprise ont mis plus longtemps à s’installer au Japon que parmi les autres marchés développés. Les actions se voient ainsi offrir un potentiel de hausse à même d’améliorer la valeur actionnariale qu’elles génèrent.

Les valorisations des actions japonaises sont plutôt accessibles par rapport à leur évolution historique ou aux autres marchés et leur corrélation avec les autres grands marchés d’actions est moins forte. Investir dans cette catégorie d’actifs peut ainsi contribuer à diversifier les portefeuilles.

La croissance japonaise a été solide depuis début 2017. Les niveaux d’inflation restent faibles, mais la crainte d’un retour de l’économie vers la déflation semble s’apaiser. Les résultats des entreprises japonaises sont également moins dépendants de la mauvaise tenue du yen, ce qui est positif pour les actions japonaises.

On note une amélioration des données de l’enquête Tankan auprès des entreprises, qui interroge des milliers d’entre elles sur les conditions présentes de leurs activités, ainsi que sur leurs projections pour l’année à suivre. Les secteurs manufacturier et nonmanufacturier de l’industrie sont orientés à la hausse, soulignant un large relèvement de l’environnement pour les entreprises japonaises.

Le marché du travail reste étroit et le taux de chômage continue d’évoluer à la baisse. Le ratio offres/demandes d’emplois montre qu’il y a 150 postes disponibles pour 100 chercheurs d’emplois. Malgré cette tension du marché du travail, la croissance des salaires reste ténue.

Source : Guide des marchés – Europe, page 29 (cliquez pour agrandir)

Bouleversement dans la réalité de l’entreprise japonaise

Les entreprises japonaises connaissent actuellement une mutation de leur culture. La gouvernance d’entreprise et la concentration sur la hausse de la valeur actionnariale se sont améliorées. Sur un plan historique, les entreprises japonaises disposent de niveaux de trésorerie élevés inscrits au bilan par rapport à leurs homologues à l’international. Elles utilisent de plus en plus ces liquidités qu’elles gardaient au chaud auparavant pour payer des dividendes et lancer des plans de rachat d’actions au bénéfice des investisseurs en fonds propres, comme illustré sur le graphique de gauche.

Le recours croissant aux objectifs de rentabilité des actifs et des fonds propres est un autre signe de l’intérêt de plus en plus marqué pour la valeur offerte aux actionnaires. Les entreprises japonaises sont en retard par rapport aux autres grands marchés à cet égard, elles se consacrent souvent davantage à la consolidation de leurs parts de marché qu’au retour sur investissement. Toutefois, les entreprises japonaises sont de plus en plus nombreuses à désormais intégrer des objectifs de rendement du capital investi dans leurs plans à moyen terme.

Nous avons également vu la qualité des conseils d’administration s’améliorer au fil des dernières années. Le nombre d’entreprises qui nomment des administrateurs externes a doublé depuis 2010 et la tendance est à multiplier ces nominations extérieures pour accroître l’indépendance des conseils.

Source : Guide des marchés – Europe, page 54 (cliquez pour agrandir)

Implications en termes d’investissement

Les actions japonaises pourraient dégager des performances positives à moyen terme, portées par des valorisations intéressantes et un environnement d’affaires raffermi, avec le soutien d’une croissance saine et du maintien d’une politique monétaire conciliante.

Par le passé, la performance des actions japonaises était liée à la vigueur du yen face au dollar. Ces derniers temps, les résultats des entreprises japonaises dépendent moins de la faiblesse de la monnaie nippone et investir dans cette catégorie d’actifs ne doit plus être considéré comme une simple position de change.

Face à un marché où bon nombre d’entreprises font face à des défis structurels, la divergence de performance entre les différents acteurs va s’élargir à l’avenir. Les gérants actifs savent éviter les titres les moins prometteurs au profit d’une combinaison de «nouveaux» secteurs dans lesquels le Japon jouit d’un avantage durable et d’entreprises dont l’objectif est d’offrir un rendement supérieur aux actionnaires.


Tous les graphiques sont issus du Guide des marchés Europe |T4 2017 (cliquez ici pour le télécharger)


 

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