Les actions américaines surperforment les autres marchés depuis la crise financière.

Vincent Juvyns,
Stratégiste,
J.P. Morgan Asset Management

Si nous restons optimistes quant aux perspectives des actions américaines, d’autres marchés pourraient présenter davantage d’atouts dans les dernières années de cette phase d’expansion économique.

Les résultats et les marges, qui partent de niveaux plus bas, offrent un potentiel de hausse plus important pour les actions non américaines, en particulier en Europe.

Cependant, la poursuite de la croissance soutenue des résultats et le potentiel de hausse émanant des éventuelles mesures de relance budgétaire et de l’exubérance d’une fin de cycle plaident contre l’adoption d’une sous-pondération des actions américaines.

 

Les perspectives des actions américaines restent favorables

Les actions américaines dégagent des rendements robustes depuis la crise financière, mais ces rendements sont soutenus par une croissance solide des résultats. Il ressort globalement que les actions américaines intègrent des prévisions de résultats irréalistes, dans l’espoir de mesures de relance budgétaire et d’autres changements proposés par le président Donald Trump. Néanmoins, les estimations de résultats pour 2018 sont en fait inférieures à leurs niveaux d’avant l’élection américaine, même si elles restent 5 % au-dessus des estimations actuelles des résultats anticipés sur 12 mois.

Historiquement, l’enquête sur les entreprises du secteur manufacturier de l’ISM a été un bon indicateur avancé des résultats américains et elle indique actuellement une croissance continue des résultats des entreprises américaines.

Généralement, les marchés d’actions américains n’ont tendance à s’orienter à la baisse qu’une fois qu’une dégradation sensible se manifeste sur le marché du travail. Une hausse du nombre de premières demandes d’emploi est souvent un indice de difficultés à venir pour le marché d’actions. Cependant, cette mesure tout comme le marché du travail de manière générale continuent actuellement d’afficher une bonne santé.

 

Source : Guide des marchés – Europe, page 46 (cliquez pour agrandir)

Les opportunités pourraient cependant être plus intéressantes ailleurs

Les valorisations américaines ne sont pas spécialement bon marché, mais ne sont pas non plus particulièrement hors de prix par rapport aux niveaux passés. Hors des États-Unis, les valorisations sont légèrement meilleur marché, mais sans écart considérable, et sont globalement conformes à leurs moyennes à long terme.

Plus que les valorisations relatives qui alimentent la performance, c’est la performance relative des résultats futurs qui devrait être déterminante pour la performance des marchés boursiers.

Le redressement des résultats aux États-Unis est bien engagé alors que leur reprise en Europe et sur les marchés émergents n’en est vraiment qu’à ses débuts après cinq années de contraction. Ainsi, même si les résultats américains devaient continuer de se développer, le potentiel de hausse des marchés où les résultats partent de niveaux plus bas pourrait bien être plus important qu’il ne l’est aux États-Unis.

 

Source : Guide des marchés – Europe, page 38 (cliquez pour agrandir)

L’Europe semble particulièrement attractive

Les résultats européens en particulier ont souffert ces dernières années. La sous-performance des résultats en Europe par rapport aux États-Unis explique la sous-performance constante des actions européennes sur la majeure partie de la période depuis la crise financière.

Alors qu’une embellie de l’économie européenne se traduit par une hausse de la croissance nominale, donnant lieu à une progression des ventes, les marges européennes commencent à s’améliorer du fait du levier opérationnel. La hausse des marges peut transformer une croissance raisonnable des ventes en une croissance des résultats encore plus soutenue. Avec des marges au plus bas en Europe, une croissance économique semblable à celle des États-Unis devrait se traduire par une croissance des résultats plus forte.

Après un début d’année en fanfare, de nombreux investisseurs craignent d’avoir manqué la reprise des actions européennes et que la surpondération de ces dernières ne soit devenue généralisée. Néanmoins, les données sur les flux montrent que les inquiétudes politiques ont donné lieu à de très importantes sorties de capitaux en dehors des actions européennes l’année dernière et que les flux de retour vers les actions européennes n’ont repris que récemment. De nombreux investisseurs qui avaient liquidé leurs positions l’an dernier ne sont pas encore revenus, ce qui suggère que si la croissance des résultats reste robuste et le risque politique modéré, des capitaux abondants pourraient affluer de nouveau sur les actions européennes.

 

Source : Guide des marchés – Europe, page 39 (cliquez pour agrandir)

Implications en termes d’investissement

Les actions américaines devraient continuer de dégager des rendements positifs l’année prochaine, sous l’impulsion de la croissance continue des résultats, avec même un potentiel de hausse plus fort si l’administration américaine confirme les mesures de relance budgétaire.

Cependant, le potentiel de hausse sur les marchés d’actions pourrait être plus important ailleurs qu’aux États-Unis, là où les résultats et les marges partent de niveaux plus bas, comme sur les marchés émergents et en Europe.

Ces réflexions inciteront de nombreux investisseurs à opter pour une large surexposition aux marchés d’actions avec une orientation particulière sur les actions européennes.


Tous les graphiques sont issus du Guide des marchés Europe |T3 2017 (cliquez ici pour le télécharger)


 

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