La chronique obligataire de J.P.Morgan Asset Management

Par Iain Stealey, Portfolio Manager, Head of Global Aggregate Strategies – Global Fixed Income, Currency & Commodities Group

Alors que les conditions du resserrement de la politique monétaire sont solidement établies, se pourrait-il que la Réserve fédérale américaine (Fed) aille plus vite ou plus loin que le marché ne le prévoit à l’heure actuelle ?

Fondamentaux

La croissance globale synchronisée est devenue une image familière. Bien que les chiffres de la croissance américaine publiés au quatrième trimestre aient été légèrement en deçà des prévisions, le taux de croissance de 2,6% enregistré en glissement trimestriel continue d’indiquer une dynamique solide, tandis que les chiffres de la croissance britannique et européenne étaient conformes voire supérieurs aux attentes. La demande intérieure s’est distinguée aux Etats-Unis, avec une hausse de 4,3% des ventes finales aux acheteurs nationaux en glissement trimestriel. Jusqu’à présent, les bénéfices des entreprises américaines au quatrième trimestre ont été meilleurs que prévus : alors que les deux tiers des sociétés de l’indice S&P doivent encore publier leurs résultats, la hausse des chiffres d’affaires et celle des bénéfices ont toutes deux dépassé les attentes, atteignant respectivement 8,7% et 13,1% au 29 janvier. Les marchés actions ont compté parmi les grands gagnants de cette croissance, contribuant, avec la dépréciation du dollar américain, à un nouvel assouplissement des conditions financières. Compte tenu de ces conditions accommodantes, qui renforcent les arguments en faveur d’un resserrement de la politique monétaire, il est possible que la Fed donne un coup d’accélérateur.

 

Nous connaissons les conditions financières les plus accommodantes depuis 2010. (Source: Bloomberg et J.P.Morgan Asset Management ; données de janvier 2018. YOY: variation sur un an)

Valorisations quantitatives

En janvier, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans ont franchi la barre des 2,70%, un record depuis près de trois ans. La forte hausse enregistrée depuis le début de l’année a quelque peu pesé sur les actifs obligataires. Le marché s’est préparé à une hausse des taux, mais il pourrait toujours se laisser surprendre : les 74 points de base de resserrement inclus dans les cours des 12 prochains mois (au 1er février) pourraient être une estimation prudente étant donné la solidité largement reconnue du contexte économique.

Facteurs techniques

Des enquêtes et des données non confirmées dénotent un positionnement court important sur la duration. Cela paraît justifié : tout comme elle relève les taux d’intérêt, la Fed continue à normaliser son bilan, et le rythme de réduction actuel (20 milliards USD par mois) devrait passer progressivement à 50 milliards d’ici octobre prochain. La hausse résultante de l’offre pourrait accroître encore la pression sur les prix.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Au cours de l’année 2018, la Fed pourrait relever ses taux d’intérêt au-delà des trois fois que le marché anticipe actuellement, avec un taux terminal des fonds fédéraux potentiellement supérieur aux prévisions. Un contexte de hausse des taux est généralement problématique pour les investisseurs obligataires car ils doivent gérer le risque de duration et chercher d’autres opportunités. Dans un contexte de croissance globale continue et synchronisée, certains actifs risqués, tels que les crédits à haut rendement ou la dette des marchés émergents, semblent bien positionnés pour absorber la hausse des taux. Les marchés peuvent en outre avoir tendance à surréagir lorsque la politique des banques centrales évolue, créant ainsi des opportunités d’achat lors des baisses passagères des prix.

 


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