La note macro de Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM.

La semaine a été marquée par l’intervention du nouveau président de la Fed devant le Congrès américain. A trois semaines de la prochaine réunion du FOMC, ce fut l’occasion pour Jerome Powell de préparer les marchés à la politique monétaire qu’il compte mettre en place au cours de son mandat.

Le moins que l’on puisse dire est qu’il a une vision assez claire de la situation outre-Atlantique. Il a ainsi décrit une activité économique particulièrement robuste qui a cru à un rythme solide au cours du second semestre 2017 et qui devrait poursuivre sur cette tendance en ce début d’année. On peut ainsi s’attendre à des révisions à la hausse des prévisions économiques lors de la prochaine réunion.

Alors que la Fed tablait sur trois hausses des taux directeurs au cours de l’année 2018 (dont une hausse en mars qui semble déjà actée par les marchés), on s’oriente désormais vers un scénario un peu plus hawkish, Powell ayant rappelé qu’un des objectifs de la Fed est de veiller à éviter une surchauffe de l’économie. Il a également rappelé au cours de son discours le niveau historiquement bas du taux de chômage ainsi que l’accélération à la hausse des salaires qui se dessine. Bien que le fond et la forme ne s’éloignent pas sensiblement de ce que l’on a pu voir lors des interventions de Janet Yellen, le mandat de Powell à la tête de la Fed pourrait être marqué par un durcissement de la politique monétaire.

Les vieux démons de Trump

Alors que les marchés étaient déjà assez tendus après les déclarations de Powell, le Président américain en a rajouté une couche jeudi en annonçant la mise en place de mesures protectionnistes afin de défendre l’industrie sidérurgique américaine: des droits de douane significatifs pour l’importation d’acier et d’aluminium. Alors que les valeurs de ces secteurs ont favorablement réagi à cette annonce, les indices boursiers ont globalement subi une correction du fait de craintes concernant le renchérissement des coûts pour le reste de l’industrie. En effet, de la Chine, du Canada ou encore de l’Union Européenne, les levées de bouclier ne se sont pas fait attendre, ramenant sur le devant de la scène le spectre d’une guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses partenaires
économiques. Jusqu’à présent, les marchés financiers ont craint le «candidat Trump» mais ont salué le Président et sa réforme fiscale. Ces mesures protectionnistes font partie des promesses
de campagne de D.Trump.

Vivement dimanche

Le calendrier politique européen sera particulièrement chargé ce dimanche avec les résultats du vote interne du SPD concernant le projet de grande coalition en Allemagne et les élections législatives italiennes. Alors que le premier point ne nous inquiète pas particulièrement compte tenu des concessions accordées au SPD par la CDU/CSU, nous trouvons les marchés particulièrement complaisants vis-à-vis du risque politique italien. Concrètement, la situation apparait très asymétrique: une victoire de la coalition de centre-droit ne devrait pas rassurer les marchés sur la capacité du pays à mettre en place les réformes structurelles nécessaires. A l’inverse, une victoire (certes peu probable) d’un parti eurosceptique (mouvement 5 étoiles, voire Ligue du Nord) pourrait entrainer une correction marquée.