Le gérant de portefeuille Hyun Ho Sohn présente les conclusions de la 9ème tournée de recherche de Fidelity (destinée aux gérants et analystes) sur la côte ouest des États-Unis visant à s’entretenir avec des leaders du secteur technologique. Il s’agit de son premier voyage annuel depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Le secteur technologique a subi une sévère correction durant ces derniers mois, principalement sous l’effet de l’accélération de l’inflation, d’une rotation des valeurs de croissance vers les titres «value», de la baisse de la demande des consommateurs et des perturbations au sein des chaînes d’approvisionnement.  Mais, contrairement à ce sombre tableau brossé par le marché, les gisements de croissance à long terme du secteur de la technologie demeurent intacts.

Parmi les principaux thèmes abordés au cours de cette tournée, ont notamment figuré l’intensification de la demande en matière de digitalisation et d’automatisation, les relais de croissance à long terme pour les semi-conducteurs, l’apparition de nouvelles technologies visant à promouvoir la transition vers le cloud et la volonté de plus en plus marquée des entreprises de préserver leur rentabilité grâce à leur pouvoir de fixation des prix.

Une demande toujours soutenue en dépit de la récente volatilité 

Cette tournée a démontré que le Covid-19 et les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement sont, en fait, devenus des catalyseurs propices à l’adoption de la technologie, en particulier dans les domaines de la digitalisation, de l’automatisation et des solutions de travail hybride. En effet, les entreprises se doivent d’investir dans la technologie pour conserver un avantage concurrentiel dans des environnements de travail hybride et d’automatiser les processus afin de réduire les risques d’approvisionnement. Les principaux secteurs appelés à en bénéficier sont le cloud, la sécurité, l’analyse des données et les sociétés de matériel fournissant des technologies de travail hybride. Par exemple, Amazon, via sa division AWS spécialisée dans les services cloud pour les entreprises et les particuliers, se montre optimiste à l’égard du cloud computing. La société estime que les avantages du cloud trouvent encore plus leur expression dans le travail hybride, une tendance appelée à perdurer après la pandémie.

En dépit des difficultés macroéconomiques, les dépenses liées aux datacenters et à l’informatique dématérialisée résistent. Notre réunion avec Marvell Technology, qui conçoit et fabrique des semi-conducteurs, a tourné autour du recentrage stratégique de son portefeuille consistant à se détourner du segment grand public pour privilégier les datacenters. Cette réorientation lui permet de limiter son exposition à la consommation cyclique et le gain de plusieurs contrats dans le domaine des puces devrait permettre de donner un coup de fouet à son chiffre d’affaires.

Au sein des semi-conducteurs, les entreprises voient dans les véhicules électriques (VE) une source clé à long terme de la demande de puces. Seuls près de 10% des ventes mondiales de voitures ont porté sur des VE en 2021, soit quatre fois la part de marché de 2019 (AIE, mai 2022). Cette situation laisse entrevoir un important potentiel de croissance au fur et à mesure de la conversion du reste du parc automobile mondial. Au sein des autres secteurs, les discussions ont confirmé que les moteurs de recommandation basés sur l’intelligence artificielle (IA) devraient également être gages d’un substantiel retour sur investissement pour les sociétés Internet.

Certains segments témoignent d’un ralentissement cyclique 

Néanmoins, nous observons certains signes attestant d’un essoufflement de la demande des consommateurs. Au sortir de la pandémie de Covid-19, des entreprises bénéficiaires du «confinement» sont ainsi victimes d’un inversement de tendance, marqué par un ralentissement de la croissance de Zoom, du e-commerce et des abonnements aux contenus en streaming après avoir atteint des sommets historiques. Cette situation est principalement due à la réorientation des dépenses consacrées aux biens technologiques liés au travail à domicile et au e-commerce vers des services promouvant l’activité et l’expérience client. Les entreprises d’électronique grand public ont également commencé à réduire leurs commandes en raison de la faiblesse de la demande. Après avoir très fortement augmenté durant la pandémie, cette demande marque le pas. 

De nouvelles technologies font leur apparition pour une meilleure gestion de la bande passante et de la complexité des calculs

Plusieurs discussions ont permis d’illustrer le fait que nous nous trouvons au début de la transition vers le cloud en raison des contraintes liées à la bande passante des réseaux. Le groupe Intel est convaincu de l’intérêt de la technologie Compute Express Link (CXL), une nouvelle norme d’interconnexion des mémoires qui pourrait considérablement accroître la bande passante des serveurs (de bon augure pour la mémoire des puces et les services cloud) et les capacités de calcul (de bon augure pour les opérateurs de centres de données qui seront ainsi en mesure d’offrir de nouvelles propositions plus puissantes à leurs clients). La technologie fonctionne également sur les interfaces physiques existantes, ce qui devrait faciliter et accélérer son adoption par les clients dans les prochaines années.

Des chaînes d’approvisionnement toujours confrontées à des problèmes, mais un contexte à long terme qui reste positif 

Sur le front de l’offre, les conversations durant la tournée ont porté sur les difficultés à court terme, mais également sur le fait que la situation globale à long terme demeure inchangée. Les problèmes des chaînes d’approvisionnement sont particulièrement répandus dans l’industrie des semi-conducteurs et ils ont notamment conduit TMSC à réduire sensiblement le volume de ses commandes.

Néanmoins, ces vents contraires à court terme ne vont en rien affecter les perspectives à long terme. Par exemple, LAM Research partage l’avis selon lequel l’industrie des semi-conducteurs devrait voir son poids atteindre les 1’000 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie dans la mesure où l’intensité capitalistique ne devrait pas diminuer en raison de la complexité accrue des puces requises.

Les bénéfices et le pouvoir de fixation des prix  

Le pouvoir de fixation des prix et la solidité des bilans sont essentiels dans des environnements fortement inflationnistes et volatils. Les discussions se sont concentrées sur les entreprises qui préservent leurs marges et leur rentabilité grâce à leur pouvoir de fixation des prix, lequel est prépondérant dans le secteur technologique. Les semi-conducteurs étant des composants essentiels de la plupart des technologies les plus innovantes, les groupes dans ce domaine jouissent d’un fort pricing power. Les éditeurs de logiciels ont souvent des contrats prévoyant des ajustements en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC). En outre, de nombreuses plateformes technologiques facturent un pourcentage nominal sur tous les produits et services qu’elles vendent. Elles peuvent donc répercuter l’inflation sur leurs clients et bénéficier d’une augmentation de leur chiffre d’affaires nominal.

Des valorisations attractives 

Compte tenu de la correction et de la surréaction du marché face aux difficultés actuelles à court terme, les investisseurs actifs avec une approche bottom-up se voient offrir d’excellentes opportunités de générer de l’Alpha. Les valorisations sont attractives et les entreprises technologiques de premier plan se négocient désormais à de faibles multiples, et ce, sans pour autant que leurs profils de croissance à long terme n’aient évolué. Grâce à mes conversations dans la Silicon Valley avec des entreprises telles que Zoom (plateforme de visioconférence) et Zendesk (éditeur de logiciels de service à la clientèle), j’ai renforcé ma conviction à l’égard des solutions logiciels en croissance. Il existe des opportunités parmi des sociétés proposant des logiciels de premier plan qui en sont encore au début de leur mise sur le marché et dont les débouchés sont infinis, dont les multiples sont au plus bas et qui n’ont pas bénéficié d’une demande exagérément élevée sous l’effet de la pandémie. Je m’attends à une augmentation des fusions-acquisitions dans ce secteur, dans la mesure où de nombreuses petites entreprises possédant des actifs intéressants sont désormais beaucoup moins chères à la suite de la récente baisse subie par le secteur.

En résumé, les échanges dans la Silicon Valley ont été positifs et les facteurs de soutien de la demande à long terme du secteur technologique demeurent intacts. L’adoption et l’utilisation des technologies font partie intégrante des activités et des pratiques des ménages, des entreprises et du secteur public – et c’est là un état de fait qui ne peut plus être remis en cause.  Les gens ont toujours besoin de la technologie car elle présente une réelle utilité : efficacité, prise de décision, planification de la chaîne logistique, divertissement et bien d’autres encore. En outre, de nombreux modèles économiques d’entreprises technologiques sont assortis de revenus récurrents, d’un fort pouvoir de fixation des prix et de solides bilans – autant d’éléments essentiels pour résister à un environnement volatil. Au regard de la courbe d’adoption pour les 3 à 5 prochaines années, les principales opportunités vont demeurer dans le cloud, l’analyse des données, la sécurité, les véhicules électriques et l’automatisation industrielle. Aller à la rencontre des dirigeants des sociétés potentiellement en portefeuille ou y figurant déjà est une composante essentielle de mon processus d’investissement. Cela me permet de recueillir des informations précieuses sur les réalisations, les projets des entreprises, ainsi que leur point de vue sur les dynamiques dans leur secteur. Notre 9ème tournée de recherche dans la Silicon Valley n’a pas fait exception et je considère qu’il a été un franc succès.

 


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