On connaît déjà l’effet dévastateur que pourrait avoir le changement climatique sur la planète ; veillons donc à tirer les leçons de la crise actuelle.

Par Simon Webber, Gérant actions internationales

 

La crise Covid-19 a pris par surprise la plupart des institutions et des gouvernements de la planète, entraînant une crise sanitaire et économique mondiale sans précédent à l’époque actuelle. La plupart s’accorde sur le fait que la majorité des pays n’étaient pas préparés pour faire face à la crise. Pourtant, certains experts et chefs de file de la pensée comme Bill Gates alertent depuis des années sur le risque de pandémie mondiale. Pourquoi, alors, étions-nous si peu préparés, et quel enseignement pouvons-nous en tirer?

Il existe plusieurs similitudes, et bien sûr quelques différences, avec le changement climatique. Si l’on savait à coup sûr qu’une nouvelle pandémie surviendrait à un moment donné, on ignorait toutefois quand. L’incertitude peut conduire à la complaisance et à l’idée que se préparer à une telle pandémie implique un gaspillage de ressources et des investissements improductifs.

Bien sûr, il est impossible de se prémunir totalement ou de se préparer à chaque risque extrême éventuel. Face aux faibles ressources financières, il peut être tentant d’abandonner les dépenses dans les installations de test et de diagnostic et les établissements médicaux d’intervention rapide au profit des priorités populaires en matière de dépenses à court terme.
En substance, la menace pandémique était un cas classique de problème incertain à long terme qui s’est trouvé relégué à l’arrière-plan par d’autres priorités plus urgentes à court terme.

La pandémie actuelle présente des similitudes avec la crise du changement climatique

Il existe d’autres similitudes avec le changement climatique. Les pays à faible revenu et les groupes de population à faible revenu ont été les plus touchés. Ils sont aussi des phénomènes mondiaux, ce qui souligne nos interdépendances et la nécessité de travailler ensemble pour résoudre les problèmes. En termes humains, si la question du changement climatique n’est pas traitée avec sérieux, son impact sera comparable à celui d’une crise de Covid-19 permanente. Une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet a conclu que l’impact du changement climatique sur la production alimentaire mondiale pourrait causer plus de 500 000 décès d’ici 2050. Cependant, il existe aussi une différence majeure. Peu de modèles économiques et, malgré les meilleurs efforts de Bill Gates, peu de débats publics avaient prédit que la gestion d’une pandémie entraînerait un tel désastre économique.

En matière de changement climatique, on connaît les changements qui nous attendent dans les prochaines décennies si l’on n’agit pas rapidement, et la prise de conscience publique et politique est déjà considérable. On sait que ces changements climatiques seront dévastateurs, qu’ils auront lieu année après année et qu’ils ne peuvent être évités que par des investissements constants en faveur d’une économie décarbonée.

On sait également, comme le souligne chaque trimestre le Tableau de bord du changement climatique de Schroders, que ces investissements sont loin d’être assez rapides. La Covid-19 donnera peut-être un exemple de l’impact dévastateur que la nature peut avoir sur notre mode de vie, ce qui pourrait renforcer la volonté politique nécessaire pour réaliser ces investissements. Le temps nous dira si la phase de reconstruction détournera l’attention politique ou au contraire la renforcera.

La pandémie a souligné le rôle important que les gouvernements peuvent jouer dans les changements de comportement. Par exemple, bien que le confinement ait eu un impact sévère, il a reçu un soutien solide de la population.

Un enseignement en matière de changement climatique peut être tiré de la gestion de la pandémie

La pandémie est riche d’enseignements pour les électeurs et les politiciens, mais les marchés financiers aussi peuvent en tirer certaines leçons. Ils devraient être de plus en plus nombreux à analyser la réponse politique au changement climatique et d’identifier si elle est ou non suffisante, faisant évoluer les prix des actifs en conséquence.

Si les investissements visant à décarboner l’économie et à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris restent insuffisants, les prix des actifs pourraient finir par intégrer les risques d’événements climatiques défavorables, y compris les risques sur la valeur des biens à faible altitude, l’augmentation des primes de risque sur les régions du monde les plus touchées et les moins préparées et une prime pour les couvertures contre le changement climatique.

Dans le cas contraire, une accélération des investissements dans une économie à faibles émissions pourrait conduire les marchés à réduire les primes de risque. Ces derniers pourraient également accroître les écarts de valorisation entre les actifs qui jouent un rôle dans une économie à faibles émissions et ceux dont la durée de vie et les taux de croissance doivent être réduits.

Quel que soit le chemin emprunté, le changement climatique devrait avoir un impact beaucoup plus important sur les marchés financiers.


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