L’industrie automobile mondiale est à l’arrêt. La demande reste forte, notamment aux Etats-Unis, mais l’offre est limitée. Nous examinons la manière dont les investisseurs axés sur les petites entreprises américaines peuvent exploiter les opportunités que crée cette situation.

Par Bob Kaynor, Responsable des Petites et moyennes capitalisations américaines et David Speyer, Analyste actions

 

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Bob Kaynor

La production automobile mondiale peine à répondre à la demande, essentiellement en raison de pénuries de semi-conducteurs et de perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Les remous géopolitiques entraînent de nouvelles baisses des prévisions de production et exercent une pression particulièrement forte sur la production européenne. La production automobile russe est vouée à s’effondrer. Les fabricants allemands d’équipements d’origine (OEM) sont confrontés à un ralentissement de leur production du fait de l’exposition de leurs fournisseurs à l’Europe de l’Est.

Parallèlement, les prévisions de production aux Etats-Unis augurent d’une détérioration au premier trimestre, suivie d’une amélioration progressive le reste de l’année. Les prévisions de production en Chine restent relativement stables pour le moment, mais la Covid accroît le risque de nouvelles fermetures d’usines.

2022.05.05.Auto production

Au cours des cycles précédents, les fortes baisses de production pouvaient s’expliquer par une diminution de la demande du consommateur final, habituellement liée à un contexte de récession.

Le cycle actuel est très différent car la demande mondiale est forte, notamment aux Etats-Unis. A l’heure actuelle, les variables du côté des approvisionnements expliquent la pénurie de production. Les goulets d’étranglement dans le secteur des semi-conducteurs sont mis en évidence, mais le conflit en Ukraine exerce également une pression sur bon nombre d’autres composants essentiels.

Les pénuries entraînent une hausse des prix des automobiles aux Etats-Unis

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David Speyer

Le déséquilibre entre l’offre et la demande induit une forte hausse des prix des voitures neuves aux Etats-Unis et entraîne également une hausse des prix des voitures d’occasion. Ces hausses de prix contribuent de manière significative au niveau élevé de l’inflation aux Etats-Unis.

Les concessionnaires automobiles conservent normalement les voitures neuves en stock 60 jours en moyenne. Ce délai est désormais compris entre 10 et 15 jours et ne devrait pas revenir à la normale avant 2024.

La demande de véhicules neufs en régime de croisière peut être suivie en examinant les chiffres de mises au rebut (nombre annuel de voitures mises à la ferraille) ainsi que le nombre des obtentions de permis de conduire. Si l’on examine cette statistique par rapport aux ventes de voitures neuves (graphique 2), il apparaît clairement à quel point les ventes ont été inférieures en 2020 du fait des difficultés de production.

Les taux de mise au rebut ont diminué en 2021, les automobilistes conservant leur véhicule plus longtemps, comme en témoigne l’augmentation de l’âge moyen du parc automobile en circulation (supérieur à 12 ans et demi désormais). La demande non satisfaite aux Etats-Unis est proche de cinq millions de véhicules et il faudra des années d’augmentation de la production pour répondre à cette demande.

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Certains fournisseurs et concessionnaires sont voués à bénéficier de la situation

Vu le volume de production automobile nécessaire pour répondre à la demande non satisfaite actuelle, il existe selon nous des opportunités d’investissement dans certaines petites et moyennes capitalisations américaines vouées à tirer parti de la reconstitution des stocks.

La plupart des constructeurs automobiles américains sont soit de taille trop importante pour les investisseurs axés sur les petites et moyennes capitalisations, soit trop spéculatifs. Certains s’apparentent à des start-ups du marché des véhicules électriques, dont la plupart sont entrées en bourse au travers de «Special Purpose Acquisition Companies» (SPAC).

Nous considérons en revanche que les équipementiers automobiles, qui bénéficieront d’une hausse de la production, offrent un profil de risque et de rendement plus favorable.

En outre, les concessionnaires automobiles qui continuent de bénéficier des prix, avec de faibles remises dans un contexte d’offre tendue, et qui recentrent leur stratégie sur la vente en ligne de voitures d’occasion pourraient également tirer parti de la situation.

Les entreprises qui fournissent des pièces pour toute marque ou tout type de véhicule seront particulièrement avantagées une fois que la production finira par se redresser.

Par exemple, certaines entreprises américaines disposent de technologies uniques pour répondre à la demande croissante de véhicules électriques, et d’opportunités de développer leurs applications dans les nouveaux modèles de véhicules non électriques. A mesure que la production augmentera, ces fournisseurs devraient également voir leur pénétration s’accroître et jouir par conséquent d’une croissance plus forte que le secteur dans son ensemble.

Bien que des questions entourent la viabilité à long terme du modèle fondé sur des concessionnaires, nous pensons que la plupart des constructeurs automobiles conserveront un mode de distribution au travers de concessions.

Le réseau américain de fournisseurs de pièces détachées est hautement stratégique et les grands réseaux de concessionnaires (cotés pour la plupart) étendent désormais leur stratégie à la vente en ligne avec livraison à domicile. Cela devrait leur permettre de gagner des parts de marché aux dépens des concessionnaires indépendants moins capitalisés au fil du temps.

Synthèse

L’industrie automobile mondiale est à l’arrêt. La demande reste forte, notamment aux Etats-Unis, mais l’offre est limitée.

Les stocks de voitures neuves disponibles à la vente se situent à des niveaux historiquement bas et même si les consommateurs se retrouvent sous pression, l’augmentation de la production est vouée à persister plusieurs années durant selon nous. Le bouleversement de l’offre a également permis aux plus grands concessionnaires de développer leurs ventes de véhicules d’occasion par le biais d’Internet.

Nous préférons exploiter cette opportunité en nous concentrant sur les fournisseurs disposant de technologies innovantes qui restent pertinentes alors que le monde opère une transition en faveur des véhicules électriques. Nous apprécions également les concessionnaires qui bénéficient de meilleures conditions de prix dans un contexte de contraintes d’offre et d’un levier d’échelle pour développer davantage leur activité dans les véhicules d’occasion.

 


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