Bien que l’intérêt pour l’investissement durable ait fortement augmenté ces dernières années, certains investisseurs continuent pourtant d’hésiter. L’étude Schroders Global Investor en met en lumière certaines des raisons.

Par David Brett, Éditorialiste

 

L’intérêt pour l’investissement durable a augmenté ces dernières années, mais certains investisseurs semblent toujours réticents à s’engager à investir pour le bien commun.

Sur une note positive, l’étude Schroders Global Investor Study (GIS) 2019 révèle que plus de la moitié des investisseurs (57%) prendront toujours en considération les facteurs de durabilité lors de la sélection d’un produit d’investissement, contre 17% pour lesquels ce n’est pas le cas. Le reste des personnes interrogées disent hésiter.

L’étude, qui s’appuie sur les réponses de plus de 25’000 investisseurs de 30 pays, permet de mieux comprendre pourquoi. Les personnes interrogées ont été invitées à se prononcer sur cinq facteurs, présentés dans le tableau ci-dessous, qui pourraient les inciter à allouer plus d’argent aux fonds durables.

Les réponses se répartissent de manière relativement uniforme, mais deux choix arrivent en tête:

  • Changements de réglementation visant à encourager davantage de placements dans les investissements durables
  • Utilisation accrue des notations indépendantes mettant en évidence des fonds durables

Dans chaque cas, 60% des investisseurs conviennent que ces facteurs pourraient les persuader d’allouer plus d’argent à des fonds durables.

Ils sont suivis de près par la mise à disposition par les conseillers financiers d’informations faciles à comprendre (59%) et de notations internes qui identifient les fonds qui adoptent une approche véritablement durable (57%). Le choix de peu le moins populaire est l’incitation des conseillers financiers à investir plus d’argent dans les fonds durables (55%).

Jessica Ground, responsable mondiale du Stewardship chez Schroders, indique: «Les décideurs souhaitent que le système financier devienne plus durable, mais cette étude montre qu’il n’y a pas de solution miracle pour y parvenir.

«L’ensemble de la chaîne d’investissement, des gestionnaires d’actifs aux conseillers financiers, doit contribuer à l’amélioration de la communication et de la sensibilisation sur les investissements durables.

«Surtout, cette démarche doit être entreprise tout en continuant de fournir les rendements financiers que les investisseurs recherchent. Les études universitaires et notre propre expérience indiquent de plus en plus que cet objectif pourrait être réalisable.»

 

 

Schroders a demandé à Research Plus Ltd de mener une enquête en ligne indépendante auprès de 25’743 investisseurs dans 32 pays à travers le monde, avec un travail sur le terrain qui s’est déroulé du 4 avril au 7 mai 2019. Dans le cadre de cette enquête, un «investisseur» désigne toute personne envisageant d’investir au moins 10’000 euros (ou une somme équivalente) au cours des 12 prochains mois et ayant modifié ses placements au cours des dix dernières années. Ces personnes sont considérées comme représentatives de la population des investisseurs de chaque pays dans lequel a été menée l’enquête.