Les graphes macroéconomiques sélectionnés et commentés par Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM.

Mesurer la correction des actions.

Prime de risque action (taux d’earnings contre inflation)

Dans des marchés agités, il est précieux de pouvoir se reposer sur des mesures objectives de valorisation. Notre favorite est l’écart entre le taux de profit (estimé à 12 mois par le consensus des analystes) et le swap d’inflation à 10 ans. Suivant celle-ci, il apparait que les actions européennes sont revenues à leur moyenne 3 ans, cette période intégrant à la fois des phases euphoriques, mais également plusieurs corrections importantes. On peut donc être assez confiant au niveau actuel, notament si l’on considère que les événements en cours ne devraient pas faire dérailler l’économie et que les perspectives bénéficiaires restent bonnes. La situation aux US apparait plus tendue, toujours selon cette mesure.

 

US : le déficit commercial pèse sur le dollar.

US : Balance commerciale et évolution du dollar

Si l’on observe les six dernières années, les évolutions du déficit commercial américain ont précédé de plusieurs trimestres les évolutions du dollar (c’est le dollar index, calculé contre les principales devises, qui est représenté sur le graphe). Les derniers chiffres ne plaident pas pour un rebond rapide, avec un accroissement de 50,4Mds à 53,1Mds en décembre. Cependant, et à l’inverse, le faible niveau du dollar pourrait aider à la réduction du déficit. A noter que le solde résulte d’une forte croissance des importations mais également des exportations. La peur de l’instauration de droits de douane pourrait avoir décidé certains agents à avancer leurs projets d’importations.

 

US : des indicateurs avancés toujours solides.

ISM manufacturing et services

L’année commence très fort pour l’indice ISM non-manufacturing qui progresse de +3,9pts en janvier. A 59,9 cet indicateur du sentiment du secteur des services atteint son niveau le plus élevé depuis plus de 10 ans ! Par ailleurs, la composante la plus avancée, les nouvelles commandes, contribue très fortement à cette hausse (+8,2pts à 62,7). Ceci laisse suggérer une poursuite de cette tendance dans les prochains mois. La demande domestique semble particulièrement robuste, puisque les commandes à l’exportation affichent une hausse plus modeste (+1,5pt). Enfin, conformément à la publication des créations de poste en fin de semaine dernière, la composante emploi de l’enquête ISM progresse significativement (+5,3pts).

 

Zone Euro : la production industrielle surprend à la hausse.

Production industrielle et Eurozone

Alors que le consensus tablait sur une consolidation du rythme de progression de la production industrielle dans les deux premières économies de la zone Euro, la France et l’Allemagne ont positivement surpris. La première affiche une hausse d’un mois sur l’autre de +0,5% (vs +0,1% attendu) en décembre, indiquant une poursuite des conditions favorables en France pour l’année 2018. En Allemagne, le recul de -0,6% m/m, légèrement plus faible qu’attendu (-0,7%), renforce la solidité de la dynamique actuelle. Celle-ci devrait continuer durant la premier trimestre de cette année : les commandes industrielles restent robustes (+3,8% m/m) reflétant une forte demande internationale tandis qu’au niveau domestique les dernières enquêtes d’opinion demeurent au plus haut, notamment l’IFO.

 

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