Les graphes macroéconomiques sélectionnés et commentés par Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM.

US: Productivité du travail décevante

US: productivité du travail

Attendue en hausse de 0,7%, la productivité du travail a en fait baissé de 0,1% au T4. Sur un an, la progression est de 1,06%, marginalement supérieure à la moyenne cinq ans (à 0,9%, la tendance baissière semble cependant enrayée). A l’avenir, on peut avancer que les gains resteront faibles, en raison −du plus faible impact des nouvelles innovations sur les process de production, −du transfert d’emploi vers des services peu productifs et −des effets monopolistiques des nouveaux acteurs de la Technologie (GAFA). A l’inverse, il est vrai −que les délais pour que les innovations prennent effet sont longs et −que l’investissement (dont la faiblesse a bridé la productivité) se reprend, notamment grâce à la hausse du coût du travail.

Chiffres d’inflation mitigés en zone euro

€-zone: inflation implicite et réalisée

L’inflation a légèrement baissé en zone euro, passant de 1,4% à 1,3% en janvier (données estimées). Ce chiffre peut paraître décevant mais il faut noter qu’il est supérieur au consensus et que la composante core rebondit (de 0,9% à 1,0%). Il est probable que des effets de base apparaissent un peu plus tard dans l’année, pour tirer l’inflation plus nettement à la hausse.

A plus long terme, la progression dans le cycle économique, avec une diminution sensible du chômage, devrait également soutenir la hausse. (les swaps d’inflation reflètent cette hausse des anticipations). Il faut
toutefois garder à l’esprit que la hausse de l’euro constitue un facteur négatif pour l’inflation.

Zone Euro: croissance toujours solide

€-zone: PMI et croissance

La première estimation de la croissance économique en zone Euro s’est établie à +2,4%q/q au cours du T4, permettant une progression de +2,5% sur l’ensemble de l’année. La demande interne apparait comme un des principaux contributeurs, tout particulièrement à travers un rebond de l’investissement (+4%q/q ann.). La consommation privée n’est pas en reste et devrait demeurer robuste (+1,6% ann.), bien aidée par des conditions de crédit favorables, une confiance élevée et un taux de chômage au plus bas depuis janvier 2009. La contribution du commerce extérieur devrait également être solide mais en légère décélération: les exportations continuent de bénéficier de la conjoncture mondiale, mais les importations devraient croitre du fait de la hausse de la demande interne.

La Grèce retrouve la confiance des marchés

Taux souverains et marché boursier grecs

Les rendements des titres de dette gouvernementale grecque se sont considérablement resserrés au cours des dernières semaines, reflétant une amélioration des finances publiques ainsi que la faiblesse des besoins de financement du pays dans les prochaines années. La Grèce pourrait ainsi quitter progressivement son programme d’aide qui expire en août prochain sans demander de ligne de crédit de précaution auprès de l’ESM. Dans un tel scénario, en dépit du fait que les titres de dettes gouvernementales ne pourraient plus être éligibles comme collatéral auprès de la BCE, les banques grecques devraient toujours avoir accès au programme ELA (Emergency Liquidity Assistance) ce qui devrait limiter l’impact sur leur coût de financement.

 

Source : Ellipsis AM, Bloomberg

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