Les graphes macroéconomiques sélectionnés et commentés par Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM.

Emploi US : la fête continue

US: Inscriptions au chômage et créations d’emplois

Alors que les marchés attendaient anxieusement de nouveaux signes de surchauffe aux US, la publication des chiffres de l’emploi a montré que l’économie n’était pas si proche du plein emploi. Ainsi, les créations d’emploi ont été publiées à +287k contre +205k attendu en février, avec une révision notable à la hausse de janvier, tandis que les inscriptions au chômage sont au plus bas depuis 1970. Dans le même temps, les salaires ne progressaient que de 0,1%, ce qui maintient le caractère très favorable du contexte (croissance élevée sans inflation). A noter que cette dernière publication invalide celle du mois de janvier qui avait été à l’origine des fortes turbulences récentes. La participation est en hausse, ce qui induit une hausse du taux de chômage.

Zone Euro : moins de risques de crise

Balance courante en Italie et en Espagne en % du PIB

Le résultat des élections italiennes a fait craindre le retour du risque de solvabilité de cet état, avec un double effet : politiques accroissant le déficit budgétaire primaire et hausse des charges d’intérêt. En réalité, les mécanismes institutionnels mis en place pendant la crise de l’euro assurent un contrôle assez serré des dépenses publiques. D’autre part, si l’on n’a pratiquement pas vu de hausse des taux italiens après le vote, c’est que l’Italie est globalement excédentaire de capitaux, ainsi que le montre le graphe ci-dessus, qui retrace l’évolution de la balance courante du pays. Enfin, la dette publique est très largement détenue par des agents domestiques, notamment les ménages. Peu de chances, dans ces conditions, de voir se développer une crise de confiance.

Allemagne : normalisation des commandes industrielles

Allemagne: commandes à l’industrie manufacturière

Alors qu’elles avaient très fortement progressé au cours du mois de décembre (+3,0% m/m), les commandes industrielles ont nettement reculé en janvier (-3,9% m/m), ressortant significativement en dessous des attentes du consensus (-1,8%).

Il semblerait que la hausse inattendue du chiffre de décembre reflétait des commandes passées par anticipation par les industriels allemands à l’approche d’un premier trimestre 2018 marqué par les négociations salariales avec IG Metal et les incertitudes politiques concernant la coalition gouvernementale. On peut ainsi s’attendre à un rebond des commandes au cours du T2, notamment grâce à l’implémentation de la réforme fiscale prévue dans le projet de grande coalition.

Zone Euro : recul de la production industrielle en janvier

Allemagne: production industrielle et PMI manufacturing

Les indicateurs avancés ne se sont pas trompés, ici le PMI manufacturing allemand : l’activité économique dans le secteur industriel ralentit en ce début d’année 2018. La production industrielle allemande affiche ainsi un léger recul en glissement mensuel (-0,1%) alors que les analystes tablaient sur une progression (+0,6%). Même constat en France, avec une production en baisse de 2% m/m contre -0,2% attendu. Dans les deux pays, le climat particulièrement clément au cours du mois de janvier a pesé sur la production du secteur énergétique. En France, le secteur manufacturier accuse également une forte contraction (-1,2%), ce qui n’est pas le cas en Allemagne (+0,6%).

 

Source : Ellipsis AM, Bloomberg

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