Les technologies propres ont beaucoup évolué depuis la crise mondiale de 2008. Cette progression est très encourageante pour les investisseurs intégrant le changement climatique.

Par Andrew Howard, Directeur de la recherche – Investissement durable

 

Il est frappant de constater à quel point les technologies propres et les politiques climatiques ont changé entre la crise financière mondiale de 2008 et celle que nous traversons aujourd’hui. Pour nous investisseurs intégrant le changement climatique, cela nous permet de conclure que cette fois, le contexte est différent. Il ne s’agit pas de minorer les répercussions de la crise du coronavirus, mais de comprendre que les tendances essentielles pour les investisseurs intégrant le changement climatique sont nettement plus ancrées qu’en 2008.

Nous examinons ici les énergies renouvelables, les véhicules électriques (VE) et la politique climatique.

Les véhicules électriques à batterie ne sont plus un secteur de niche

La Tesla Roadster d’origine, lancée en 2008, coûtait aux alentours de 100’000 USD. À l’époque, il n’existait que trois modèles de véhicules électriques à batterie (VEB) sur le marché aux États-Unis, deux dans l’UE et aucun en Chine. Le VEB le plus vendu était le TH!NK City, avec environ 330 unités vendues.

En 2020, on recense 53 modèles de VEB sur le marché américain, 70 en Europe et, fait surprenant, 226 en Chine. Le prix des batteries lithium-ion a chuté de 85 % au cours des dix dernières années, et les batteries étant le coût de production le plus important pour les VEB, les constructeurs peuvent actuellement proposer des produits adaptés à un marché de masse.
Le modèle 3 de Tesla a été le VE le plus vendu l’an dernier, avec plus de 300 000 unités vendues en 2019. Il ne s’agit plus d’un secteur de niche.

Les énergies renouvelables sont désormais compétitives

En 2008, la demande de produits photovoltaïques se concentrait dans une poignée de pays européens et était fortement dépendante des subventions. Alors que les gouvernements cherchaient à assainir leurs finances à la suite de la crise financière mondiale, ces généreuses subventions ont été coupées, causant un revers majeur pour le secteur. Depuis lors, les prix du photovoltaïque solaire ont chuté de 80 % et la demande de ces produits est devenue véritablement mondiale.

L’énergie éolienne était une industrie plus mature que le solaire en 2008, mais elle a également connu une forte baisse des coûts au cours des années suivantes, à la faveur des progrès de la technologie et du développement de l’industrie. Début 2020, l’éolien et le solaire constituaient les formes les plus économiques de production d’énergie pour le marché de gros dans les deux tiers du monde, contre 1 % du monde il y a cinq ans.

En résumé, les facteurs économiques de développement des énergies renouvelables sont bien plus forts qu’ils ne l’étaient après la dernière crise.

La volonté politique et des entreprises a également changé

Le changement climatique est aujourd’hui au cœur du débat, ce qui n’était pas le cas dix ans plus tôt. Cette fois-ci, il y a de grandes chances pour que les décideurs politiques et les entreprises maintiennent le cap.

Le contexte politique est différent à présent. Une décennie plus tard, les engagements climatiques sont beaucoup plus fermement intégrés dans la planification des politiques et les stratégies d’entreprise. L’Accord de Paris, signé en 2015, a vu les dirigeants mondiaux s’engager collectivement en faveur du réchauffement climatique, et les pays ont pris des mesures dans la foulée. Les dirigeants ont accepté de réaliser un effort collectif pour limiter la hausse des températures à long terme à environ 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels de la fin des années 1800.

Bien que la Conférence 2020 de l’ONU sur le changement climatique (COP26), initialement prévue en novembre, puisse être reportée, son orientation montre que les décideurs politiques restent résolus à progresser au plan climatique. Les dirigeants européens ont souligné l’importance d’aligner les plans de relance sur les engagements climatiques.

Dans sa grande majorité, le monde des entreprises reconnaît les risques que pose le changement climatique et les opportunités qu’il offre. Les chefs d’entreprise membres du Forum économique mondial considèrent désormais le changement climatique comme le risque le plus important et le plus probable, alors qu’il y a dix ans ils ne le plaçaient même pas parmi les cinq premiers.

Le renouveau de l’activité post-Covid 19

Des changements considérables ont d’ores et déjà eu lieu. Les gens travaillent de chez eux lorsque cela est possible et les réunions et conférences se tiennent désormais à distance. Cette crise va permettre aux entreprises de réévaluer la nécessité de certaines pratiques jusqu’ici considérées comme normales.

Et ce n’est peut-être que le début. Nous pourrions assister à d’autres changements définitifs dans notre façon de travailler, et cela pourrait se révéler bénéfique pour le climat. La durabilité demeure résolument à l’ordre du jour des entreprises et elle est fréquemment évoquée, tout comme le coronavirus, lors des conférences téléphoniques.

Les investissements axés sur le climat ne dépendent plus autant des politiques de soutien qu’il y a dix ans. Toutefois, ce soutien reste important pour accélérer les progrès, en particulier dans les secteurs tels que l’industrie lourde où la rentabilité des technologies de décarbonation n’est pas encore convaincante sans intervention réglementaire.

La crise de 2008 a été suivie un an plus tard par la déception de voir échouer les dirigeants mondiaux dans leur tentative de parvenir à un accord sur l’action en faveur du climat à Copenhague. Aujourd’hui, cet accord est bien acquis et nous espérons que la crise actuelle servira de rampe de lancement pour la transition climatique qui, selon le consensus scientifique, est de plus en plus urgente.

Perspectives pour l’avenir – suivi des progrès

Schroders a conçu un tableau de bord du changement climatique pour fournir une évaluation objective de la vitesse et de l’échelle des actions à entreprendre pour ne pas dépasser 2 °C.

Il comprend 12 mesures différentes, notamment les efforts politiques, les stratégies d’entreprise, l’évolution des technologies et la production de combustibles fossiles. Ainsi, nous calculons par exemple combien de voitures électriques supplémentaires devraient être mises en circulation, quelle quantité d’énergie renouvelable il faudrait générer, et à quel rythme la production de pétrole, de gaz et de charbon devrait diminuer.

Le tableau de bord est mis à jour tous les trimestres. La dernière mise à jour suggérait que nous nous dirigions vers une hausse des températures à long terme d’environ 3,9°C. Nous n’en sommes qu’au début du voyage et il reste encore beaucoup d’étapes à franchir.


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