Les actions des marchés émergents (ME) ont sous-performé les actions des marchés développés (MD) ces dernières années, ce qui s’explique principalement par une baisse de la croissance bénéficiaire. Une allocation en actions de pays émergents offre des opportunités attrayantes pour les investisseurs, et ce pour trois grandes raisons.

Par Roger Merz, responsable de mtx Portfolio Management, gestionnaire de portefeuille senior et Anthony Corrigan, gestionnaire de portefeuille client

 

Raison 1: une valorisation convaincante

Roger Merz

Pour bon nombre d’entre nous, l’environnement de marché actuel est le plus complexe que nous n’ayons jamais vu dans notre vie professionnelle. Taux d’inflation galopants, guerre en Europe et crise du coût de la vie déclenchée par la hausse des prix de l’énergie: ces événements ne sont pas nouveaux, mais ils ne nous avaient pas touchés sur une période aussi longue et encore moins au même moment.

On a du mal à imaginer que les actions des pays émergents se négociaient par le passé avec une prime importante par rapport à celles des pays industrialisés: c’était pourtant bien le cas à la fin du supercycle des matières premières de 2000-2011. Depuis, cette prime s’est évaporée et la classe d’actifs se négocie désormais avec une décote de 44% par rapport aux actions des marchés développés, sur la base du PER de Shiller  – le ratio cours-bénéfice cycliquement ajusté qui corrige les bénéfices des dix dernières années en fonction de l’inflation .

Raison 2: le redressement des bénéfices et de la croissance du PIB en Asie

Anthony Corrigan

Sur une base relative, un argument convaincant plaide pour les actions des pays émergents. De manière générale, la croissance bénéficiaire des entreprises des marchés émergents a été beaucoup plus faible que celle des entreprises dans les pays industrialisés. Cela pose la question suivante: comment évolueront les bénéfices à l’avenir et quelles pourraient-être les conséquences sur les rendements?

Un modèle d’évaluation des revenus développé par Goldman Sachs, qui analyse les fondamentaux en fonction des secteurs et des données macroéconomiques des pays concernés, estime que la croissance des revenus des entreprises asiatiques pourrait augmenter à 10% par an au cours des cinq prochaines années. Cela signifierait une progression importante des bénéfices sur la période 2011-2021 qui pourrait déclencher une phase d’expansion pour la valorisation des actions asiatiques, laquelle dynamiserait à son tour les marchés émergents de la planète.

Cette croissance potentielle des bénéfices d’entreprises est soutenue par l’écart anticipé entre la croissance réelle du PIB des pays émergents et celle des pays industrialisés. Bien que l’écart estimé s’annonce inférieur à 1% pour 2022, celui-ci devrait de nouveau se creuser en 2023. Selon les estimations de JP Morgan, la croissance réelle du PIB des pays émergents pourrait atteindre 3,2% en 2023 contre seulement 0,9% dans les pays industrialisés. Cet écart grandissant est imputable à la Chine et aux marchés émergents asiatiques, pour lesquels des taux de croissance respectifs de 4,6% et 4,1% sont attendus.

2022.10.03.Bénéfices asiatiques
Comment les bénéfices asiatiques pourraient évoluer dans les années à venir
Source : L’énigme des bénéfices asiatiques. Goldman Sachs, 11 septembre 2022.

Raison 3: un retour en grâce avec des afflux de capitaux à la clé

Enfin, les actions des pays émergents sont actuellement sous-représentées dans le portefeuille de l’investisseur moyen. Selon les indications de JP Morgan, les investisseurs mondiaux allouent actuellement une part de 6,4% aux actions des marchés émergents, ce qui est nettement inférieur à la moyenne sur 20 ans de 8,9%. Un retour en grâce de cette classe d’actifs permettant de renouer avec cette moyenne de long terme pourrait se traduire par des afflux de capitaux de près de 750 milliards de dollars US. Dans ce cas de figure, les investisseurs qui passeraient plus vite que les autres à une position neutre ou surpondérée en actions de pays émergents tireraient bien sûr encore mieux leur épingle du jeu.

Conclusion

Les investisseurs en actions des pays émergents sortent de dix années difficiles. Il faut toutefois regarder vers l’avenir et il y a de bonnes raisons de s’attendre à des jours meilleurs pour cette classe d’actifs. Les évaluations relatives paraissent attrayantes alors que les bénéfices des entreprises asiatiques sont en passe de se redresser et que la croissance du PIB s’annonce beaucoup plus rapide que dans les pays industrialisés. Compte tenu de ces facteurs, et du fait que les actions des pays émergents sont actuellement sous-pondérées dans le portefeuille de l’investisseur moyen, nous sommes d’avis que cette catégorie d’actifs se trouve sur la voie de la reprise et que d’autres revers éventuels à court terme seront compensés par les opportunités de gains à plus long terme.

 


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