Les craintes de ralentissement qu’avaient alimentées depuis l’été la résurgence du variant delta et le dérèglement persistent des chaînes de production se sont progressivement dissipées au cours du mois d’octobre.

Par Nicolas Blanc, Responsable de l’allocation

 

Nicolas Blanc, Responsable de l’allocation, Ellipsis AMSi le PIB américain a effectivement accusé un net ralentissement au T3 – à 2% seulement en annualisé, il réalise moins du tiers du rythme des deux précédents – les indicateurs avancés sont restés clairement au vert. Le PMI manufacturing, en très léger retrait, reste proche de 60 et la version des services rebondit de plus de 3 points à 58,2, ce qui laisse entrevoir une bonne tenue de l’activité au dernier trimestre.

En Europe, le niveau d’activité a, lui, accéléré au T3, notamment en raison du niveau élevé des taux de vaccination, mais la zone est, pour des raisons structurelles, plus sensible à la hausse des prix de l’énergie et aux perturbations du commerce mondial, de sorte que le T4 s’annonce plus problématique. L’Allemagne, en particulier, souffre des difficultés d’approvisionnement de certains composants automobiles.

En Chine, l’activité au T3 (une quasi-stagnation) a subi les effets récessifs de sa nouvelle politique de transition énergétique et de modèle de croissance. Si ces objectifs de long-terme demeurent, on notera ce mois-ci la volonté du pouvoir d’amortir le choc (levée de certaines restrictions sur l’énergie, discours rassurants sur la situation d’Evergrande, incitations à la production de prêts immobiliers). Les perspectives sont ainsi positives pour l’Asie émergente au T4, qui profitera également de l’accroissement rapide du taux de vaccination en Asie du Sud-Est.

Dans ce contexte d’activité soutenue, on observe un mouvement général de retournement des politiques monétaires vers le resserrement (Australie, Canada, Brésil), qui provoque des turbulences sur les marchés de dette souveraine.

Le tapering de la Fed et la hausse des taux de la BoE, qui devraient intervenir dès le mois prochain vont également y contribuer. La BCE a choisi de maintenir un discours rassurant sur l’inflation mais elle n’a pas vraiment convaincu les marchés, qui considèrent que la banque centrale devra resserrer les conditions monétaires bien plus tôt qu’elle ne l’affirme, provoquant la hausse des taux souverains, particulièrement ceux des économies périphériques.

 

Source : Ellipsis AM, 31/10/2021