La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, International Chief Investment Officer of the Global Fixed Income, Currencies & Commodities Group

Au début de l’année, les données macroéconomiques mondiales et les valorisations quantitatives ont pris des directions opposées. Cette tendance peut-elle se maintenir ou une direction finira-t-elle par l’emporter?

 

Fondamentaux

Aux Etats-Unis, les données de cette semaine affichent une légère détérioration, avec un recul du Philadelphia Fed Manufacturing Index, mais l’économie reste en bonne santé. En Europe en revanche, les données macroécomiques semblent montrer les premiers signes de reprise après une période de léthargie qui durait depuis le début d’année dernière. Dans la zone euro, l’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier est ressorti inférieur aux attentes, mais celui du secteur des services a grimpé de 51,2 en janvier à 52,3 en février. En Allemagne, l’indice Ifo du climat des affaires s’est tassé de 99,3 en janvier à 98,5 en février, niveau le plus bas depuis décembre 2014. Toutefois, les prévisions d’exportations du secteur manufacturier sont stables, signe que les perspectives du premier pays exportateur européen ne seraient pas si moroses que cela.

De plus, les nouvelles sont encourageantes quant à l’issue des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, même sur les points les plus épineux, et favorables à certains égards aux constructeurs automobiles et aux exportateurs de produits européens. Ajoutée à d’autres informations en provenance de la région, la tendance négative des données européennes semble avoir touché le fond en janvier 2019 et s’infléchit désormais. Nos indicateurs de tendances internes affichent également de bonnes surprises concernant les données macroéconomiques des marchés émergents, en particulier en Asie et dans la région CEEMEA (Europe centrale et de l’Est, Moyen-Orient et Afrique).

Les données de la zone euro repartent à la hausse depuis fin janvier 2019
Source: J.P. Morgan Asset Management ; données au 26 février 2019.

Valorisations quantitatives

Depuis le début de l’année, les valorisations des emprunts d’Etat et des actifs risqués rémunèrent les investisseurs malgré la détérioration des données économiques mondiales. La reprise de janvier aurait pu être considérée comme un rebond consécutif à la correction de décembre, mais les valorisations des marchés du crédit, aussi bien développés qu’émergents ont continué à se resserrer progressivement en février. En Europe et aux Etats-Unis, les obligations d’entreprise «Investment Grade» enregistrent des performances positives depuis le début du mois. Le segment du haut rendement est le plus performant, avec des performances de 1,51% pour les Etats-Unis et de 1,60% pour l’Europe (données au 26 février). La dette souveraine et les obligations d’entreprise des marchés émergents poursuivent sur leur lancée depuis le début de l’année, avec des performances respectives de 0,89% et 1,02%. Certes, le ton plus accommodant des banques centrales mondiales rassure, mais il n’en reste pas moins que de nouveaux signes de redressement de la croissance mondiale devront se manifester pour que cette dynamique positive se poursuive.

Facteurs techniques

Les conditions techniques ont été l’un des principaux moteurs des performances positives de janvier et février. Les investisseurs qui ont vendu leurs positions sur la dette émergente, les titres à haut rendement des marchés développés et les obligations d’entreprise «Investment Grade» fin 2018 rétablissent leur exposition. Cette solide demande est confirmée par notre outil de suivi des flux des fonds, qui indique que ces trois classes d’actifs ont bénéficié d’afflux de capitaux importants en février. Les analyses dénotent un positionnement accru sur les différentes classes d’actifs, ce qui nous amène à penser que le potentiel de hausse sera quelque peu limité à court terme. Du côté de l’offre, la situation est plus mitigée, avec peu de nouvelles émissions sur le marché primaire du haut rendement européen et seulement quelques grandes émissions d’emprunts d’État sur les marchés émergents. L’offre devrait toutefois s’étoffer dans les segments du crédit «investment grade» américain et des obligations d’entreprise des pays émergents.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

La désynchronisation des données macroéconomiques mondiales et du sentiment de marché est l’une des grandes préoccupations cette année. Les rebonds prononcés des marchés, à l’instar de celui observé en janvier, sont souvent suivis de corrections et de périodes léthargiques, mais les signes de redressement que révèlent les données macroéconomiques en Europe et dans les pays indiquent que le marché a pris une longueur d’avance et a déjà intégré ces redressements dans les cours. Nous pourrions ainsi revenir à un scénario de croissance molle dans lequel les économies évitent aussi bien la surchauffe que des ralentissements accélérés. Ces conditions devraient être favorables aux produits de spread et, de manière générale, aux investisseurs obligataires.


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