La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, Portfolio Manager, Head of Global Aggregate Strategies – Global Fixed Income, Currency & Commodities Group

La trêve estivale touchant à sa fin, la volatilité va-t-elle rester modérée ou augmenter? Au cours des mois à venir, quels événements pourraient perturber les marchés obligataires?

Fondamentaux

A quelques exceptions près, l’été s’est avéré relativement calme pour les investisseurs en obligations. Les données macroéconomiques sont restées solides aux Etats-Unis et se sont améliorées en Europe (comme le prouve l’indice allemand IFO sur le climat des affaires, qui a progressé). Les tensions commerciales se sont atténuées, les Etats-Unis et le Mexique commençant à régler leurs différends relatifs à l’Accord de libre-échange nord-américain, ce qui a quelque peu soulagé les marchés émergents et permis aux actions américaines d’atteindre des niveaux record.

Toutefois, des risques politiques importants se profilent. Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat qui se dérouleront en novembre pourraient modifier de façon radicale l’influence politique du Président, forçant les marchés à réagir, quelle qu’en soit l’issue. Les points chauds parmi les marchés émergents, notamment la Turquie et l’Argentine, sont susceptibles de rester problématiques. En outre, les incertitudes liées, d’une part, aux élections présidentielles devant se dérouler au Brésil cette année et, d’autre part, aux problèmes politiques de l’Afrique du Sud, devraient amplifier les inquiétudes.

Par ailleurs, le resserrement continu de la politique monétaire des banques centrales aura pour effet de réduire les liquidités excédentaires, ce qui pourrait ramener la volatilité à ses niveaux du premier trimestre.

Valorisations quantitatives

La volatilité pourrait indéniablement augmenter, et les écarts de performance constatés cette année sont déjà importants, surtout dans les pays émergents où les monnaies locales des marchés les plus faibles (Argentine et Turquie) ont perdu 40,8% et 39,5% respectivement par rapport au dollar américain. Parallèlement, le peso mexicain a gagné 3,0% par rapport au billet vert car les élections présidentielles du Mexique n’ont pas engendré de changements politiques majeurs et les risques commerciaux se sont atténués.

Dans la zone euro, où la volatilité est habituellement largement inférieure à celle des marchés émergents, l’indice des emprunts d’Etat allemands a progressé de 1,24% depuis le début de l’année, tandis que l’indice italien a baissé de 5,76% (performance au 28 août 2018). La trêve estivale prenant fin, il est plus probable que jamais que des événements spécifiques et un resserrement des conditions financières fassent augmenter la volatilité.

Facteurs techniques

Les émissions ont été très peu nombreuses sur les marchés obligataires, ce dont les investisseurs ont profité. Toutefois, le marché primaire est susceptible de s’accélérer: nous tablons sur une hausse des nouvelles émissions de titres Investment Grade aux Etats-Unis, qui devraient passer d’environ 85 milliards USD en août à environ 120 milliards USD en septembre. Cette hausse pourrait être encore plus importante pour les titres d’entreprises des marchés émergents, où les nouvelles émissions sont pour l’instant modérées en raison de facteurs saisonniers et d’une diminution de la propension au risque.

Au cours des mois à venir, l’accroissement de l’offre, le calendrier fourni en termes d’événements et le resserrement des conditions financières pourraient attiser la volatilité, qui s’est récemment maintenue à de bas niveaux (voir graphique). Les banques centrales se méfieront probablement de ces risques et sont donc susceptibles de ne poursuivre leur resserrement monétaire qu’après avoir évalué les conditions du marché avec soin. Les dirigeants chinois ont déjà mis fin à certaines mesures de resserrement et introduit la méthode du «facteur contre-cyclique» afin de stabiliser le yuan. De même, nous pensons que la Réserve fédérale américaine marquera une pause dans le rehaussement des taux à compter de la mi-2019 pour lui permettre de ré-évaluer les conditions du marché et de l’économie.

Après quelques mois volatils en début d’année, la volatilité est restée modérée cet été
Source: J.P. Morgan Asset Management ; données au 28 août 2018.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Le risque lié aux événements ainsi que le niveau élevé des émissions à venir poseront vraisemblablement de nouveaux problèmes aux investisseurs obligataires au quatrième trimestre. Cependant, cette situation créera également des opportunités car les écarts de performance devraient se creuser et les investisseurs gagneront à faire une plus grande différence au niveau des classes d’actifs. Il faut s’attendre à ce les banques centrales, qui tiennent fermement la barre depuis le début de l’année, continuent de guider les marchés dans un contexte d’incertitude alors que la volatilité menace d’augmenter.

 

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