La forte reprise initiée par la réouverture des économies s’est poursuivie au mois de juin, avec des niveaux d’activité estimés à des niveaux record dans la plupart des zones.

Par Nicolas Blanc, Responsable de l’allocation

 

Nicolas Blanc, Responsable de l’allocation, Ellipsis AMOn notera la dynamique particulièrement favorable de la zone euro, qui, ayant entamé sa réouverture plus tardivement, n’a pas encore atteint son pic de croissance, tandis que la Chine et les US accusent de légers ralentissements, à partir de niveaux il est vrai très élevés. Ainsi, le PMI composite gagne 2 points en zone euro, à 59,2 et perd près de 6 points aux US, à 63,9.

On notera également que les publications de données réelles sont en plutôt retrait par rapport aux indicateurs avancés. Les ventes de détail, par exemple, décelèrent après les niveaux élevés enregistrés en mars. Plus globalement, les indicateurs de surprise calculés sur données réelles sont en territoire négatif.

Impulsion du crédit en Chine
Impulsion du crédit en Chine

En Chine, les autorités ont profité de la reprise pour relancer leur politique macro-prudentielle, resserrant graduellement les conditions financières. Ceci est par exemple visible dans l’évolution de l’impulsion du crédit (indicateur dérivé de la croissance du stock de crédit), qui est aujourd’hui très nettement en retrait.

Lors du FOMC de juin, la Fed a fait un premier pas vers le resserrement, au travers de ses «dot plots», qui suggèrent désormais en avis médian deux hausses de taux en 2022, contre aucune lors du FOMC de mars. C’est la réduction des risques sanitaires permise par la campagne vaccinale qui justifie cette évolution. Bien que cette annonce fût plutôt une surprise, on a observé rapidement une baisse des taux longs. La Fed suggère en effet qu’elle ne laissera pas filer l’inflation trop longtemps face aux tensions observées sur les prix et à la baisse rapide du chômage, ce qui se traduira, à long-terme, par une croissance plus réduite.

Il est également probable qu’elle débutera en fin d’année la réduction de ses achats de titres. Cette évolution ne remet pas en question le caractère porteur de l’environnement monétaire mais elle ajoute une pression négative sur les stratégies anticipant la reflation, qui sont d’ailleurs déjà largement en retrait depuis la fin du premier trimestre.

Si le contexte reste clairement favorable pour les actifs corrélés au cycle économique, il est également probable que leur valorisation intègre déjà l’hypothèse d’une reconstitution complète des résultats des entreprises, de sorte que les rentabilités attendues aujourd’hui apparaissent limitées.

 

Source : Ellipsis AM , The people’s Bank of China, 06/07/2021