La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, Portfolio Manager, Head of Global Aggregate Strategies – Global Fixed Income, Currency & Commodities Group

Les inquiétudes macroéconomiques dominant l’actualité, la Réserve fédérale américaine pourrait devoir se préparer à changer de cap.

 

Fondamentaux

Les craintes liées à la croissance mondiale semblent dicter la tendance des marchés financiers. Les données européennes se sont indéniablement affaiblies, plusieurs économies ayant stagné ou reculé le trimestre dernier. La croissance n’est que légèrement supérieure à la tendance dans la région, et les données continuent de décevoir, malgré la révision à la baisse des prévisions des analystes.

La Chine, dont les perspectives sont d’importance critique pour le reste du monde, continue elle aussi de ralentir malgré les nombreux outils dont les dirigeants du pays disposent. Le ralentissement de la croissance chinoise aura probablement des conséquences de vaste portée: par exemple, sachant que la Chine est le premier marché automobile mondial, les pays dont le secteur automobile est important (comme l’Allemagne) devraient être affectés. Outre les risques liés à la croissance, les tensions commerciales sont elles aussi susceptibles de persister. Des progrès ont été réalisés lors du sommet du G20, Donald Trump et Xi Jinping ayant convenu de s’accorder une période de négociation de 90 jours et de ne pas introduire de droits de douane supplémentaires dans l’intervalle. Toutefois, les inquiétudes structurelles seront plus difficiles à résoudre sur le long terme, principalement sur les sujets de la cybersécurité et de la position de la Chine vis-à-vis des droits de propriété intellectuelle des entreprises américaines.

Ces risques pourraient se répercuter sur l’économie américaine, dont la croissance reste supérieure à la tendance malgré des signes de ralentissement du marché du logement. Dans ce contexte, la Fed pourrait devoir réévaluer la direction à suivre pour normaliser sa politique et adopter une approche plus réactive dans ses futures hausses de taux.

Malgré les solides perspectives de l’économie américaine, le ralentissement dans le reste du monde pourrait amener la Fed à adopter une approche plus nuancée
Source: J.P. Morgan Asset Management ; données au 2 décembre 2018.

Valorisations quantitatives

Le rendement des bons du Trésor à dix ans est retombé à moins de 3% et s’accompagne d’une forte sous-performance des actifs risqués: depuis le pic de 3,2% atteint le 8 octobre (son plus haut niveau depuis le début de l’année), les actions américaines et les obligations américaines et européennes à haut rendement ont perdu respectivement 6,1%, 1,8% et 3,4% (données au 4 décembre 2018). L’inversion de la courbe des taux américaine sur le segment 2-5 ans a dominé l’actualité la semaine dernière, ce qui n’a rien fait pour calmer les investisseurs. Néanmoins, les indicateurs de récession plus classiques, comme l’écart entre les rendements des titres à deux et à dix ans, restent positifs.

Compte tenu de la réaction des marchés aux critiques de Donald Trump sur la politique selon lui trop agressive de la Fed, les investisseurs semblent également remettre en question le calendrier de remontée des taux: les cours intègrent une hausse en décembre et les marchés tablent sur une seule hausse supplémentaire l’an prochain, contre trois actuellement projetées par la Fed.

Facteurs techniques

Le resserrement quantitatif se poursuit, la Fed étant susceptible de réduire ses achats de bons du Trésor américain d’environ 250 milliards USD en 2019. Cette baisse de la demande ne sera pas compensée par une baisse de l’offre, car les volumes d’émission devraient augmenter afin de financer le creusement du déficit budgétaire. En règle générale, ces conditions sont techniquement favorables aux emprunts d’Etat américains. Toutefois, les craintes fondamentales liées à l’économie mondiale ont poussé les investisseurs à acheter des bons du Trésor aux dépens des actifs risqués. Les sorties de capitaux s’avèrent importantes dans ce segment: les fonds communs de crédits des pays développés et de dette émergente ont enregistré des dégagements de plus de 80 milliards USD au total cette année, tandis que les bons du Trésor américain et les TIPS (titres indexés sur l’inflation) ont enregistré des afflux de plus de 36 milliards USD (données au 4 décembre 2018).

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Malgré les signes de ralentissement de la croissance mondiale et la persistance de craintes structurelles sur le commerce international, l’économie américaine reste en bonne santé d’un point de vue fondamental. En outre, la récente correction des actifs risqués pourrait offrir des opportunités d’investissement attrayantes. Des facteurs externes risquent néanmoins d’avoir des répercussions sur l’économie américaine et il appartiendra à la Fed de revoir ses prévisions pour 2019. Pour l’heure, il semble que le cycle de hausse des taux ne soit pas terminé – pas plus que le cycle économique. L’heure pourrait être venue pour la Fed d’adopter une approche plus nuancée.


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