AtonRâ, asset manager, dont l’ADN se décline dans la technologie dans tous ses états, créera un certificat qui permettra d’investir dans la blockchain. Pourquoi ?

Olivier Good, Portfolio Manager

Selon IDC, les investissements dans la Blockchain seront “phénoménaux” dans les cinq prochaines années, avec une croissance de 73,2% par an pour atteindre 11,7 milliards de dollars en 2022. Le cabinet Gartner évalue de son côté à plus de 3000 milliards de dollars la valeur ajoutée créée par la Blockchain pour les entreprises par an d’ici à 2030.

Les chiffres sont vertigineux et rappellent ceux qui étaient publiés par ces deux experts à la fin du siècle passé lorsqu’il s’agissait d’analyser le Web. Alors sont-ils crédibles?

Pour répondre à la question il est nécessaire de remonter le temps. Au milieu des années 1990s, le Web 1.0 (World Wide Web) gagnait de la visibilité. Il ne s’agissait que de sites «statiques» qui étaient «connectés». L’esprit était présent mais l’infrastructure ne permettait pas l’expression de celui-ci.

Grâce aux développements technologiques, le Web 2.0 a pu voir le jour. La connection, le partage rapide des informations a permis l’émergence des réseaux sociaux et l’explosion du nombre d’utilisateurs. Selon les estimations de l’ONU, les utilisateurs d’Internet sont passés de 738 millions à 3,2 milliards entre 2000 et 2015.

Révolution, certes, mais c’est aussi la création d’une quantité à peine imaginable de données qui ont été collectées par quelques grandes sociétés numériques. Les nouvelles récentes des déboires de Facebook ne font que renforcer l’image d’une société dans laquelle les individus sont démunis quant à l’usage de leurs données personnelles.

Les mutations économiques et politiques ont aussi touché le web. Une vision d’un web plus transparent et «plus juste» s’est dessinée entre 2006 et 2008. Une lutte contre les FAANG a donné naissance à un nouvel animal, le Web 3.0.

La thèse sous-jacente est le partage des valeurs communes au travers d’un réseau ouvert (non pas privatisé comme Amazon ou Facebook). L’utilisateur final reprendrait ainsi le contrôle de ses données, celles-ci étant décentralisées et distribuées.

Mais comme ce fût le cas à la fin des années 1990s, cette évolution ne se fera pas sans heurts. Des sociétés vont naître, se développer ou disparaître. L’image suivante montre quelques exemples de nouveaux entrants et quels seraient les acteurs «attaqués» par ceux-ci.

Source: Matteo Gianpietro Zago

Tous ne sont cependant pas acquis à la cause. Nouriel Roubini estime que  la Blockchain a été annoncée comme une possible panacée à tous les maux existants, de la pauvreté à la famine en passant par le cancer. Il s’agit en réalité de la technologie la plus surfaite – et la moins utile – de toute l’histoire humaine.

C’est pour cela que les analystes d’AtonRâ créeront un certificat dont les encours seront déployés en partie dans des «coins» comme le Bitcoin ou l’Ether mais aussi dans des «tokens». L’investisseur retrouvera ainsi un certificat qui aura des caractéristiques proches d’un investissement en private equity.

Comme l’actualité de cet univers d’investissement est riche en surprises et en volatilité, nous aurons l’occasion de revenir sur certains points dans d’autres articles.