Abécédaire financier 2018 – de A à E

Abécédaire financier 2018 – de A à E

La fin de l’année approchant…enfin…et que franchement il n’y a plus grand-chose à dire, j’ai pris l’option d’aller m’enterrer dans un lieu reculé tenu secret.

L’Audio de A à E

Je pars en retraite pour essayer de mettre – enfin aussi la touche finale à un livre qui me tient à cœur depuis longtemps.

Vous serez certainement 12 à le lire, mais on va dire que dans l’esprit de la pensée positive, je le fais pour moi et pas pour vous.

Durant ces 5 dernières séances de l’année  – selon Investir.ch (et pas selon les places de bourses mondiales), je vais vous gratifier de mon Abécédaire habituel, celui que je rédige depuis ces 8 dernières années…

On commence donc immédiatement avec les 5 premières lettres de l’alphabet qui sont, sauf erreur et à moins que Trump en ait décidé autrement, Le A, le B, le C, le D et pour terminer, le E…

Alors on y va

Et comme chaque année je commence par :

 

A comme Apple :

Alors oui, je sais que ce n’est pas très original parce que ça doit faire à peu près 8 ans que je fais cet abécédaire et ça fait 8 ans que je commence par A comme Apple. Bon, cette année j’aurais pu faire A comme Abruti, mais je voulais être plus explicite en faisant B comme Bolton et T comme Trump…

Donc, A comme Apple… Si j’avais pu écrire cette partie le 3 octobre, j’aurais pu encenser la compagnie de Tim Cook en disant que c’était la plus grosse capitalisation américaine et même mondiale et que personne ne leur arrivait à la cheville.

Apple c’était mieux avant…

Sauf que depuis ces dernières semaines, Apple est à nouveau rentrée dans un cycle « out of fashion ». Plusieurs fois dans sa vie d’action-vedette Apple a été détestée. C’est arrivé de fin 2007 jusqu’à début 2009, puis de août 2012 à août 2013, puis finalement de début 2015 à juin 2016. À chaque fois, le retour aura été plus flamboyant, plus fort et plus haut.

Cette année Apple a franchi pour la première fois la barre des 1000 milliards de capitalisation boursière. À ce jour, après la dernière correction, 400 milliards sont partis en fumée. Soit l’équivalent de son cash disponible en banque.

Reste à savoir si cette fois les « neinsagers-anti-Apple » auront raison en disant que « cette fois c’est différent », cette fois Apple ne s’en sortira pas parce que les iPhone’s sont trop chers, qu’ils ne se renouvellent pas, que les Mac, c’est tout pourri et que les innovations sont trop rares et que, finalement, ceci n’est plus « une révolution »…

Affaire à suivre, mais toujours est-il que si le cycle est respecté, il ne faudra plus trop compter sur Apple pendant les 12 prochains mois, en revanche pour Noël 2019, j’aimerais bien avoir des actions Apple.

Devenez-membre avant que ça soit trop tard

B comme Bolton :

C’est sur recommandation de mon psy que je mets John Bolton dans cet abécédaire. J’espère que je n’aurais plus besoin de le remettre en 2019 parce qu’il sera mort.

Le Conseiller à la Sécurité Nationale des Etats-Unis est probablement le type le plus cinglé que l’on ait vu dans la politique américaine ces 50 dernières années. Et pourtant on a été bien servi ; deux mandats de W. Bush et plus récemment l’élection de Trump.

Mais clairement, l’accession de Bolton au poste de Conseiller à la Sécurité Nationale est probablement le plus gros scandale jamais vu. Sans chercher trop loin – wikipédia suffit amplement – le type est virtuellement anti-tout. Anti-Arabes, Anti-Musulmans, Anti-Jaunes, Anti-Noirs. Bref, anti-tout. On dit qu’il était proche des Néo-Conservateurs, mais qu’il les a quitté parce qu’ils n’étaient pas ASSEZ conservateurs.

World War III

Pour faire simple, si une troisième guerre mondiale doit être déclenchée, on peut largement parier que Bolton sera partie prenante et qu’ensuite, on trouvera qu’à côté de lui, Hitler était vachement tolérant.

Il y a plein de choses que je ne comprends pas dans le comportement de Trump, mais Bolton c’est au-dessus de l’incompréhension. Pour moi c’est comme mettre un Pit-Bull dans une crèche et s’étonner que le chien arrache le bras d’un gamin pour jouer.

C comme Cryptomonnaie :

On ne peut pas dire que l’année aura été faramineuse dans la plupart des classes d’actifs, mais il y en aura eu au moins une qui aura été plus massacrées que les autres; les Cryptos. Souvenez-vous, fin 2017, tout le monde quittait son job pour se lancer dans le « mining », certaines boîtes cessaient leur activité de vente de boissons pour se « spécialiser » dans le Blockchain et Nabilla disait : « Allô !!! Mais allô quoi, t’es un investisseur et t’as pas de Bitcoin ???? »…

Nabilla, c’était l’automne dernier.

Depuis, si elle s’est écoutée, elle a du se retrouver à poil. Après avoir checké ses dernières photos sur Instagram, ça ne semble pas (encore) être le cas, puisqu’elle est encore habillée – légèrement, mais habillée quand même.

C comme Crypto et K comme Krach

Toujours est-il que les Cryptomonnaies se sont faites défoncer propre en ordre. Les réglementations, les gouvernements qui s’en mêlent, le désintérêt qui grandit, les médias qui oublient, le fait que ça coûte un bras de faire du « mining » et que vendre à perte ça n’a jamais été un « business model » efficient.

Bref, le Bitcoin valait 19981$ le 17 décembre 2017. Actuellement c’est une baisse nette de 80%. Je ne sais pas si c’est un Bear Market, mais ça y ressemble. Par contre je me demande presque si ce n’est pas le moment pour investir. Je me souviens d’une époque post-bulle internet où personne ne voulait plus acheter la moindre action Amazon, parce que ça revenait de 100, que ça valait 7 et que ça irait « probablement à zéro, parce que finalement ils ne font que vendre des bouquins »….

D comme Dépression :

Je ne veux pas être le type qui se plaint toute l’année.

Bon, en même temps, c’est un peu ça.

Mais quoi qu’il en soit il faut reconnaître que lorsque ça monte de 3% par jour c’est quand même vachement plus sympa que lorsque les algorithmes nous plantent le marché toutes les 5 minutes.

Toujours est-il que ces derniers mois il y avait de quoi se jeter contre les murs. Après avoir vécu une début d’année où l’on a bien cru que l’on allait y passer, nous avons vécu ensuite une espèce d’euphorie incrédule durant laquelle certains titres du secteurs de la Haute Technologie ne semblaient plus être connectés à la réalité, ni au concept de l’apesanteur.

Haute Technologie…

Parenthèse.

Je fais ici une parenthèse pour expliquer brièvement : quand on dit « haute technologie », c’est qu’on ne comprend pas, mais que ça à l’air hyper-cool.

Parenthèse fermée.

Puis après la période euphorique type « an 2000 ça peut faire que monter », voici que les algos nous ont refait une panique et ont étendu le marché pour le compte en octobre. Les raisons sont multiples : les taux qui montent, les rendements qui montent, la politique de la FED qui n’est que très peu accommodante – bien que je sois conscient que ces trois phrases sont des synonymes, les prononcer dans le monde de la finance c’est comme tirer trois balles dans la tête d’un politicien ; la première suffit, mais les deux suivantes ont également un effet jubilatoire.

Le marché s’est donc enfoncé dans une période sombre que l’on nomme communément « le mois d’octobre », puis on a enchainé avec un mois de novembre merdique et un décembre pathétique. Sans compter qu’en décembre, on a trouvé un nouveau truc négatif : “l’inversion de la courbe”

À la fin le seul repas de Noël qui me vient à l’esprit; c’est tartine de foie gras saupoudré de Prozac, filet de bœuf Wellington fourré au Fluoxétine et de terminer en beauté avec un fondant au chocolat et au Séroplex. Avec une infusion de valériane et un litre de Whisky.

E comme Emmanuel Macron

Je le reconnais, la plupart de cette année j’habitais en Suisse. Depuis quelques temps, beaucoup moins. Je me suis donc un peu plus intéressé à la politique française. Surtout que depuis que les guignols ne sont plus là, j’ai un peu perdu le fil.

Jusque-là, je m’étais arrêté au gros François en scooter et j’avais pensé que la France avait au moins une chance : celle d’avoir touché le fond et de n’avoir qu’une seule option, remonter.

Sauf que Macron est arrivé.

Je n’aime pas dire : JE VOUS L’AVAIS DIT, mais en 2017 lorsque les élections battaient leur plein et que tout le monde pensait que le jeune manipulateur pervers narcissique était la seule option pour la France, je n’avais dit qu’une seule chose : ON NE MET JAMAIS UN BANQUIER AU POUVOIR – surtout en France.

C’est comme si tu mets un lion dans une étable, une bouteille de sirop dans un nid de guêpe ou si tu files un gamin de moins de 8 ans à Daniel Cohn Bendit et que tu le lui laisses l’emmener en week-end !!! Jamais tu ne donnes le pouvoir à un banquier.

En lui donnant le pouvoir de la finance tu t’attires déjà largement assez d’emmerdes.

Donc : Je vous l’avais dit.

#GiletsJaunes

Mais personne ne m’a écouté et le gérontophile est devenu Président. Et maintenant Manu est devenu plus impopulaire que Flamby, mais beaucoup plus vite. Il y a quelques mois, il disait que la France était au bord du gouffre et qu’il voulait l’empêcher de tomber. En fait, il a pris de l’élan, reculé de 15 pas et couru pour sauter dans le vide.

Aujourd’hui, il n’y a plus un giratoire qui fonctionne en France – déjà qu’avant c’était pas simple – et quand je passe avec ma voiture badgée « investir.ch », on me caillasse et on m’accuse d’évasion fiscale. Ce qui n’est pas exact.

En conclusion, Macron aura fait autant de mal à la France que les divisions de la Wehrmacht en 1945, sauf qu’aujourd’hui il y a moins de collabos. Quoi que c’est même pas sûr…

Pendant ce temps, les marchés financiers français s’en foutent, ils baissent comme le reste du monde. C’est même pas de la faute à Manu et Brigitte, mais c’était juste pour dire du mal et être très tendance.

C’est ici que se termine la première partie de cet abécédaire. Au moment où vous me lisez, moi je suis dans la neige en train de chasser le renne du Père Noël. Je vous retrouve demain pour la suite… de F à J…

Bonne journée et à demain…

Thomas Veillet
Investir.ch

 

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