Une année où il faudra être « flexible », comme la FED

Une année où il faudra être « flexible », comme la FED

Tout d’abord : Bonne Année. Bonne Santé et puis surtout : Bons Marchés. Pas, « bon marché » dans le sens « pas cher », non, BONS MARCHÉS que votre trading soit parfait en terme de timing. Que vos « stop loss » soient bien placés et pas déclenchés trop souvent. Bons investissements. Oui, des investissements. Vous savez les trucs que l’on garde un peu plus que trois heures en position. Bref, que votre année soit bonne et surtout, revenez nous voir souvent sur Investir.ch, parce qu’on aura surement plein de choses à vous dire.

L’Audio du 7 janvier 2019

Donc, BONNE ANNÉE… Notez bien la chose, parce que je n’y reviendrai pas avant 2020.

Back to the basics

Maintenant que ça, c’est fait, revenons à nous moutons. Ou plutôt nos Bulls ou nos Bears. Je dois dire que cette pause de près de trois semaines m’aura fait le plus grand bien, puisqu’avec tout le recul possible, je me suis quand même rendu compte que les bourses mondiales avaient toujours la vision d’une taupe et l’incapacité totale de voir plus loin que le prochain tweet de Trump ou le prochain chiffre économique, alors qu’on ne sait même pas comment il est calculé…

Les derniers jours de 2018 auront été épiques et plein de Bears se sont refait une santé après avoir pris des claques pendant des mois, si ce n’est des années. Mais là, justice a été faite et l’église s’est fortement rapprochée du milieu du village.

Le pire est derrière ? Ou bien ?

Néanmoins, si l’on en croit les commentaires que l’on peut lire dans la presse dite « spécialisée » – je rappelle que pour être une presse spécialisée, il suffit d’avoir une calculatrice sur le bureau, un copain qui bosse dans une banque et un autre qui est passé une fois devant le bâtiment de la FED à New York – mais toujours est-il que si l’on en croit les « experts » du moment, il se pourrait bien – attention, j’ai dit POURRAIT (conditionnel) – donc il se pourrait bien que le pire soit derrière nous.

Pour le moment.

On ne va parler des indices européens, parce que eux, mis à part sucer la roue du S&P, paniquer plus quand ça baisse et courir derrière quand ça remonte, on ne va même pas perdre de temps à tenter de comprendre leur comportement, ce n’est vraiment pas l’objet du moment.

Un plan qui se déroule sans accroc

Mais les indices américains, le S&P 500 en particulier est allé s’arrêter – il y a quelques jours – pile poil sur la limite de ce que l’on aurait pu appeler (en cas de franchissement définitif) : un BEAR MARKET. Mais voilà, nous n’y sommes pas allés.

On a fait monter la volatilité à 36% – avec un grand remerciement aux algos et tout ces trucs automatisés qui prennent les décisions à notre place et qui vont aussi décider quand est-ce qu’ils vont nous défoncer le marché – mais ça on en reparlera une autre fois – une fois que la volatilité ait atteint son « pic » momentané, le marché a donc décidé que c’était assez et a rebondit comme un bouchon de liège. Ça, c’était avant qu’Apple fasse un « profit warning ».

Le retour de Nokia

En fait c’est là que cela devient intéressant ; c’est quand Apple fait un « profit warning », chose qui n’arrive qu’une fois toutes les années bissextiles, et qu’à la fin de la semaine, le marché est tout de même plus haut.

Bon, il faut dire qu’Apple est « has been » depuis bien longtemps et que plus personne ne croit à l’iPhone. Vivement le retour du 6210 avec coque interchangeable et écran bicolore.

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Et la lumière fût

Et puis vendredi dernier, le Messie est intervenu. Pas celui qui a les cheveux longs et gras, qui multiplie les pains et qui fait marcher les paralytiques, non, celui qui est le patron de la banque centrale américaine. Jerome Powell.

Certain diront que la croissance que l’on a depuis des années est complètement bidon et que sans les banques centrales les marchés ne peuvent pas monter parce que l’économie est pourrie et que l’on va de toutes façons, tous mourir un jour.

Je ne sais pas s’ils ont raison, mais il faut dire que lorsque les banques centrales offrent un minimum de soutien, ça va tout de suite mieux.

Flexible et patient

Vendredi Powell n’a pas dit qu’il lançait un nouveau QE, il a simplement dit qu’il restait « flexible » – ce que le marché a pris pour : « s’il faut je baisse les taux, j’injecte de l’argent gratuit et j’interdis les shorts ».

Les investisseurs, les traders et les algorithmes se sont immédiatement sentis soutenus, chéris, aimés, cajolés par les paroles de Powell. Du coup, on s’est dit qu’il allait surement moins monter les taux en 2019 – les experts sont déjà revenus à « maximum 2 hausses » et encore un discours de Powell comme celui de vendredi et on passe à une seule.

Powell a aussi mis en avant le fait qu’il était patient et que l’économie n’est pas un écureuil hyperactif qui stocke des noisettes pour l’hiver. Il paraît que ça prend du temps pour évoluer et que toute modification sur les taux ou sur quoi que ce soit d’autre n’impacte pas l’économie dans les 32 prochaines secondes, contrairement à ce que semble vouloir croire certains qui ont une vision à 1 seconde trois dixièmes.

Fuck Trump

Il a aussi dit : « Fuck Trump, je ne démissionnerai pas. » On va donc bien se marrer ces prochains mois.

Bref, les marchés sont remontés. Les sondages donnent toujours un niveau de négativisme extrêmement élevé. Ce qui est assez normal, parce que si vous vous coincez les doigts dix fois dans la même porte, je vous assure que quand la onzième fois on vous demande de remettre JUSTE UNE FOIS les doigts dans la porte, vous allez hésiter.

Mais le fait que le négativisme ambiant reste élevé est une bonne chose. Cela permet à des petits veaux qui deviendront des gros bulls dans les mois à venir de prendre leurs marques. Si tout va bien.

En gros, c’est moins pire

En résumé, en ce début d’année, il semblerait qu’il y ait un peu plus d’optimisme que depuis le début de trimestre maudit qui aura couru d’octobre à décembre 2018. Mais rien n’est encore gagné puisqu’en dehors de Powell qui redevient le copain des marchés, il y a toujours Trump qui continue son « shutdown » – même si ça n’a jamais vraiment influencé les marchés – il y a aussi la Trade War qui nous occupe toujours – les négociateurs américains sont partis à Beijing pour deux jours – et la moindre alerte sur la croissance mondiale peut tout foutre par terre en moins de temps qu’il ne faut pour dire le mot ALGORITHME…

N’oublions pas

On n’oubliera pas non plus que le rendement du 10 ans est à 2.66% et que tout le monde s’en fout – je n’ai pas réussi à trouver la moindre mention de l’inversion de la courbe des taux dans tout ce que j’ai lu ce matin, ni les 5 derniers jours d’ailleurs.

N’oublions pas non plus

On notera que le pétrole est de retour en odeur de sainteté après avoir touché les 42.50$ à Noël, bien loin des 100$ prévus à COUP SÛR durant la fin de l’été. D’ailleurs je n’ai plus entendu Andurand et ses potes un peu partout dans le monde. Peut-être que c’est pour cette année.

Mais encore

L’or est remonté à 1300$ ou presque et semble enfin avoir un comportement un peu plus corrélé à ce que l’on nous a enseigné dans les écoles de bourse. Je dis bien « un peu », c’est pas encore complètement franc.

Quoi de neuf ?

Et puis pour les nouvelles du jour, on notera que la Chine continue dans sa politique de « stimulus » en approuvant un projet ferroviaire pour 125 milliards. Le Gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour relancer la machine et rassurer les investisseurs.

En Angleterre c’est la rentrée des parlementaires et on va donc à nouveau nous casser les c… les oreilles avec le BREXIT. Soyez prêts. Ça va être long, douloureux, pénible et vous aurez l’impression d’être dans les Bronzés font du ski, parce que vous avez vu le film vu 214 fois et que vous connaissez tous les dialogues. Te casses pas, on a compris.

Shutdown

Ailleurs Trump essaie toujours de vendre son mur en contrepartie de la fin du shutdown. Macron n’est pas content parce que les Gilets Jaunes ont cassé la porte du Ministère d’un de ses protégés et il joue les vierges effarouchées, mais visiblement il ne sert toujours à rien et même si l’on ne pensait pas ça possible : il est parvenu à faire regretter Hollande ET Sarkozy aux Français… Si ça c’est pas un exploit…

Bolton est de retour et met des conditions aux Turcs pour le retrait des troupes US en Syrie. Mauvaise nouvelle, il est encore vivant. On aurait pu espérer sa mort, mais visiblement le cinglé est toujours là. Pas Trump, Bolton.

Income

Le Barron’s propose tout un panel de solutions pour investir dans le rendement et dans le même journal on nous annonce que les 20 dernières années ont été très dures pour les marchés financiers, mais que les 20 prochaines seront bien plus faciles. On est content de le savoir, surtout qu’actuellement la durée moyenne d’investissement est de 4 secondes, ce qui devrait nous permettre de changer d’avis un paquet de fois sur les 20 prochaines années.

Time to buy

Et puis, pour terminer cette chronique avec une note d’optimisme, BlackStone prévoit une hausse de 15% pour le S&P500 en 2019 et estime que là où nous sommes c’est tout simplement une « opportunité d’achat inouïe »… Alors ? Qu’est-ce que l’on attend ?

Côté chiffres économiques, nous aurons les Factory Orders en Allemagne et les Retail Sales. Factory Orders aux USA aussi, accompagné de l’ISM Non Manufactuting PMI. Rien qui ne devrait changer la face du monde dans l’immédiat. Actuellement les futures sont en hausse de 0.3% à New York. Pour ce qui est de l’Asie, Tokyo avance de 2.7% ce matin, pendant que la Chine progresse de 0.45% et Hong Kong de 0.66%.

Voilà… Nous sommes en 2019 et dans 358 jours, c’est la fin de l’année. On a encore largement de quoi s’amuser. Passez une excellente journée et une très bonne année !

Thomas Veillet
Investir.ch

« A lie gets halfway around the world before the truth has a chance to get its pants on. »

Winston S. Churchill

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