Si l’on s’abstient de lire les nouvelles, que l’on jette le premier journal que l’on trouve à la poubelle et que l’on se contente de regarder les prix de clôture, spontanément on aurait tendance à se dire qu’il ne s’est pas passé grand-chose hier.

L’Audio du 13 mars 2019

Pourtant, si l’on regarde un peu sous le vernis bien propre des indices boursiers, il y a un mot qui revient de plus en plus. Un mot qui fait peur comme une araignée peut vous faire peur quand elle est sur votre oreiller au réveil, peur comme si on vous attache devant une télévision et que l’on vous force à regarder Macron qui parle d’égalité ou Kim Kardashian qui parle tout court.

Ce mot c’est : INCERTITUDE.

On n’aime pas, mais alors pas du tout

On n’aime pas les krachs boursiers, on n’aime pas les chiffres «en-dessous des attentes», on n’aime pas quand les patron de la FED disent : «irrationnelle exubérance». Mais on n’aime VRAIMENT pas quand l’incertitude arrive.

Nous, les investisseurs, les traders, les portfolios managers, les stratégistes et autres gourous à la petite semaine, on a BESOIN d’être rassuré, cajolé et conforté dans le sens que tout va bien se passer. Autrement, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres.

Actuellement, dans mes lectures matinales, je trouve que l’on a un peu trop tendance à se montrer incertain et que le doute nous assaille. Lâchement. Par derrière.

Des chiffres douteux

C’est souvent au niveau des chiffres économiques que l’on trouve que ça coince. Il est vrai que depuis le début de l’année, entre les chiffres des ventes de détails, des nouvelles ventes de maisons et des création d’emplois, on peut commencer à se demander s’il n’y pas un truc de pourri au Royaume de l’homme aux cheveux oranges qui murmurait à l’oreille de Kim.

Vous noterez l’utilisation de l’imparfait, parce que là tout de suite, je ne suis pas certain qu’ils se parlent encore.

Donc l’incertitude nous assaille et ce n’est pas forcément agréable à vivre au niveau des marchés. Surtout que l’on ne sait toujours rien au niveau du Trade Deal, même si les rapports qui circulent sont positifs, on a toujours un doute derrière la tête.

ça circule. Mais où ?

Ça aussi c’est intéressant. Hier soir, il paraît que «des rapports positifs» circulaient au sujet du Trade Deal. Personnellement je n’en ai vu aucun circuler, ni à pieds, ni en vélo électrique sur les trottoirs, ni en Tesla. Mais comme disait mon maître à penser : «on s’autorise à penser, dans les milieux autorisés, qu’un accord secret POURRAIT être conclu»…

Jamais ça n’a été aussi vrai.

Nous sommes dans l’incertitude, mais il y a de l’espoir qui circule sur le Trade Deal.

BEXIT – EXIT

L’autre sujet du jour, c’était le BREXIT. Alors que Theresa May fait (soi-disant) des progrès avec l’Europe, le parlement britannique a, ENCORE UNE FOIS, refusé d’entrer en matière. Ne laissant plus d’autre choix que de quitter l’Europe sans accord ou de repousser la date du divorce.

Je pencherais pour la seconde solution. Surtout qu’à la vitesse ou l’Europe part en vrille, il n’est pas exclu que l’Europe quitte l’Angleterre avant que ça soit l’inverse.

737 plus MAX

Et puis, la dernière histoire du jour, c’est Boeing. Pour la seconde journée de suite, Boeing partait en vrille à plat et les pilotes semblaient bien incapables de redresser quoi que ce soit. La moitié de l’Asie a «groundé» le 737 Max et depuis hier soir, c’est l’Europe qui interdit son survol à ce type d’appareils.

En attendant on a toujours aucune preuve de quoi que ce soit comme problème sur l’avion et l’enquête prendra des mois avant d’y voir plus clair. L’avion de LionAir s’est abîmé en mer au mois d’octobre et on n’en sait toujours pas plus.

Si l’on parle en termes boursiers, on risque d’oublier la chose bien plus vite que les membres de l’équipe d’investigation, mais pour le moment, nous : les experts en finance, on cherche à trouver le juste prix de Boeing «sans le 737 max». Soyons très clair, ce n’est pas la problématique humaine ou le danger aéronautique qui nous pose problème, c’est surtout ce que ça va coûter à la fin.

Bon pour le service (mais à vide)

Pendant que la moitié du monde cloue l’avion au sol, la FAA et les Américains estiment qu’il est toujours bon pour le service, tout en publiant tout de même des liens qui permettent aux futur-passagers de vérifier si l’avion qu’ils prendront demain sera ou ne sera pas un 737 Max.

C’est ce que l’on appelle «maximiser l’angoisse et augmenter le stress».

En attendant les marchés ne font rien. Hier le S&P500 terminait légèrement en hausse, pendant que le Dow Jones terminait légèrement en baisse (à cause de Boeing). Le reste du monde ne foutait rien (à cause de l’incertitude) et l’Angleterre attendait le BREXIT. Et une fois que l’on a su que ça serait non, on a rien fait, parce qu’on s’y attendait.

Tout visionnaires que nous sommes.

L’or et le pétrole sont de retour en mode “undercover”

L’or repasse au-dessus des 1300 et se traite à 1307$ ce matin. Le pétrole est discrètement en train de casser son « range » en passant par les 57.25$ – j’en arrive presque à croire que le baril va démarrer et emmener le reste avec lui, jusqu’à que l’on ait des nouvelles sur le Trade Deal.

Ce matin l’Asie est légèrement en baisse, à cause de, je cite : «les INCERTITUDES qui pèsent un peu partout dans le monde», mais surtout sur les ailes des Boeing et de l’Angleterre.

TheresEXIT

Dans les nouvelles du jour, évidemment que le FT fait sa première page du nouvel échec de Theresa May et du BREXIT. Personnellement, j’ai décidé que je ne lirais plus quoi que ce soit mis à part les titres sur le BREXIT. Donc ça cause toujours et on se pose encore et encore les mêmes questions.

On se demande aussi s’il est toujours bien raisonnable de monter dans un avion et dans un Boeing 737 à plus forte raison. Les experts s’affrontent dans les journaux à grands coups de statistiques, expliquant que les nouvelles technologies ont fait énormément de bien à l’industrie aéronautique, que voler n’a jamais été aussi «safe» et que, l’un dans l’autre, 300 morts dans 2 catastrophes bien distinctes, ce n’est pas grand-chose.

Enfin, tant que l’on n’est ni dans un avion, ni dans l’autre.

Same players shoot again

Pour le reste, comme je le disais dans le titre, hier on s’est occupé du Trade Deal, de l’incertitude, du BREXIT et de Boeing, il ne manquait que le Trade Deal dans les news du jour – puisque Robert Lighthizer, le représentant du commerce américain et un des hauts responsables des négociations avec la Chine, a déclaré que les USA devraient avoir le droit d’augmenter les tarifs douaniers à tout instant en cas de non-respect des principes de l’accord qui est en train d’être signé – mais, «by the way», ça se passe très bien.

Du bruit et des scandales

Dans les autres nouvelles super-importantes, le Cardinal Australien qui est accusé de pédophilie s’est pris six ans de taule. Heureusement qu’il ne s’est pas fait prendre en excès de vitesse, ça aurait bien pire.

On se rend compte encore une fois que ce n’est pas cher payé… L’avantage c’est qu’il va se faire «coacher» en prison. Et puis les Américains sont très occupés par un nouveau scandale ; il semblerait que les «riches» auraient mis au point un système pour que leurs rejetons puissent rentrer plus facilement dans les grandes écoles.

Le système s’appelle «le pognon», mais il monté le concept à haut niveau. C’est le nouveau scandale qui empêche l’Amérique bien pensante de dormir. Même plus que le fait que leur Président soit accusé de tous les maux.

Imperturbables

L’avantage, c’est qu’au moins ce genre de nouvelles débiles ne fait pas bouger les marchés.

Côté chiffres économiques, nous aurons la production industrielle en Europe – content de savoir que ça existe encore – puis il y aura les Durables Goods, les inventaires pétroliers et Coeuré de la BCE qui parlera. Puis ensuite, tard dans la nuit, les Chinois publieront leur production industrielle. Très attendue également. Moins que celle de l’Europe, bien sûr, mais quand même.

Pour le moment les futures ne font presque rien, l’Asie recule à cause de l’incertitude et on se demande où va la Livre et quelle sera le prochain pays à interdire les Boeing 737 Max.

Scrollez-down, scrollez-down !

Afin d’apporter autre chose dans ce monde de brutes, je vous encourage à «scroller down» en-dessous de cette chronique ou à «utiliser l’ascenseur à la droite de votre fenêtre» pour aller voir les autres articles que nous publions ce matin.

Le premier s’intitule « Wake me up before you Go-Go », comme son titre ne L’INDIQUE PAS, il parle de macro, mais rien que pour le titre, il faut aller le lire.

Ensuite nous avons nos amis d’Aton Râ qui reviennent sur la FINTECH, les gérants de Carmignac qui parlent de la stratégie patrimoine, mon collègue Marco revient sur les prévisions de l’OCDE et de la BCE qui parlent de baisse des températures en Europe puis, vous pourrez terminer avec l’INFOGRAPHIE DU JOUR, qui vous dira tout sur l’évolution des taux hypothécaires en Suisse.

Enfin, presque tout.

Alors, SCROLLEZ-DOWN et n’hésitez pas à «liker» nos articles, ceux de nos partenaires, déjà que c’est gratuit, ça fait plaisir de savoir qu’en plus de les lire, vous les aimez.

En ce qui me concerne, quand je regarde par la fenêtre, je me dis qu’il semble plus logique de retourner sous le duvet qu’autre chose, mais en attendant, je vous souhaite une très belle journée et on se parle demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

« C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison! »

Coluche