J’avoue que je peine à me réjouir du rebond d’hier. Pas parce que je n’aime pas les rebonds, mais plutôt parce que je trouve que ce n’est pas franc. Alors oui, on avait pas mal baissé avant et pour je ne sais quelle raison, certains ont trouvé qu’il était temps de remettre les mains dans le cambouis et je peux le comprendre, mais disons que lorsque l’on regarde les raisons qui nous ont fait baisser auparavant, je peine à trouver ce qui a réellement changé. Sans aller dans les détails ; l’inflation est toujours un problème, la FED est de plus en plus remise en question sur tout, les rendements sont en hausse et le plafond de la dette US est tout sauf réglé.

L’Audio du 6 octobre 2021

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Bref, on est monté

Je serais donc tenté de dire : Bref, on est monté. J’essaie d’être optimiste pour l’avenir et je reste fondamentalement convaincu qu’à 5 ans il faut regarder plus haut, mais pour le moment je ne suis pas fan de l’ambiance dépressive dans laquelle nous vivons. Ce genre de situation où tu te prends une mauvaise nouvelle dans les dents et que tu t’es à peine relevé du choc que l’on t’en remet une couche mais deux fois plus fort. Mais bon, assez parlé dépression.

Hier nous sommes donc montés parce que nous avions trop baissé avant. Lorsque l’on regarde les chiffres et les données que nous avons, le premier truc qui frappe c’est l’inflation qui n’a l’air d’être ni transitoire, ni sous contrôle et quand on voit le baril qui monte de 1$ dollar tous les jours, on peut se dire que ça n’est pas près de s’arrêter. Alors oui, un dollar, ce n’est pas grand-chose. Mais multiplié par 5 à 6 séances par semaine, ça nous fait quand même pas loin de 20 dollars par mois et à ce rythme-là – en intégrant les prises de profits régulières, on va dire que fin novembre on sera à 100$ et qu’à chaque passage de dizaine, les économistes vont recalculer ce que ça implique sur l’inflation.

Bon, moi je vais vous dire ce que ça implique. Ça implique que je vais rester en télétravail jusqu’à que le baril redescende à 12$, parce que le plein sera trop cher et rien qu’à l’idée d’aller de la maison à la station d’essence faire le plein, ça me coûtera trop cher et je devrais hypothéquer la maison. Mais toujours est-il qu’inflation ou pas, les marchés semblaient assez « optimistes » hier. À moins qu’ils aient eu envie de passer juste « UNE » bonne journée au milieu de la dépression ambiante.

Le baril plus jamais faible

Donc le pétrole est en grande forme. Hier il a presque touché les 79.50$ sur le WTI et se traite autour des 79$ actuellement. Il y a deux jours, L’OPEP a clairement expliqué qu’ils n’étaient pas trop motivés à augmenter la production. Surtout à cause du fait qu’après ils vendront le pétrole moins cher et puis avec l’arrivée de Messi au PSG, ben y a des frais et le Quatar aimerait bien renflouer un peu les caisses pour aller passer le week-end à EuroDisney. La hausse du baril rassure un peu les marchés – tant qu’on ne lui associe pas trop le phénomène inflationniste – mais ça pour le moment c’est pêché (quoi que la notion de pêché dans l’église catholique a été pas mal remise en cause depuis hier), peu importe, actuellement toute hausse du pétrole veut donc dire que l’économie va bien et si l’économie va bien, on parle inévitablement de tapering, ce qui a tendance à faire monter les rendements du 10 ans US. Ce qui LOGIQUEMENT devrait faire baisser les marchés puisque c’est AUSSI pour ça qu’on a baissé depuis deux semaines. Mais là, depuis hier… on jouait plutôt sur le fait que « ça allait mieux » et que les rendements qui montent, c’est bon pour les financières – financières qui étaient d’ailleurs les vedettes de la journée d’hier, tout comme une partie des technos qui retrouvaient des couleurs.

Non, je vous le dis, le rebond d’hier n’était pas franc, pas logique et pas rationnel dans le comportement des intervenants, on avait vraiment l’impression que c’était un rebond technique, que l’on remettait les positions à zéro avant d’attaquer une nouvelle vague –  dans un sens ou dans l’autre. D’ailleurs ce matin les futures sont clairement en baisse, le plafond de la dette stress tout le monde, la FED se fait démonter par les politiciens et demande une enquête indépendante pour que l’on sache s’ils font vraiment leur boulot ou pas et le Nikkei est dans le rouge – encore – et flippe à cause de l’inflation et aussi parce que l’indice est officiellement en zone de « correction ».

Pas encore gagné

 Je rappelle donc que nous sommes le 6 octobre, que la Chine est fermée que l’affaire Evergrande n’est pas réglée, que celle du plafond de la dette non plus, que les USA sont en train de rallumer la Trade War avec la Chine – Chine qui prendra connaissance des reproches américaines dès qu’ils reviendront de vacances, justement. Et que pendant ce temps, l’inflation augmente subrepticement, mais sûrement et si l’on avait encore le moindre doute, hier soir Pepsi-Cola a publié des chiffres meilleurs que les attentes et terminaient la séance en hausse, mais quand tu creuses un peu dans son communiqué de presse, tu te rends compte qu’ils ont quand même bien mentionné que les problèmes de production et d’inflation n’ont pas été faciles à gérer que la compagnie se méfie un peu quand même. Oui, on n’en parle pas mais le sucre a doublé depuis le fond du trou de la pandémie en mars 2020. Et quand vous achetez du sucre à coup de bateaux et de trains entier, forcément ça fait une différence.

Ce qui nous amène donc au fait qu’en lisant la presse financière cette nuit – oui, parce qu’au lieu de me lever tôt le matin, j’ai résolu le problème, je ne dors plus du tout comme ça je gagne du temps. Le seul problème c’est l’augmentation du prix du café qui me coûte très cher. En effet, parce qu’au rythme de 14 cafés toutes les deux heures, je dois dire que je ne comprends toujours pas pourquoi Nespresso ne m’a pas contacté pour remplacer George Clooney. Mais bon, c’est une autre histoire. Je disais que ce qui est effarant dans la presse financière, c’est que tu regardes les indices et tu vois que le S&P500 qui prend 1.05%, le Nasdaq qui remonte de 1.25%, que Zuckerberg récupère un peu des 19 milliards qu’il a perdu depuis un mois malgré que 1.5 milliards de données personnelles made in Facebook se baladent à la vente sur le Darkweb, que le CAC40 galope à la hausse de 1.5% et le SMI est toujours dans le coma avec un rebond de 0.04%, presque aussi dynamique que Monsieur Maurer… Eh bien tu te demandes quand même quelles sont les vraies raisons de la hausse d’hier et c’est pas dans la presse financière que tu vas les trouver.

Un peu à l’image de ma chronique de ce matin, il est presque impossible de trouver quelque chose de positif…et pourtant, on est monté. Probablement parce qu’on avait trop baissé avant. La question étant : et qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

En monde « plongée sous-marine » à Tokyo

Ce matin l’Asie est donc dans le pâté, Tokyo est en baisse comme tous les jours et le Hang Seng qui était parvenu à ouvrir en hausse vient de passer dans le rouge, la Chine étant toujours en vacances et Evergrande étant en théorie toujours une société immobilière.

Pour le reste, l’or est toujours cryogénisé et on ne sait pas encore quand on va le décongeler, le pétrole s’envole et tout le monde sait qu’il va à 100$, on en a déjà parlé. L’argent est – soi-disant une opportunité d’achat selon le Barron’s, mais tout le monde s’en fout, ou alors plus personne ne lit le Barron’s. Finalement il ne reste plus que les Cryptos qui sont en folie. Le Bitcoin est repassé au-dessus des 50’000 et se traite à 51’300$ pendant que tout le monde le regarde décoller en se disant : « bon, j’y vais cette fois ou pas ? ». En tous les cas selon Coinbase, depuis le début du moins l’augmentation des achats en Cryptos a été assez impressionnant et à voir comment se traite le marché des actions en ce moment, on peut comprendre. Autrement, l’Ether est à 3’500$ et tout semble aller plutôt bien de ce côté-ci de la finance.

Les nouvelles du jour

Pour ce qui est des nouvelles du jour, on parle toujours de la pilule miracle de Merck, la pilule qui lutte contre le COVID. Alors que la plupart des instances gouvernementales sont en train d’analyser les données de recherche pour approuver le médicament, des scientifiques mettent en garde sur le fait que ce médicament ne serait pas anodin. Il agirait sur les gènes et pourrait (en théorie) provoquer cancers et malformations à la naissance. On ne mentionne pas le fait que certains enfants pourraient grimper aux murs, tisser des toiles ou devenir tout vert et énorme en cas d’énervement, mais disons que ça à l’air assez sympa comme médicament. Ces reproches restent à vérifier, il suffit donc se rendre sur Facebook, vous avez sûrement un ami qui a suivi une formation accélérée de virologue sur Instagram récemment et qui pourra vous donner un avis éclairé, éclairé ou complotiste, c’est selon.

On parle aussi beaucoup de l’ex-employée de Facebook qui vomit sur la société un peu partout depuis trois jours. Frances Haugen se définit comme une “avocate de la surveillance publique des médias sociaux”, et pense que les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui avec les médias sociaux sont solvables.

“Nous pouvons avoir des médias sociaux qui font ressortir le meilleur de l’humanité”.

On se réjouit vraiment de voir ce que ça peut donner. En tous les cas, si elle monte un « Think Tank » avec l’équipe des Kardashian, Nabilla et toutes ses potes qui sont dans les Marseillais contre le reste du monde, on est vraiment impatient de voir comment le meilleur de l’humanité va ressortir. Vivement qu’elle se mette aussi à jouer du pipeau à la télé.

Il faut aussi parler du fait que Zuckerberg a perdu plein de fric depuis 3 semaines. Je précise qu’il pèse encore plus de 100 milliards avant que vous sombriez dans la tristesse rien qu’à l’idée de penser à son horrible condition. Facebook vaut toujours pas très loin des 1’000 milliards. On notera aussi que Palantir a signé un contrat de plus de 800 millions avec l’armée américaine, le titre montait de plus de 10% after close hier soir. JP Morgan pense qu’Amazon peut monter de 30% dans les 12 mois, il y a nouvel expert sur CNBC qui pense que le baril peut aller à 100 très rapidement, mais que ça ne pourra pas durer.

Et puis côté politique et FED, Yellen prévient que si l’histoire du plafond de la dette n’est pas réglée dans les deux semaines, les USA vont rentrer en récession, ils vont devoir fermer les McDonalds et le soleil ne se lèvera plus jamais. Madame Warren continue de vouloir la peau de Powell et on commence à se dire que la probabilité de le voir réélu est très très mince.

Les chiffres du jour

Côté chiffres économiques on est en train de se chauffer pour les chiffres de vendredi puisqu’il y aura les chiffres ADP de l’emploi, mais aussi les Factory Orders en Allemagne et les Retail Sales en Europe.

Pour le moment les futures sont à la cave, comme l’Asie et on se demande toujours si le rebond est durable ou si on doit aller d’abord se faire vraiment peur et qu’il y ait une VRAIE bonne nouvelle avant de remonter pour de vrai.

Voilà, je crois que c’est tout ce qu’il y avait à dire ce matin, il me reste à vous souhaiter une très belle journée, n’oubliez pas de faire le plein et de prévoir une avance pour payer la facture de gaz ce trimestre. Excellente journée à tous et à demain !

Thomas Veillet

Investir.ch

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