Bon. Comme d’habitude, on ne va pas perdre de temps et revenir 250 fois sur le sujet : BONNE ANNÉE et BONNE SANTÉ à tous, merci d’être chaque année plus nombreux à suivre cette chronique, je peine à trouver les mots pour l’exprimer. Mais ma psy m’a expliqué qu’il fallait que j’accepte des résultats positifs si je faisais des efforts. Donc merci à tous et bonne année 2026. Maintenant que ça, c’est fait, on peut passer à ce qui nous occupe. Non, par ce que soyons francs, on n’est pas venu ici pour parler d’autre chose que de finance et encore moins de ma psychothérapie. Alors on va parler marchés. Et du coup, j’ai déjà une excellente nouvelle, on parle des mêmes choses que l’an passé.
L’Audio du 5 janvier 2026
Le disque rayé
Alors oui, je sais, au fond de nous, on aurait adoré que cette année soit totalement différente de la précédente. Que l’on recommence avec une belle page blanche pour tout recommencer à zéro et parler d’autre chose. D’autres choses comme des fondamentaux réels, comme de la recherche sur des vraies sociétés qui vont changer le monde, des analyses de marché qui ne sont pas drivées en permanence par les histoires de la FED, des chiffres économiques ou des posts de Trump sur les réseaux sociaux. Bon, ben, laissez tomber parce qu’en me levant ce matin et après avoir fait l’impasse sur les marchés et avoir laissé mon PC fermé et rangé au fond d’une armoire, je me suis rendu compte que la seule chose qui avait changé dans le monde merveilleux de la finance, c’est l’année. On n’est plus en 2025, mais en 2026. Pour le reste, c’est pareil. Rien. Mais alors absolument rien n’a changé. On avait commencé 2025 avec l’arrivée au pouvoir de Trump et les attentes des baisses de taux. Et on commence l’année 2026 avec l’arrivée au pouvoir de Trump – mais au Venezuela, cette fois – et les attentes de baisses de taux. Comme l’an dernier.
Et puis si l’on creuse un peu plus loin, même les thématiques sont les mêmes. Alors oui, vous me direz : « c’est pas parce qu’on a changé d’année qu’on va s’intéresser au secteur de la consommation et laisser tomber l’Intelligence Artificielle et toute la smala qui tourne autour !!! » – et vous aurez bien raison. Mais je suis assez frappé de voir qu’on n’a strictement rien foutu sur la tech depuis Noël, comme si ça n’intéressait plus personne et le 2 janvier : PAF ! D’entrée on se jette sur les semiconducteurs en partant du principe que ça va être une année de folie – encore, une année de folie. Le meilleur exemple, c’est Micron. Micron publié ses chiffres trimestriels le 17 décembre 2025. Les chiffres étaient meilleurs que les attentes et l’enthousiasme du CEO était contagieux. Le premier jour, le titre a pris 5% pour fêter ça. Et depuis, tout le monde s’est penché sur le dossier et ça n’a plus arrêté de monter. Depuis le 17 décembre, le titre a pris 33% – soit 90$ de hausse en deux semaines et rien que vendredi dernier, le titre a pris 10.5%. Tout le secteur des semiconducteurs est en folie et encore, Nvidia n’a même pas commencé à monter. Mais ASML a explosé, AMD, Intel, tout le groupe est en folie, on dirait qu’ils ont tous signé un deal avec ChatGPT et Oracle en même temps. Sans compter que ce matin, Goldman Sachs viennent d’augmenter leur price target sur Taïwan Semi’s de 35%. À cause que les perspectives sont trop bonnes. Enfin, si la Chine ne vient pas se servir directement à Taïwan. Ce qui n’est pas complètement impossible, puisque Trump a montré la voie en allant se servir dans le pétrole Vénézuélien…
Mais c’est pas tout
Et puis comme nous sommes au début du mois de janvier, Tesla est également revenu sur le devant de la scène, histoire de bien nous faire comprendre que rien n’avait changé entre 2026 et 2025. Souvenez-vous, juste avant Noël, la boîte à Musk avait atteint de nouveaux records parce que tout le monde disait que la voiture électrique n’était plus un « core business » pour Tesla et qu’ils misaient tout sur les Robots et les Robotaxis et aussi un peu sur l’IPO de Space X. Bon, ben en fait, les voitures électriques, ça compte aussi un peu. Ça compte un peu parce que dorénavant, c’est plus Tesla qui vend le plus de voitures électriques dans le monde, c’est BYD. Ça n’a pas tant d’importance que ça sur les chiffres trimestriels quand on pense qu’ils vont inonder les USA avec des Robotaxis qui vont bosser pour leurs propriétaires pour pas un rond, mais quand même, ça fout un petit coup au moral et puisque les mauvaises nouvelles vont souvent par deux, Au quatrième trimestre 2025, Tesla indique avoir livré 418’227 véhicules, clairement plus faible qu’il y a trois mois où Tesla avait annoncé 497’099 unités livrées. Les chiffres annoncés vendredi sont également en-dessous des attentes des experts de la finance mondiale.
Mais attendez, ne partez pas. Ne partez pas, parce que globalement, les chiffres ne sont pas si mauvais que ça. Oui, parce que les « attentes précitées » ne sont que les attentes OFFICIELLES que les analystes communiquent à la presse. MAIS IL FAUT savoir, que les chiffres publiés étaient quand même meilleurs que les « WHISPER NUMBER », les chiffres que les analystes se chuchotent entre eux, des chiffres qui se refilent sous la table comme quand on était à l’école primaire. Donc les gars annoncent des chiffres, mais c’est pas les vrais-vrais chiffres, parce qu’ils ont encore leurs chiffres secrets à eux. Ça devient pas simple d’analyser des publications de chiffres, parce qu’à ce rythme-là, dans 3-4 ans, on aura les WHISPER NUMBERS DES WHISPER NUMBERS… Bref, donc les ventes n’étaient pas si mal et en plus, ils ont battu des records dans le stockage d’énergie. En gros c’était finalement pas si mal, mais le titre a quand même perdu 2.6% et 12% depuis qu’on a compris que Tesla c’était des Robots et des Robotaxis et plus des voitures…
Trump le conquérant
Et puis alors LE SUJET de ce lundi matin, c’est quand même Donald Trump qui a mis son chapeau de cowboy, son lasso et qui a envoyé la Delta Force pour prendre le pouvoir au Venezuela. On ne va donc pas se lancer dans une grande réflexion politique sur le bien-fondé de la stratégie du Président et si les USA ont VRAIMENT le droit d’aller chercher un Président soi-disant élu qui brime son peuple pour le remplacer par… le gouvernement américain lui-même, puisque visiblement c’est Trump lui-même qui va assurer la transition. Donc on peut être Président de deux pays à la fois. Mais bon, là n’est pas le sujet pour nous. Ce qui nous intéresse c’est surtout le fait que Trump a plus ou moins mis la main sur une des plus grosses réserves pétrolières du monde. Et d’ailleurs il ne s’est pas privé d’utiliser la chose puisque dans sa conférence de presse / victory dance, le Président Américain a utilisé plusieurs fois le mot « pétrole ». Une fois quand il a dit que les pétrolières américaines allaient investir des milliards pour développer l’industrie pétrolière locale. Une autre fois quand il a dit que les Chinois n’avait rien dit à propos du kidnapping de Maduro et de l’invasion du pays, « parce qu’ils allaient recevoir plein de pétrole ». Et encore une fois quand il a dit qu’il allait faire « couler le pétrole comme il se doit ». On sait que Trump veut un gallon 30% plus bas et avec les réserves qu’il vient de récupérer, ça va être facile.
Ensuite, un fois le choc de l’attaque passé – d’ailleurs on se demande comment les mecs du Nobel à Oslo vont intégrer ça dans leur liste des points positifs de Trump, mais on en reparlera – un fois le choc passé, les experts en pétrole sont tous sortis du bois pour donner leur avis sur l’avenir de l’or noir. Il faut d’abord savoir que depuis que Maduro est venu aux States en claquettes et training Nike, le baril n’a pas bougé tant que ça. Mais les experts sont tous d’accord : IL VA BOUGER, le baril. On ne sait pas encore trop dans quel sens, mais il va bouger. Je dois vous avouer que ce matin j’ai lu pas mal de trucs, mais le meilleur de tous, celui qui fait le résumé le plus « kafkaïen », c’est cette phrase toute simple qui dit : « les prix du pétrole devraient augmenter en raison des troubles au Venezuela, mais l’offre abondante limitera la hausse » – En gros, ça devrait monter, mais si ça monte pas, ça pourrait baisser, ou ne rien faire. Bref, Trump le conquérant a fait son job et à l’écouter, maintenant qu’il a commencé, il est chaud-bouillant pour prendre le Groenland, la Colombie et l’Iran qui commencent tous à trembler et pendant qu’on y est, puisqu’il cherche à destituer les Présidents qui sont détestés par le peuple, il peut aussi passer par l’Élysée. Nous voici donc dans l’an 2 de Donald Trump et il passe à la vitesse supérieure, restera donc à voir comment les Chinois vont comprendre le message sur les prochains mois, eux qui lorgnent sur Taïwan avec insistance.
En Asie
Alors que Wall Street a terminé l’année sans grande conviction, boudant son traditionnel « rallye de Noël », l’Asie a décidé d’écrire son propre scénario dès ce lundi matin. Le moteur de cette euphorie ce n’est rien d’autre que les semi-conducteurs, encore eux. Dans toute la région, un vent d’optimisme souffle sur le secteur technologique : les investisseurs sont désormais convaincus que la soif mondiale de processeurs et de puces mémoire ne faiblira pas d’un iota cette année. On doutait avant Noël, mais tout est oublié. Le Nikkei 225 est en hausse de près de 3%, des géants comme Tokyo Electron et Advantest ont mené la danse avec des hausses de plus de 6 %. Le KOSPI a atteint un pic historique, porté par la puissance de Samsung et SK Hynix. Pendant ce temps, en Chine, les indices affichent une belle progression malgré des signaux économiques plus contrastés. Si les bourses de Shanghai et Shenzhen grimpent, les chiffres du secteur des services montrent un essoufflement, marquant leur plus faible croissance en six mois. Shanghai est en hausse de 1% et Hong Kong est inchangé.
Le plus frappant dans cette séance, c’est l’imperméabilité des investisseurs face au chaos géopolitique. Ni les tensions liées à l’intervention américaine au Venezuela, ni la capture de Nicolas Maduro n’ont réussi à freiner l’appétit pour le risque. Ce matin, l’Asie a clairement choisi de parier sur la technologie plutôt que de céder à la peur. Pendant ce temps, le baril est à 56.98$, l’or est 4’418$, l’argent est à 75$, le rendement du 10 ans est à 4.19% aux USA et à 2.13% au Japon. Le Bitcoin repart à la hausse et franchit les 92’500$.
Le reste, on reprend nos vieilles habitudes…
Pour le reste, les nouvelles du jour tournent toutes autour de ce que Trump a fait et de ce qu’il va faire ensuite, je pense qu’il va falloir attendre un ou deux jours pour voir comment la poussière retombe. Une chose est sûre, le marché se fout pas mal de ce qui s’est passé au Venezuela, les semiconducteurs sont de retour et la prochaine vraie échéance, c’est vendredi avec les chiffres de l’emploi du mois de décembre qui seront publiés par nos amis du BLS, sous le contrôle de la Maison Blanche, on s’attend à 54’000 créations d’emplois – dont la moitié étaient des travailleurs temporaires qui jouaient le Père-Noël et le taux de chômage devrait passer à 4.7%. Chose qui devrait être une mauvaise nouvelle qui se transformera en bonne nouvelle à cause de la baisse des taux espérée pour fin janvier. Et puis Trump vient d’annoncer que Cuba était prêt à tomber… En fait quand il avait dit qu’il allait rendre l’Amérique Great Again, personne n’avait compris qu’il voulait aussi l’agrandir…
En plus des NFP de vendredi, on aura aussi les ADP, les JOLTS, le CPI et le PPI. Vous voyez, si vous pensiez que cette année serait différente, elle ne le sera pas, on prend les même et on recommence. Les futures sont en hausse de 0.12% et pour le moment, l’année commeence elle s’est terminée avec de la tech qui va faire des miracles, des chiffres économiques pourris qui vont pousser les taux à la baisse et un Président qui n’en fait qu’à sa tête – comme depuis un an – et qui nous montre déjà qu’en 2026, ça sera pire !
Bon début de semaine, bon début d’année, soyez forts et on se voit demain pour la suite !
Thomas Veillet
Investir.ch
“Never doubt that a small group of thoughtful, committed, citizens can change the world. Indeed, it is the only thing that ever has.”
― Margaret Mead