Les résultats de Nvidia ont encore pesé sur les marchés. Les titres du secteur technologique souffrent de prises de bénéfices. Les marchés asiatiques se replient mais délivrent une excellente performance mensuelle.
Les marchés européens se sont relativement bien comportés. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,72% à 8.620,93 points. À Francfort, le Dax a pris 0,45% et à Londres, le FTSE 100 a avancé de 0,37%. L’indice EuroStoxx 50 a en revanche fini en baisse de 0,19%, le FTSEurofirst 300 a perdu 0,06% et le Stoxx 600 a abandonné 0,05%. A Paris, l’énergéticien français Engie a porté jeudi le CAC 40 avec un gain de 7,2%, grâce notamment à la signature d’un accord en vue d’acquérir UK Power Networks (UKPN) et à ses résultats annuels. Ceux de Schneider Electric ont également été salués, l’action terminant en hausse de 3%, dans un contexte de demande accrue de la part des centres de données. Stellantis, qui a fait état d’une perte nette de 22,3 milliards d’euros liée à des charges exceptionnelles, a quand même connu une séance solide (+4,2%), les analystes de Citi signalant que les résultats publiés jeudi constituaient un « point bas évident » pour le constructeur automobile. Au niveau sectoriel, les semi-conducteurs européens ont amplifié leur chute, suivant leurs homologues américains après les résultats de Nvidia. Besi, ASMI et ASML ont fini sur des baisses de plus de 4% chacun.
En Suisse, le SMI a terminé sur en recul de 0,45% et le SPI de 0,35%. Le géant zougois des matériaux de construction Holcim (-3,8%) a fini lanterne rouge, derrière Sandoz (-2,9%) et Sika (-1,9%). Au lendemain de la publication de ses résultats, Sandoz a été rétrogradé par Barclays et Vontobel, à respectivement « equal weight » et « hold ». Les poids lourds Roche (-1,5%) et Novartis (-1,3%) ont pesé sur l’indice. Nestlé (-0,2%) a mieux résisté.
Aux Etats-Unis, l’indice Nasdaq a reculé de 1,18% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,54%. Seul le Dow Jones est parvenu à clôturer dans le vert, grappillant 0,03%. Le titre Nvidia a perdu 5,46% à 184,89 dollars. Soit plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière partis en fumée. Jensen Huang, le patron du géant, a pourtant évoqué mercredi une demande de capacités pour l’IA en « croissance exponentielle », de quoi entraîner une accélération continue des investissements pour les infrastructures informatiques. Si ses prévisions pour le trimestre en cours étaient atteintes, Nvidia verrait son chiffre d’affaires s’envoler de 77% sur un an. Les technologies et les services de communication ont subi les plus forts replis. Dans son sillage, plusieurs acteurs du secteur des semi-conducteurs accusent également le coup. Broadcom abandonne 6,7%, Lam Research 5,4% et Applied Materials 5,5%, illustrant le regain de prudence des investisseurs sur l’ensemble de la chaîne. Les finances ont été le secteur du S&P-500 le plus performant, avec une hausse de 1,3% dans le sillage des gains de JPMorgan Chase, Bank of America et Wells Fargo.
Recul des rendements obligataires
Le rendement des obligations d’État allemandes à 10 ans, la référence de la zone euro, était en baisse de 2 points de base à 2,69%, son niveau le plus bas depuis le 28 novembre. Il était d’environ 2,90 % au début du mois. Les rendements obligataires évoluent inversement aux prix. Le rendement à deux ans de l’Allemagne, qui est sensible aux attentes en matière de taux d’intérêt, était en baisse de 1 pb à 2,041%. Le rendement des obligations d’État italiennes à 10 ans a baissé de 2 points de base à 3,303%. L’écart par rapport aux Bunds était de 59,50 points de base, après être tombé à 53,50 points de base à la mi-janvier, le plus bas depuis août 2008. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a par ailleurs dit jeudi devant une commission du Parlement européen que Francfort s’attendait à ce que l’inflation alimentaire se stabilise juste au-dessus de son objectif de 2% à la fin de cette année. Les opérateurs prévoient des taux stables tout au long de cette année.
Les rendements reculent également aux Etats-Unis, les investisseurs recherchant la sécurité offerte par les obligations. Celui des Treasuries à dix ans perd 2,1 points de base à 4,0270%. Le deux ans cède 1,4 point de base à 3,4566%. Le gouverneur de la Réserve fédérale (Fed), Stephen Miran, connu pour ses critiques à l’égard d’une politique monétaire qu’il juge trop restrictive, a déclaré jeudi que la banque centrale devrait réduire son taux d’intérêt d’un point de pourcentage cette année, invoquant les risques qui pèsent encore sur le marché du travail.
Marché des changes atone et bitcoin sans direction
L’indice du dollar américain, qui mesure la force du billet vert face à un panier de six devises, a légèrement progressé de 0,1% à 97,741. L’euro était quasi stable à 1,18 $. La livre sterling reculait de 0,2% à 1,3530 $. Les risques politiques internes demeuraient un facteur clé, les investisseurs se concentrant sur une élection partielle à Manchester, largement perçue comme un test décisif pour le Premier ministre Keir Starmer et son parti travailliste. En Chine, le yuan s’est apprécié face au dollar sur le marché offshore, gagnant 0,2% à 6,8380 yuans, son niveau le plus fort depuis près de trois ans, malgré le signal de la banque centrale exprimant sa volonté de freiner l’appréciation rapide de la devise.
Le bitcoin s’est quelque peu tassé après le vif rebond de la veille qui l’avait ramené non loin des 70’000 dollars. Dans le reste de l’actualité crypto, le Royaume-Uni s’apprête à lancer des tests de stablecoins adossés à la livre sterling, avec le soutien d’acteurs fintech comme Revolut. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie britannique visant à faire de Londres un hub des actifs numériques régulés.
Quid des matières premières
Le cuivre de référence à trois mois sur le London Metal Exchange a augmenté de 0,12% et devrait terminer la semaine en hausse de 2,77%. L’ensemble du complexe des métaux de base était dans le rouge. L’aluminium a perdu 0,9%. Le zinc a cédé 0,7%. Le plomb a reculé de 0,2%. Le nickel a baissé de 1,2% et l’étain a perdu 0,3%.
Le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a terminé en baisse jeudi, alors que les discussions entre les États-Unis et l’Iran reprennent à Genève, tandis qu’un rapport a indiqué une hausse importante des stocks de pétrole américains la semaine dernière. Le pétrole brut WTI pour livraison en avril a terminé en baisse de 0,21 $US, à 65,21 $US le baril, après avoir touché un plus bas à 63,60 $US au cours de la séance. Le Brent pour avril était dernièrement en repli de 0,5 $US, à 70,80 $US.
Le contrat soja le plus actif sur le Chicago Board of Trade (CBOT) a perdu 0,13%. Le blé a gagné 0,04% et le maïs a reculé de 0,11%.
Ce matin en Asie
L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a reculé vendredi après avoir atteint un sommet historique en clôture, pénalisé par le repli des poids lourds du secteur des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle. Le Nikkei a cédé 0,8% à 58,292,64 points. L’indice Topix, plus large, progressait de 0,43% à 3,897,24 points. Les deux indices affichent une hausse de 9% ce mois-ci. L’indice de référence KOSPI a cédé 149,83 points, soit 2,38% après avoir aligné jeudi une sixième séance consécutive de hausse et atteint un sommet historique. Le KOSPI affiche une progression de 18 % depuis le début du mois, après avoir gagné 24% en janvier.
Source : Reuters, Zonebourse, Dow Jones