J'ai encore les yeux qui piquent. Hier soir, Wall Street nous a servi un cocktail explosif et je n'ai pas dormi : Nvidia a sorti des chiffres surhumains, multiplié son dividende par VINGT-CINQ, annoncé 80 milliards de buyback supplémentaires — et son action a baissé de 2% en after-hours. Quand l'excellence devient le minimum syndical, voilà ce que ça donne.
L’Audio du 21 mai 2026
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Version express — l’apéritif. Le repas complet, c’est sur MorningBull.ch.
Objectif Elon
Pourquoi le marché a-t-il puni Jensen Huang malgré une performance digne d’Usain Bolt à 80 ans avec une hanche en titane ? On se le demande, mais apparemment « tout était dans les prix ». Pendant que Jensen montait sur scène, Elon Musk en profitait pour balancer le S-1 de SpaceX dans les médias et c’est que du bonheur. 80 milliards à lever, 2’000 milliards de valorisation, ticker SPCX, IPO le 12 juin. Sauf qu’en ouvrant le prospectus, on découvre une boîte qui a perdu 4.9 milliards en 2025, qui traîne 29 milliards de dette, et dont le patron a signé un package de rémunération conditionné à… l’établissement d’une colonie humaine permanente sur Mars d’un million d’habitants. Je n’invente rien. C’est noir sur blanc dans le prospectus. Et ce n’est même pas la clause la plus absurde du document. Le détail qui m’a fait recracher mon café, et le mystérieux « Customer A » qui pèse 20% du chiffre d’affaires. Vous retrouverez tous les détails dans la version longue.
À peine SpaceX avait-il fini de digérer son S-1 que Sam Altman préparait le sien pour vendredi. Quand Elon dépose, Sam dépose. C’est la cour de récré version milliardaires.
La magouille du jour
Et puis il y a la magouille du jour, celle qu’on a glissée en douce pendant que tout le monde regardait les fusées décoller. Le Department of Justice a signé un accord par lequel Trump obtient une immunité fiscale à vie — interdiction totale à l’IRS de l’auditer, lui, sa famille et ses sociétés, y compris pour les déclarations passées. Plus un fonds de 1,8 milliards qui pourrait, accessoirement, indemniser les émeutiers graciés du 6 janvier. Vous croyez que je délire ? Non. Et c’est signé par son ancien avocat personnel devenu Attorney General. La justice américaine est devenue un McDrive où dans le Happy Meal tu peux trouver des amnisties fiscales pour les gens plus égaux que les autres.
Cerise sur le gâteau, pendant que les marchés s’extasiaient sur la « phase finale » des négociations avec l’Iran (la 389ème de Trump, j’ai compté), les minutes de la Fed parlaient de remonter les taux. Personne ne veut le voir. Comme le marché ne veut pas voir Intuit qui licencie 17% de ses effectifs, ni les 111’173 emplois tech déjà perdus en 2026. Mais ça, on en parle longuement dans la version intégrale.
L’Asie en orbite
Ce matin, l’Asie a explosé : KOSPI +8%, Nikkei +3.7%, Samsung +8% parce qu’on a évité une grève — donc on célèbre les catastrophes qui n’ont PAS eu lieu.
Bref, hier soir Wall Street a acheté Mars, Trump s’est auto-amnistié, Jensen a pleuré dans son blouson de cuir parce que personne ne le célébrait comme il se doit et personne n’a regardé la Fed. Tout va bien.
L’analyse complète, les chiffres, les détails croustillants du S-1, le décryptage du package martien d’Elon, les implications du deal Trump-IRS et pourquoi je ne comprends plus rien mais j’écris toujours — c’est sur MorningBull.ch.
À demain.
Thomas Veillet – Morningbull
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« The essence of strategy is choosing what not to do. » — Michael Porter