Désolé pour hier. J'étais mort. Six cents bornes de route, un match Suisse-Canada et un marché en mode somnambule — j'ai raté zéro information importante, rassurez-vous. Parce que mercredi, Wall Street a essentiellement passé sa journée à attendre Micron. Comme on attend le dentiste. Avec cette angoisse sourde qui empêche de faire quoi que ce soit d'utile entre-temps. Le genre de journée où vous regardez votre écran toutes les dix minutes en vous demandant si quelque chose va finir par se passer. En fait non. Pas avant la clôture.

Petite journée

Le S&P perd 0,10%. Le Nasdaq lâche 0,43%. Le SOX avait déjà pris 8% dans les dents mardi — le genre de mouvement qui a le mot « panique » tatoué sur le front et qui fait que les gens appellent leur banquier pour lui demander si c’est normal. Ça n’est pas normal. Mais ça n’est pas anormal non plus. C’est juste le marché qui tremble avant un chiffre important. Alors mercredi, plutôt que de rebondir, le marché a fait ce qu’il fait de mieux quand il a peur mais qu’il refuse de l’admettre : de la rotation sectorielle. Traduction : on vend la tech, on achète des vieux trucs rassurants du Dow, des sociétés qui fabriquent des objets physiques qu’on peut tenir dans la main et qui ne dépendent pas d’une guidance trimestrielle de Jensen Huang. Juste au cas où Micron décevait.

Et si Micron ne décevait pas, on revendrait les défensives et on rachèterait tout en catastrophe. Plan parfait. Cohérent. Élégant, même.Le SOX qui prend 8% dans les dents un mardi, c’est le genre de chose qui mérite qu’on s’y arrête. Depuis des mois, on est collectivement convaincus que les puces sont notre avenir radieux, qu’elles vont résoudre la faim dans le monde, accélérer la médecine et probablement rendre les réunions Zoom moins insupportables. Et puis un mardi arrive, Micron n’a pas encore publié, et soudainement tout le monde flippe. C’est beau, la conviction.

Et puis Micron a publié. En plein pendant Suisse-Canada. Et là… La suite — les chiffres qui placent Micron au-dessus d’Amazon sur un critère qu’Apple et Microsoft regardent de loin, le CFO qui annonce 27 milliards de capex rien que pour cette année avec une promesse d’aller encore plus haut en 2027, le secteur mémoire entier qui repart comme si mardi n’avait jamais existé, le pétrole qui revient silencieusement aux niveaux d’avant-guerre pendant que personne ne regardait, l’Iran qui sort vainqueur d’une guerre qu’il était censé perdre, et ce que tout ça change concrètement pour les taux, la Fed et le PCE de ce jeudi — c’est sur morningbull.ch. Avec le café. À cinq heures du matin. Comme d’habitude.

Claude François avait tout compris. Ça s’en va et ça revient. Abonnez-vous pour savoir où ça revient.

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Thomas Veillet — depuis un bar quelque part, pendant que le Brésil se balade face à l’Écosse.