Alan Greenspan est mort à 100 ans. Google a perdu 269 milliards de capitalisation en une seule séance. SpaceX — l'IPO du siècle qui a levé 85 milliards il y a dix jours à peine — est déjà de retour au guichet pour emprunter de l'argent. Et pendant ce temps, le Brent est tombé sous les 78 dollars parce que Trump a trouvé la paix. Enfin, une version de la paix. Celle où Ormuz est « ouvert » à la moitié de sa capacité normale et où les tankers se retrouvent encore bloqués dans le Golfe. Mais on ne va pas se plaindre

L’Audio du 23 juin 2026

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Le père du « put » s’en est allé

Greenspan a tenu l’économie américaine pendant vingt ans, sous quatre présidents, sans jamais vraiment rien dire de précis. Et pourtant, tout le monde l’écoutait. Son héritage tient en une idée : la Fed interviendra toujours pour sauver les marchés. Résultat quarante ans plus tard — les traders prennent des risques de plus en plus délirants parce qu’ils savent que quelqu’un ramassera les morceaux. Ce « put » qu’il a inventé est toujours là, parfaitement vivant. C’est son héritage.

Google saigne, Anthropic se régale

Deux départs, 269 milliards envolés. Noam Shazeer, co-dirigeant de Gemini chez DeepMind, file chez OpenAI. Et John Jumper, prix Nobel qui n’a rien à voir avec le cheval de Lucky Luke annonce son départ pour Anthropic. Le marché avait peur depuis deux ans que les meilleurs cerveaux quittent Google. Tant que c’était théorique, personne ne bronchait. Le jour où ça devient réel, le titre plonge de 5% et le Nasdaq recule de 1.3%. La thèse négative sur Alphabet vient de trouver ses premiers arguments concrets.

Les taux montent, les semis s’envolent, l’une des deux a tort

Bank of America vient de parler et ils prévoient trois hausses de taux d’ici décembre et une longue pause ensuite. Et les baisses, au mieux en 2028. Le core PCE pourrait pointer à 3.5% en mai. Kevin Warsh a été limpide : la stabilité des prix avant tout. Et pourtant, pendant ce temps, le SOX enregistre neuf séances de hausse d’au moins 5% en soixante jours de bourse. Le seul précédent comparable, c’est janvier 2009 et la bulle internet. On a donc deux réalités parfaitement incompatibles qui coexistent sereinement, et l’une des deux finira par avoir tort.

SpaceX fait la manche

Du côté de SpaceX, dix jours après l’IPO du siècle, la boîte à Musk est retournée sur les marchés obligataires pour emprunter du pognon — histoire de rembourser un bridge loan de 20 milliards qui arrive à échéance en 2027. Le titre a corrigé de 31% depuis son sommet. La boîte a 100 milliards de cash, la situation n’est pas dramatique. Mais quand vous avez vendu le narratif de l’IPO la plus grande de l’histoire et que deux semaines après vous faites la queue au guichet des créanciers, il y a quand même un petit problème de cohérence, même si on nous dira que c’était prévu.

La suite — ce que tout ça dit vraiment sur les marchés cette semaine, pourquoi Micron mercredi soir pourrait tout changer, et ce que le pétrole à 78 dollars cache vraiment — c’est sur Morningbull.ch. Chaque matin à 7h, la chronique complète pour ceux qui veulent comprendre avant que la cloche sonne.

Bonne journée à tous !

Thomas Veillet
Investir.ch

“I know you think you understand what you thought I said , but I’m not sure you realize that what you heard isn’t what I meant”

― Alan Greenspan