Wall Street, hier, c'était une salle d'attente de dentiste. Tout le monde assis, personne qui bouge, chacun feuillette un vieux magazine en attendant qu'on l'appelle. Ouverture pleine d'allant, Nasdaq à +1,2%… et puis pschitt. Tout se dégonfle l'après-midi. Troisième séance dans le rouge : S&P -0,19% à 7'443, Dow -0,59% à 51'839, Nasdaq -0,05% à 25'508. On attend la BCE, on attend les géants de la tech, et faute de mieux, on se cherche des prétextes. Comme vendre le pétrole parce que l'Iran a soufflé qu'il « discutait encore » — sans qu'on sache ni avec qui, ni où, ni de quoi.

L’Audio du 21 juillet 2026

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Le pétrole, ce théâtre absurde

Le marché fait le truc le plus fou qui soit : il achète la paix. Le Brent est monté chatouiller les 91 dollars, a franchi les 90 dans la nuit, puis a tout rendu à 89,22 (+1,3%) juste parce qu’un porte-parole iranien a lâché le mot magique : « négociation ». Sur le terrain, pourtant, c’est l’inverse. Dixième nuit de frappes américaines. Trafic dans Ormuz effondré de 66% — 15% du niveau d’avant-guerre. Blocus houthi contre l’Arabie saoudite. Essence de retour à 4 dollars le gallon. Et Energy Aspects qui prévient : si ça dure, on repasse au-dessus des 100. Mais bon. On a dit « négociation ». Alors on vend.

Le vrai danger que personne ne regarde

Un pétrole qui grimpe, c’est de l’inflation en canette. Et l’inflation, ça réveille les taux. Le 30 ans américain a bondi à 5,12%, du jamais-vu depuis mai. Et voilà qu’on chuchote l’impensable : et si la Fed de Kevin Warsh devait remonter ses taux d’ici la fin d’année ? Ajoutez la taxe surprise de Trump — 50% sur une partie des importations canadiennes, dégainée avec une loi de 1930 jamais utilisée — qui va pousser l’inflation encore plus haut cet automne. Plus de tarifs, plus d’inflation, plus de taux. La boucle est bouclée. Le marché, lui, préfère fermer les yeux.

À retenir en trois punchlines

Burry n’a pas soldé son short Oracle. « Fake news. J’ai couvert la moitié parce que je gagne. » Le titre a plongé à 121 dollars, 63% sous son sommet, avec une note dégradée à un cran du junk. Et le petit porteur, lui, a lu « je reste short » comme un signal d’achat. Il est monté dans le train à contresens en faisant coucou par la fenêtre.

En Corée, on accuse les ETF à levier d’amplifier la volatilité — sans jamais se demander si le problème, ce ne serait pas que deux titres (Samsung, SK Hynix) pèsent à eux seuls les trois quarts de l’indice. On reproche à la fourchette de nous avoir fait grossir.

Côté IA, ça carbure : Google graverait Gemini directement dans le silicium, AMD dégaine Helios face à Nvidia avec Microsoft dans la poche, et Alibaba sort un modèle géant. Le ping-pong Pékin–Californie continue.

En attendant, c’est l’été

Le paradoxe du jour : 88% des entreprises battent les attentes, meilleur début de saison depuis trois ans… et le marché baisse quand même. Parce qu’on ne demande plus si les attentes seront dépassées, mais si elles le seront « assez ». Quand la barre est à hauteur d’étoile, même une copie parfaite déçoit. Volumes maigres, nerfs à vif, et SpaceX qui aligne une septième séance de baisse — même les fusées finissent par retomber.

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Le cliffhanger

Demain, tout se joue. Alphabet et Tesla passent à la casserole, la BCE entre en scène, et on saura enfin si les milliards engloutis dans l’IA rapportent vraiment quelque chose — ou si on vient de payer plein pot une promesse. Une seule question : la barre est-elle montée si haut que même les Sept Magnifiques ne pourront plus sauter par-dessus ?

En attendant, on remet le pétrole à demain, on reparlera des taux à l’automne, l’IA de Google à 2028. Prochaine étape ça sera Google mercredi soir. En attendant, ce mardi risque bien d’être encore un peu chiant et comme disait Numérobis ; « c’est trop calme, j’aime pas trop beaucoup ça, je préfère quand c’est un peu trop plus moins calme »…

À demain !

Thomas Veillet
Investir.ch