Et un nouvel épisode de comment Trump et ses amis profitent du système. Le prix du blé monte brutalement après des attaques ukrainiennes dans un port russe. Et les chiffres de l’inflation US sont «bons».

Pete Hegseth, secrétaire à la Défense américain, a nommé deux hommes — Marc Andreessen et Blake Masters — au Defense Policy Board (DPB), un organe consultatif influent du Pentagone. Or, tous deux ont des liens étroits avec 1789 Capital, le fonds de capital-risque dont Donald Trump Jr est partenaire, ce qui soulève des questions de conflit d’intérêts.

Les connexions financières

Le fonds d’Andreessen, Andreessen Horowitz (a16z), co-investit avec 1789 Capital dans plusieurs entreprises de défense, notamment Anduril Industries (armes autonomes), Hadrian (fabrication aérospatiale) et SpaceX.

Blake Masters siège aux conseils d’administration de trois entités liées à 1789 Capital via les sociétés  «chèques en blanc» Colombier.

Ces entreprises ont déjà reçu des milliards de dollars en contrats et prêts fédéraux depuis le retour de Trump au pouvoir (ex.: Anduril a reçu environ 1,25 milliard $ lors des 500 premiers jours du second mandat, contre 760 millions $ pour une période comparable sous Biden).

Les inquiétudes exprimées

Des experts en éthique gouvernementale (Project on Government Oversight, Quincy Institute) s’inquiètent que ces nommés puissent orienter les contrats de défense au bénéfice de leurs propres intérêts financiers ou de ceux de la famille Trump, plutôt que de conseiller objectivement le Pentagone.

Contexte historique du DPB

Créé en 1985, ce board a déjà connu des controverses similaires — notamment avant la guerre en Irak en 2003, où plusieurs membres avaient des liens avec l’industrie de défense. Hegseth avait dissous le board en avril 2025 avant de le reconstituer en juin 2026 avec 15 nouveaux membres, présidé par Robert Lighthizer.

Mais aussi un petit tour sur le Golden Dome

Lancé par un décret présidentiel du 27 janvier 2025, Golden Dome est un système de défense antimissile multicouche censé protéger l’ensemble du territoire américain contre les menaces balistiques, hypersoniques et de croisière — le coût total est estimé entre 175 milliards et 3,6 trillions de dollars selon les sources. Il s’articule autour d’un véhicule contractuel géant appelé SHIELD (Scalable Homeland Innovative Enterprise Layered Defense), un contrat sur 10 ans d’environ 175 à 831 milliards $, pour lequel plus de 2 400 fournisseurs ont déjà été approuvés.

Suite demain matin…

Coup d’œil sur les marchés

À Paris, le CAC 40, qui a touché la semaine dernière un pic inédit a terminé mercredi sur une perte de 0,46%, pénalisé par le secteur du luxe et celui de la consommation cyclique. Le Footsie britannique a reculé de 0,10%. Le Dax allemand a cédé 0,17%, après avoir inscrit en séance un record à 26’573,5 points. L’indice EuroStoxx 50, a perdu 0,28%, après un sommet historique en séance à 6’577,20 points. Le FTSEurofirst 300 a reflué de 0,24%. Le Stoxx 600 a abandonné 0,17% mais est resté proche de son pic de 663,41 points atteint vendredi dernier. L’incertitude géopolitique a pesé sur le secteur du luxe en Europe (-2,88%), l’une des plus fortes baisses du Stoxx 600, avec ⁠notamment des replis de Kering (-3,89%) et LVMH (-3,05%) à Paris. TKMS ‌a bondi de 9,91%, le constructeur naval allemand ayant rehaussé ses prévisions pour la deuxième fois en six mois. ABN Amro a grimpé de 5,30%, le groupe bancaire néerlandais ayant relevé ses prévisions annuelles concernant son revenu ⁠net d’intérêts après avoir dépassé les attentes trimestrielles. TUI a fini dans le rouge (-1,36%), le géant européen du voyage ayant raté sa prévision de bénéfice, en raison de l’impact de la guerre en Iran sur les réservations. Balfour Beatty a bondi de 7,91% après avoir relevé sa prévision ‌de bénéfice d’exploitation annuel, citant une forte demande pour les projets d’infrastructure aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Vestas s’est envolé de 19,66%, le fabricant danois d’éoliennes ayant revu à la hausse sa prévision de marge bénéficiaire pour l’ensemble de l’année.

En Suisse, l’indice SMI suisse a reculé de 0,9%. UBS (stable) est resté de marbre face aux annonces du Conseil fédéral qui a mis en consultation jusqu’au 19 novembre une modification de la loi sur les banques complétant le dispositif sur la stabilité de la place financière suisse. Les plus fortes baisses ont été enregistrées par Richemont (-3,2%), Alcon (-3,0%) et Logitech (-3,0%).

L’inflation allemande a accéléré à +2,8% sur ‌un an en juillet, a annoncé mercredi l’Office fédéral des statistiques, confirmant ainsi les données préliminaires. Le rendement de l’obligation allemande à 2 ans affichait une baisse de 1 pb à 2,774%.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini en repli d’environ deux points de base, à 3,15%, tandis que la maturité à deux ans a abandonné environ un point, à 2,77%. Les opérateurs ont légèrement revu à la baisse leurs anticipations de nouvelles hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) cette année, le marché anticipant désormais un resserrement monétaire de 39 points de base, soit une baisse d’environ 1 point de base par rapport au début de la séance.

L’or a progressé de plus de 1% mercredi pour atteindre un plus haut de plus de deux mois, soutenu par l’affaiblissement du dollar après une lecture de l’inflation américaine conforme aux attentes. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant a progressé de 1,5% après avoir atteint son plus haut niveau depuis le 22 juin plus tôt dans la séance. Le platine a gagné 1,5% et le palladium a progressé de 1%.

Le blé sur Euronext a progressé mercredi, rebondissant après ses plus bas de quatre semaines touchés mardi, alors que les attaques ukrainiennes contre des terminaux d’exportation de céréales russes ont accentué les inquiétudes concernant une perturbation des flux massifs en mer Noire. L’échéance décembre, la plus active sur Euronext, progressait de 2,2%.

Les cours du brut se tassent un peu après l’annonce d’une augmentation inattendue des réserves américaines et en l’absence de nouveaux développements au Moyen-Orient. Le baril de brut américain WTI recule de 0,2%, à 81,01 dollars, tandis que le Brent avance de 0,2%, à 89,06 dollars le baril.

Aux Etats-Unis, le  S&P 500 a gagné 0,26%, le Nasdaq 100 a progressé de 0,74% et le Dow Jones a reculé de -0,04%. Après la remontée du pétrole et des rendements obligataires qui avait pesé sur la séance de lundi, le rapport sur l’inflation a apporté un certain répit aux investisseurs. L’IPC américain a ralenti pour le deuxième mois consécutif à 3,4% sur un an en juillet, contre 3,5% en juin, tandis que l’inflation sous-jacente est revenue de 2,6% à 2,5%, son niveau le plus faible depuis cinq ans et demi. Sur un mois, les prix ont progressé de seulement 0,1%, notamment grâce au recul de l’essence, même si l’inflation reste encore nettement supérieure à l’objectif de la Fed.

Le principal moteur de la séance est finalement venu de l’intelligence artificielle, avec la technologie (+0,9%). CoreWeave (+19%) a relevé sa prévision de chiffre d’affaires annuel à 12,4-13,2 MdsUSD et fait état d’une forte dynamique de commandes, tandis que Super Micro Computer (+19%) a présenté des perspectives de revenus trimestriels supérieures aux attentes. Nebius (+34%) a également profité de l’accélération de la demande pour son cloud dédié à l’IA, alors que Lumentum (+14%) a bénéficié de résultats et de perspectives solides dans les composants optiques. La hausse est toutefois restée sélective, avec la consommation discrétionnaire (-1,2%) pénalisée notamment par Tesla, Amazon, Nike et Lululemon. La chaîne de restaurants Cava (+14%) s’est distinguée après plusieurs relèvements d’objectifs de cours, tandis que SpaceX (+10%) a progressé après le lancement de Grok 4.6.

Le rendement de référence à 10 ans a glissé de 1,4 point de base à 4,668 %, tandis que les rendements des obligations américaines à 30 ans sont restés quasi inchangés à 5,233 %.

Ce matin en Asie : L’indice le plus large de MSCI pour les actions d’Asie-Pacifique hors Japon a progressé de 0,97%, porté par un bond de 4,4% des actions sud-coréennes. Au Japon, le Nikkei a gagné 1,86%.

Face au yen, le dollar s’est replié de 0,06 % à 159,32, sur fond de spéculations croissantes selon lesquelles la Banque du Japon (BoJ) pourrait relever ses taux d’intérêt le mois prochain, soit plus tôt que l’échéance de décembre initialement prévue. L’indice dollar, qui mesure le billet vert face à un panier de devises incluant le yen et l’euro, est resté stable à 99,93. Le dollar australien s’est maintenu globalement stable face au billet vert à 0,7062 $.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a abaissé sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026 à 580’000 barils par jour dans son rapport mensuel sur le marché pétrolier publié mercredi. Le contrat à terme sur le Brent a reculé de 1,29 dollar, soit 1,5%, à 87,69 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate a cédé 1,30 dollar, soit 1,6%, à 81,97 dollars.

Coup d’œil sur Trump

Dans son dernier message publié mercredi sur Truth Social, Trump reprend un refrain bien connu (qui risque de se répéter jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre), affirmant que les États-Unis ont un  contrôle total» sur le détroit d’Ormuz et  je pense que nous le conserverons». C’est aussi une confirmation supplémentaire qu’il privilégie une guerre économique d’assiège, la campagne militaire américaine étant suspendue. Il a également conclu son message par son étrange formule «Gloire à Allah!»