La pharma montre des signes de vigueurs dans les marchés et Trump se mue en psychiatre. Le Trésor américain a annoncé qu'il allait au moins doubler ses rachats de dette à long terme.
En 2026, l’industrie pharmaceutique mondiale poursuit une croissance robuste et franchit vraisemblablement le seuil des 1 500 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulé, portée par trois dynamiques majeures : la révolution des traitements anti-obésité et anti-diabète de la classe des GLP-1, l’essor de l’oncologie de précision (anticorps bispécifiques, conjugués anticorps-médicaments, radioligands), et l’anticipation d’une importante «l’échéance des brevets» entre 2027 et 2030 qui va priver le secteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars de revenus protégés (Keytruda, Entresto, Cosentyx notamment).
Sur le plan boursier, le secteur affiche une forte dispersion des performances. Eli Lilly s’est imposé comme la plus grande capitalisation pharmaceutique mondiale, portée par le succès massif de son traitement anti-obésité tirzepatide (Mounjaro/Zepbound), tandis que son grand rival historique Novo Nordisk a connu l’une des plus sévères corrections boursières du secteur, son titre ayant perdu environ 60% de sa valeur en un an sur fond de déceptions cliniques et de perte de parts de marché. Les grands laboratoires généralistes (Johnson & Johnson, Roche, Novartis, AstraZeneca, Merck) affichent des profils plus stables, tandis que plusieurs poids lourds historiques (Pfizer, Bristol-Myers Squibb, GSK, Sanofi) se négocient à des multiples de valorisation nettement inférieurs, reflet des incertitudes pesant sur leurs pipelines respectifs.
La vague de fusions-acquisitions s’intensifie fortement en 2026: les transactions dans la biotechnologie ont dépassé 84 milliards de dollars dès le premier trimestre, un rythme qui pourrait porter le total annuel au-delà de 250 milliards de dollars, les grands groupes cherchant à combler les trous de revenus attendus avec l’expiration des brevets à l’horizon 2028-2030.
Risques et enjeux pour le secteur
- Echéance des brevets 2027-2030 : plusieurs blockbusters majeurs perdront leur exclusivité, avec un risque de perte de revenus estimé à plus de 300 milliards de dollars sur cinq ans pour l’ensemble du secteur, en particulier pour les laboratoires les plus dépendants d’un nombre restreint de produits (cas de Merck avec Keytruda).
- Pression sur les prix : les réformes de prix aux États-Unis et les politiques d’achat centralisées en Chine continuent d’exercer une pression structurelle sur les marges, notamment dans les classes thérapeutiques matures.
- Risque de concentration produit : l’exposition croissante de certains laboratoires (Novo Nordisk notamment) à un segment thérapeutique unique accroît la sensibilité de leur valorisation boursière à toute déception clinique ou commerciale.
- Incertitudes commerciales et tarifaires : les discussions sur d’éventuels droits de douane américains sur les importations pharmaceutiques restent suivies de près par les marchés, avec un impact potentiel sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
- Concurrence des biosimilaires et génériques : leur champ d’action s’étend désormais au-delà de l’oncologie et des maladies auto-immunes, accentuant la pression concurrentielle sur les produits historiques.
- Risque d’exécution des fusions-acquisitions : la vague actuelle de rachats, bien que privilégiant des transactions de taille plus modeste (1 à 5 milliards de dollars) pour limiter le risque d’intégration, n’est pas exempte de risques d’exécution ou d’un paiement excessif dans un contexte de forte concurrence entre acheteurs.
Coup d’œil sur les marchés
À Paris, le CAC 40 a terminé sur une petite baisse de 0,09% après avoir évolué dans le vert en séance. Le Footsie britannique a perdu 0,14%, tandis que le Dax allemand a terminé sur une quasi-stabilité (+0,01%). L’indice EuroStoxx 50 a perdu 0,22%, le FTSEurofirst 300 0,09% et le Stoxx 600 0,02%. Le groupe industriel danois FLSmidth & Co a progressé de 6,3%, en tête du STOXX 600, après un chiffre d’affaires du deuxième trimestre supérieur aux estimations des analystes. Toujours à Stockholm, le brasseur Carlsberg, qui a fait état d’un résultat d’exploitation inférieur aux prévisions, a fini sur une baisse de 2,1%. Sur le plan sectoriel, le compartiment des ressources de base a mené les gains (+3,25%), tandis que ceux de la défense et de l’aérospatiale et des banques ont été à la peine. A la Bourse de Paris, Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas ont notamment reculé de 2,3% à 3,7%. Stellantis s’est illustré avec un gain de 5,84%. Le titre profite essentiellement d’achats à bon compte après six replis consécutifs (-10,19% sur la période). Même chose pour les valeurs du secteur du luxe qui ont été quelque peu délaissées. L’Oréal reprend 1,90, Kering 1,70%, ou encore LVMH qui a terminé sur un gain de 1,84%.
En Suisse, le SMI a terminé en hausse de 0,46%. Geberit (+7,4%) a terminé sur la plus haute marche du podium, devant Lonza (+2,4%) et Roche (+1,8%). Les autres poids lourds Novartis (+1,2%) et Nestlé (+0,2%) ont gagné du terrain, alors qu’UBS (-0,4%) en a perdu tout comme Helvetia Baloise (-2,1%) et le bon Lindt (-1,7%).
L’inflation en Grande-Bretagne a accéléré comme prévu +0,3% sur un mois et +2,9% sur un an en juillet, pour atteindre son plus haut niveau depuis quatre mois, alimentée par la flambée des factures d’énergie des ménages, selon les statistiques officielles. En zone euro, l’inflation a également accéléré en juillet, conformément à la première estimation et aux attentes des économistes interrogés par Reuters, d’après les données définitives publiées par Eurostat.
Le Bund allemand à dix ans a gagné 0,5 point de base (pb) à 3,2651%, après avoir touché un record de 15 ans à 3,275%. Le deux ans a pris 1,4 pb à 2,8577%. Le rendement de l’OAT à dix ans a atteint son plus haut niveau depuis 2008 en dépassant les 4,13% pour finir sur un gain de 0,2 pb à 4,1136%. Le deux ans a pris 0,9 pb à 3,0510%.
La Bourse de New York a terminé en hausse mercredi, quelque peu soulagée par la détente des taux d’intérêt après l’annonce de l’accélération des rachats d’obligations par le Trésor américain. Le Dow Jones a gagné 0,22%, l’indice Nasdaq a progressé de 0,16% et l’indice S&P 500 s’est finalement octroyé 0,21%. Citigroup a lâché 3,45%, JP Morgan Chase a perdu 1,65% et Bank of America a reculé de 1,63%. Les laboratoires américains Merck et Moderna ont été applaudis à Wall Street après avoir annoncé mercredi des résultats positifs lors de la dernière phase d’essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau. Le cours de l’action Moderna a été multiplié par plus de 2,5 (+176,97% à 174,38 dollars) soit un gain de plus de 40 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le titre Merck a lui bondi de 12,62% à 152,23 dollars. Target (+4,33% à 159,07 dollars) a été recherché après avoir annoncé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes lui permettant de relever ses prévisions annuelles. Les titres associés au secteur des cryptomonnaies ont été aidés par la hausse du bitcoin, à l’image des plateformes d’échange Coinbase (+9,55%) et Robinhood (+4,63%). Les valeurs technologiques liées à l’IA sont en revanche restées sous pression pour une deuxième séance consécutive, limitant notamment la progression du Nasdaq. AMD et Intel ont reculé d’environ 4%, alors que les résultats trimestriels d’OpenAI ont ravivé les interrogations sur la rentabilité des investissements massifs consacrés à l’intelligence artificielle.
Le marché obligataire a également apporté un soutien après que le Trésor américain a annoncé qu’il allait au moins doubler ses rachats de dette à long terme à partir de septembre, pour atteindre un minimum de 4 MdsUSD par opération. Le rendement du Treasury à 30 ans a chuté de 10 points de base, jusqu’à 5,19%, après avoir atteint la veille son plus haut niveau depuis 2007. Le 10 ans, il s’affichait à 4,64% contre près de 4,71% mardi à la clôture.
Le Brent progresse de 1,4% à 92,29 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 1,75% à 86,43 dollars.
Ce matin en Asie : L’indice de référence Nikkei 225 a progressé de 1%. Le Topix, plus large, a gagné 0,91%. Les plus fortes hausses de l’indice ont été enregistrées par Sumitomo Metal Mining, en progression de 9,72%, suivi de Sumitomo Pharma, en hausse de 8,70%, et de Kansai Electric Power, qui a gagné 8,09%. L’indice KOSPI progressait de 6,30%, Le titre SK Hynix a bondi de 12,93%, après que le fabricant de puces a annoncé son intention de racheter et d’annuler pour 40’000 milliards de won (28,69 milliards de dollars) d’actions propres, et d’allouer plus de 50 % de son flux de trésorerie disponible généré entre 2025 et 2027 à l’amélioration de la rémunération des actionnaires. L’indice Shanghai Composite a ouvert en hausse de 0,3%. L’indice Shenzhen Component a quant à lui grimpé de 1,0%.
L’or au comptant était quasi inchangé à 4’512,19 dollars l’once. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant a gagné 0,2%. Le platine a reculé de 0,4% tandis que le palladium a progressé de 0,3%.
Le dollar américain accusait de lourdes pertes jeudi, oscillant près de ses plus bas niveaux en trois mois. Le yen japonais s’échangeait dernièrement à 158,32 pour un dollar. La livre sterling s’établissait à 1,3603 dollar, tandis que le franc suisse s’échangeait à 0,7981 pour un dollar américain.
Le contrat à terme sur le Brent pour livraison en octobre a progressé de 25 cents, soit 0,3%, à 91,87 dollars le baril tandis que le contrat sur le brut américain West Texas Intermediate pour livraison en septembre a reculé de 2 cents à 85,81 dollars le baril.
Coup d’œil sur Trump
«J’annonce aujourd’hui que le secrétaire Kennedy a reçu un don historique de l’Université de Miami, qui a remis au gouvernement fédéral sa demande d’autorisation de mise sur le marché de l’ibogaïne, datant de 1994», a-t-il écrit.
«Cela permettra à tous d’accéder directement à l’autorisation fondamentale de la FDA et d’accélérer ainsi le développement de ce traitement médical aux États-Unis. C’est une avancée considérable ! Un grand merci à l’Université de Miami, qui a fait ce don pour que les Américains puissent bénéficier d’une aide aussi rapidement que possible.»
Trump a lié ce don directement à un décret qu’il avait signé en avril. Ce décret visait à accélérer le développement de traitements médicaux pour les maladies mentales graves, en particulier les drogues psychédéliques, dont l’ibogaïne.
«En avril, j’ai signé un décret très important pour accélérer le développement de traitements médicaux pour les maladies mentales graves, et plus particulièrement les drogues psychédéliques, dont l’ibogaïne», a écrit le président.
«Ce décret a été d’une grande aide pour nombre de nos vétérans et de nos héros américains, qui étaient présents dans le Bureau ovale avec moi et Joe Rogan.»
Donc plus de suicide sur le porte-avion Lincoln…