Pourquoi l’essence est chère en Suisse et pourquoi son prix est particulièrement sensible aux crises internationales. Bonnes statistiques économiques américaines mais pétrole à la hausse. Et une autre manœuvre « financière » de Trump…à priori.

La Suisse ne produit pas de pétrole et dépend presque entièrement des importations de carburants. Une partie importante arrive par le Rhin depuis les grandes raffineries de la région Amsterdam–Rotterdam–Anvers (ARA), tandis qu’environ un quart des produits pétroliers consommés en Suisse proviendrait de la raffinerie de Cressier, la seule encore en activité dans le pays.

Le prix à la pompe dépend principalement de trois éléments:

  • le coût du pétrole et des produits raffinés, ainsi que du transport et du taux de change;
  • les taxes suisses, qui représentent plus de la moitié du prix final;
  • les coûts de distribution et les marges des entreprises.

En 2026, la situation s’est fortement aggravée avec la crise au Moyen-Orient et les perturbations du détroit d’Ormuz. Le prix du pétrole a fortement augmenté, mais le problème vient aussi d’une pénurie de carburants raffinés, notamment à la suite des attaques contre des raffineries russes. Les marges de raffinage ont ainsi atteint des niveaux exceptionnellement élevés, ce qui s’est directement répercuté sur les prix suisses.

Il existe également un problème structurel européen: de nombreuses raffineries ont fermé depuis 2009, alors que les investissements dans le raffinage deviennent moins rentables en raison de la transition énergétique et de la baisse progressive de la demande de carburants fossiles. Cela signifie que le marché dispose de moins de capacités de réserve lorsqu’une crise survient.

La raffinerie de Cressier constitue donc un atout stratégique pour la Suisse, mais aussi un point de vulnérabilité. Une panne, une maintenance ou un problème d’approvisionnement obligerait la Suisse à importer davantage de carburant alors que le marché européen est déjà sous tension.

Conclusion

Le prix élevé de l’essence en Suisse s’explique surtout par la fiscalité et la dépendance aux importations, tandis que les fortes variations de prix sont principalement liées aux crises internationales et à la fragilisation du raffinage européen.

À plus long terme, la transition vers les véhicules électriques pourrait réduire la demande de carburants, mais elle risque aussi de provoquer davantage de fermetures de raffineries, ce qui pourrait rendre le marché plus vulnérable pendant la période de transition.

Coup d’œil sur les marchés

Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi et Wall Street évolue dans le rouge à mi-séance, un rebond ‌des rendements pesant sur le moral des investisseurs en dépit d’une intervention du Trésor américain sur le marché obligataire, tandis que l’impasse diplomatique se poursuit au Moyen-Orient. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,57%. ​Le Footsie britannique a perdu 0,04%, tandis que le Dax allemand a baissé de 0,31%. L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,18%, le FTSEurofirst 300 0,05% et le Stoxx 600 0,04%. Le détaillant britannique de vêtements de sport JD ⁠Sports finit en baisse de 14,3% après avoir ‌revu à la baisse sa prévision de bénéfice. Le fabricant danois de biosolutions Novonesis clôture pour sa part sur une hausse de 9,7% après avoir relevé ses prévisions annuelles, enregistré des résultats meilleurs ⁠que prévu pour le deuxième trimestre et annoncé un programme de rachat d’actions. Aegon perd 3% à Amsterdam, en dépit d’une publication semestrielle de bonne facture : les investisseurs ne se satisfont pas d’une hausse du dividende sans grande surprise, et l’annonce du prochain départ du directeur financier de la compagnie d’assurance tend à les décevoir. À la Bourse de Paris, Michelin (1,7%) signe l’une des plus fortes hausses du CAC 40 et Sartorius Stedim Biotech (4,8%) figure dans le haut du SBF 120, soutenus tous deux par des relèvements de recommandations, respectivement à « surpondérer » chez JP Morgan et à « acheter » chez UBS.

En Suisse, le SMI perd 0,13%. Parmi les poids lourds de la cote, le géant pharmaceutique Novartis avait reculé de 0,6% et la grande banque UBS de 0,4%. Le paquebot alimentaire Nestlé avait suivi une voie plus favorable, grapillant 0,08%, alors que l’autre groupe pharmaceutique Roche avait pris 1,2%, prenant la troisième place du podium chez les grands vainqueurs.

Les prix à la production en Allemagne, un indicateur clé ‌de l’inflation, ont augmenté plus que prévu en juillet, selon les données publiées par l’Office fédéral de la statistique. Le Bund allemand à dix ans gagne 0,1 point de base à 3,2560%. Le deux ans gagne 0,3 point de base à 2,8390%. Le rendement de l’OAT à dix ans est stable à 4,1170%. Le deux ans gagne 0,2 point de base à 3,0395%.

Ce contexte continue à pousser les cours du pétrole, les marchés continuant de s’inquiéter de possibles tensions sur l’offre. Le Brent grimpe de 1,9% à 93,2 USD le baril et le brut léger américain de 3,7% à 87,4 USD.

Le Nasdaq Composite a chuté de 1 % à 26 067,1 points, et le S&P 500 a reculé de 0,8 % à 7 641,6 points. Le Dow Jones Industrial Average a cédé 1,3 % à 52 762,3 points. Les secteurs de l’énergie et de l’immobilier ont mené les hausses, tandis que la consommation de base et la santé ont enregistré les plus fortes baisses. Du côté des entreprises, l’action SpaceX (SPCX) a reculé de 4 % jeudi après qu’environ 319 millions d’actions détenues par des investisseurs de la première heure sont devenues négociables aujourd’hui. La société a également approché Cognition AI en vue d’une éventuelle acquisition, bien qu’aucune discussion active ne soit en cours, a rapporté Bloomberg mercredi soir, citant des sources proches du dossier. Le titre Walmart a chuté de 9,1 % jeudi après que ses prévisions de bénéfice par action ajusté pour l’exercice 2027 ont déçu les attentes des analystes. L’action Moderna a plongé de 23,5 % après un bond de 177 % à la clôture de la séance précédente. Le laboratoire et Merck a annoncé mercredi des résultats préliminaires positifs pour un essai de phase avancée concernant un traitement expérimental contre le cancer de la peau. Les résultats du fabricant d’engins agricoles Deere ont, eux, positivement surpris. Le titre a gagné 6,94% à 620,94 dollars. La plateforme d’échange de cryptomonnaies Coinbase (+7,58% à 172,35 dollars) a profité de l’ascension du bitcoin au-delà de 70’000 dollars.

Alors que le consensus ne l’attendait qu’en hausse de 0,1%, l’indice composite des indicateurs avancés (LEI) du Conference Board pour les États-Unis a rebondi de 0,2% en juillet. En conséquence, son taux de croissance sur six mois est repassé en territoire positif. Par ailleurs, l’indice « Philly Fed » d’activité manufacturière dans la région de Philadelphie, calculé par la Fed locale, est passé de +41,4 en juillet à +47,4 en août, son niveau le plus élevé depuis avril 2021, alors même que les économistes craignaient au contraire une chute à +25 en moyenne.

Le rendement des bons du Trésor à 30 ans a progressé de 5,4 points de base à 5,248 %, tandis que le rendement à 10 ans a gagné 4,9 points de base à 4,702 %.

L’indice dollar, a progressé de 0,06 % à 98,89, tandis que l’euro reculait de 0,01 % à 1,1676 dollar. La monnaie unique avait atteint plus tôt 1,171 dollar, son plus haut niveau depuis le 14 mai. La livre sterling s’est appréciée de 0,18 % à 1,3629 dollar, après avoir atteint 1,3659 dollar, son plus haut niveau depuis le 16 février. Le yen japonais s’est déprécié de 0,6 % face au billet vert, à 159,12 yens pour un dollar.

Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin a progressé de 5 % à 72 524,54 dollars, son plus haut niveau depuis le 1er juin.

Ce matin en Asie : en Corée, le KOSPI gagne 0,68%. Le fabricant de puces Samsung Electronics a progressé de 3,14% et son concurrent SK Hynix a gagné 3,67%.  Les bourses chinoises ont ouvert en repli. L’indice Shanghai Composite a débuté la séance en baisse de 0,3% tout comme le Shenzhen Component. Le Nikkei 225 a chuté de 1,2%. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils des produits alimentaires frais, a accéléré pour atteindre 1,8% en juillet, contre 1,6% en juin. Cette progression soutenue maintient la Banque du Japon (BoJ) sur la voie d’un éventuel relèvement des taux dès septembre.

Le contrat à terme sur le Brent de la mer du Nord progressait de 4 cents et le WTI reculait de 6 cents. Au cours des cinq dernières séances de hausse, le Brent a gagné plus de 7% et le WTI a grimpé de plus de 8%, atteignant leurs niveaux les plus élevés depuis le 24 juillet 2024.

Le bitcoin a atteint un plus haut de plus de deux mois et s’échangeait en dernier lieu en hausse de 1,6% à 73’823,43 dollars, en voie de réaliser une progression hebdomadaire de 17%, ce qui marquerait son gain le plus important en 2 ans et demi.

L’or au comptant était quasi inchangé à 4’514,23 dollars l’once. Les prix affichent une hausse de 3,2% sur la semaine. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant était stable à 68,03 dollars l’once. Le platine a progressé de 01,1% à 1’846,29 dollars, tandis que le palladium s’est stabilisé à 1’333,11 dollars.

Coup d’œil sur Trump

Mercredi 19 août, vers 15h00 heure de Washington, Donald Trump prenait la parole lors d’une réunion à la Maison Blanche avec les dirigeants de l’industrie crypto. En quelques phrases, il mentionnait Hyperliquid par son nom, le token HYPE passait de 62 à 72 dollars, et des traders scrutaient des options achetées quatre heures plus tôt sur une société cotée liée à la plateforme.

«Je comprends que Mike travaille également à amener Hyperliquid aux États-Unis d’une manière pleinement conforme et légale. Il travaille très dur là-dessus.» — Donald Trump, 19 août 2026. (Source : CNBC, CoinTelegraph, 19 août 2026.)

Selon CNBC, environ quatre heures avant les déclarations de Trump, quelqu’un a payé environ 65’000 dollars pour 719 calls sur Hyperliquid Strategies (ticker : PURR), la société cotée au Nasdaq dont le principal actif est une trésorerie de HYPE tokens. Le strike était à 8 dollars, expiration mi-octobre. À la clôture du marché, ces contrats valaient environ 176’000 dollars — soit un gain latent de 111’000 dollars sur une session. (Sources : Cointelegraph, Business Insider, CNBC, 19 août 2026.)