De l’accord pétrolier entre Trump et le Venezuela. Warsh s’est exprimé, dit-on. Frappes américaines dans le détroit d’Ormuz. Et une nouvelle diversion de Trump.
Le 28 août 2026, Donald Trump a annoncé ce qu’il a qualifié de « plus grand accord pétrolier de l’histoire », donnant aux États-Unis le contrôle d’une portion massive des réserves vénézuéliennes. Il s’agit d’une étape majeure dans la relation entre Washington et Caracas, huit mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine, et il a été négocié avec Delcy Rodriguez, devenue présidente intérimaire du Venezuela.
Ce que prévoit l’accord
Selon les informations disponibles à ce stade, le texte porterait sur 65 milliards de barils issus des réserves pétrolières vénézuéliennes et prévoirait le développement de 17 champs pétroliers stratégiques. Un responsable américain a précisé qu’il permettrait la création d’une nouvelle entreprise privée associant les États-Unis à un opérateur vénézuélien non identifié, avec des droits d’exploitation accordés pour cent ans, et que Washington en détiendrait 55% de la production effective, ce qui en ferait le deuxième plus grand détenteur de réserves prouvées au monde, derrière Saudi Aramco.
Côté vénézuélien, Delcy Rodriguez a assuré que le pays «conserve la propriété et la souveraineté sur ses ressources», et a précisé que Caracas percevrait des redevances minimales de 16 % sur les opérations ainsi que des taxes sur le revenu de 34%.
Les avantages mis en avant
Pour le Venezuela, l’argument principal est celui de la relance économique. Le pays reste celui où l’inflation est la plus élevée au monde et son industrie pétrolière est lourdement dégradée après des années de sous-investissement. L’accord promet plus de 100 milliards de dollars d’investissements et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l’État sur les 25 années de sa durée. Delcy Rodriguez y voit un moyen de faire du Venezuela «une puissance énergétique, un grand producteur de pétrole, un important exportateur de gaz».
Pour les États-Unis, le secrétaire d’État Marco Rubio a présenté l’accord comme «une immense victoire pour les peuples américain et vénézuélien», affirmant qu’il garantit des réserves stables et du pétrole bon marché dans l’hémisphère et fait baisser le prix de l’essence aux États-Unis, tout en soutenant des milliers d’emplois bien rémunérés et en relançant la reconstruction de l’économie vénézuélienne.
Les inconvénients et critiques soulevées
Plusieurs zones d’ombre et objections ont émergé:
- Un manque de transparence. L’absence de détails précis sur le texte a nourri de nombreuses rumeurs selon lesquelles l’accord serait très avantageux pour Washington, au détriment de Caracas.
- Des bénéfices concrets incertains à court terme. Des experts préviennent qu’une hausse significative de la production vénézuélienne ne se fera pas rapidement, car la remise en état des infrastructures prend des années et coûte des milliards de dollars, ce qui limite les espoirs d’une baisse immédiate des prix de l’essence aux États-Unis. Convaincre les grandes compagnies pétrolières américaines de revenir se heurte par ailleurs à l’incertitude politique et à l’état des infrastructures, dégradées depuis des décennies.
- Des critiques sur la nature même de l’opération. Certains observateurs, comme dans un article traduit de Rolling Stone, dénoncent une logique où les dirigeants américains ont affiché l’intention de «saigner le pays de ses réserves pétrolières» plutôt que de détailler un plan de transition démocratique, le président Trump ayant lui-même déclaré vouloir «récupérer le pétrole qui nous a été volé» et «extraire du sol une quantité phénoménale de richesse». Ces mêmes experts avertissent d’un risque de violence insurrectionnelle dans un pays fragilisé par la chute de Maduro.
- Un contrôle américain jugé disproportionné. D’autres analyses, comme celle de CNN, pointent le fait que Trump évoque une sorte de fonds discrétionnaire alimenté par le pétrole vénézuélien qu’il pourrait distribuer comme il l’entend, ce qui interroge sur l’autonomie réelle laissée au Venezuela dans la gestion de ses propres ressources.
- Une légitimité politique discutée. Delcy Rodriguez, qui a signé l’accord en tant que présidente par intérim, gouverne sous forte pression américaine, ce qui alimente les interrogations sur le rapport de force réel dans la négociation.
Coup d’œil sur les marchés
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,98% après avoir dégringolé de 1,68% jeudi sur fond de craintes liées au début budgétaire. À Francfort, le Dax a avancé de 0,82% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,29%. L’indice EuroStoxx 50 a progressé de 1,04%, le FTSEurofirst 300 de 0,53% et le Stoxx 600 de 0,55%. Sur la semaine, le Stoxx 600 s’est octroyé 0,19% et le CAC 40 a perdu 0,98%. Le compartiment européen de l’automobile a enregistré la meilleure performance sectorielle, avec un gain de 2,48%, tandis que Renault a terminé en hausse de 3,62% et en tête du CAC 40. Le groupe de construction autrichien Strabag a bondi de 15,75%, à la suite d’une révision à la hausse de ses prévisions annuelles. Ackermans & Van Haaren a grimpé de 8,2% après avoir publié ses résultats du premier semestre et relevé son objectif de croissance du bénéfice net. EssilorLuxottica a gagné plus de 2%, soutenu par l’annonce du lancement d’un programme de rachat portant sur cinq millions de ses propres actions. Interparfums a également progressé de plus de 2%. Le titre a bénéficié de la décision d’Oddo BHF de relever sa recommandation de « neutre » à « surperformance », tout en portant son objectif de cours de 27 à 32 euros.
En Suisse, le SMI a clôturé la séance en hausse de 0,11%. La majorité des valeurs vedettes a terminé dans le vert, les plus fortes hausses étant enregistrées par Richemont (+1,8%), UBS (+1,7%) et Givaudan (+1,5%). Les plus grandes pertes ont par contre été enregistrées par Sandoz (-2,3%), Lindt (-1,9%) et Roche (-1,5%), sans information particulière.
En France, l’inflation harmonisée selon les normes européennes (IPCH) a accéléré à 2,7% en août sur un an, montrent les données préliminaires publiées vendredi par l’Insee, après +2,4% en juillet. La croissance française a quant à elle stagné (0,0%) au deuxième trimestre, selon les chiffres définitifs publiés vendredi par l’Insee, s’agissant d’une révision à la baisse de la première estimation du produit intérieur brut (PIB). En zone euro, le sentiment économique s’est amélioré plus que prévu en août, l’indice ressortant à 98,4 ce mois-ci, contre 97,1 en juillet (révisé de 96,9), alors que les analystes interrogés par Reuters attendaient un chiffre de 97,5.
Outre-Rhin, le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 0,6 points de base à 3,2796%. Le deux ans affiche 0,2 points de base à 2,8932%. Les OAT passent de 3,88% à 4,05% (+17Pts). Outre-Manche, les « Gilts » font plutôt bonne figure avec seulement +3,8Pts à 5,0780%, contre 4,89% le 5 août.
La Bourse de New York a clôturé en baisse vendredi, les investisseurs digérant les mises en garde du président de la Réserve fédérale (Fed) sur l’inflation américaine, qui renforcent l’hypothèse d’une hausse des taux dès septembre. L’indice Nasdaq a reculé de 0,52%, l’indice S&P 500 a perdu 0,25% tandis que le Dow Jones a terminé proche de l’équilibre (-0,02%). PayPal a dégringolé de 12,71% à 53,66 dollars. Selon l’agence Bloomberg, le consortium mené par son concurrent Stripe et le fonds Advent International aurait jeté l’éponge sur son projet de rachat. L’enseigne de produits cosmétiques Ulta Beauty (-4,18% à 517,50 dollars) a été boudée, malgré des résultats au-dessus des attentes pour le deuxième trimestre et une révision à la hausse de ses prévisions. Certains analystes y voient des prises de bénéfices. La marque de vêtements Gap s’est envolée de 12,99% à 23,49 dollars grâce à un bon bilan financier pour le deuxième trimestre. Le fabricant américain de puces Marvell Technology a nettement chuté, lâchant 10,28% à 216,62 dollars après avoir partagé des prévisions pour le prochain exercice fiscal qui n’ont pas satisfait les attentes des analystes.
Le président de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh, a déclaré que l’inflation constituait la partie la plus préoccupante du double mandat de la banque centrale. ‘L’objectif de stabilité des prix de la Fed de 2 %, mesuré par l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle, est une cible ferme et fixe’.
Le T-Bond à 2 ans s’envole de +10 points à 4,34%, le « 10 ans » rajoute 4 points de base, à 4,71% (les 4,75% ne sont plus très loin), le « 30 ans » se montre un peu plus résilient mais prend +3Pts vers 5,203%, après avoir plafonné à 5,2130%.
Stable en début de séance, le billet vert progressait ainsi de 0,64% face à la monnaie unique européenne à 1,1580 dollar pour un euro, en réaction au discours de Kevin Warsh. Il gagnait aussi 0,42% face à la devise britannique, à 1,3530 dollar pour une livre sterling et prenait 0,50% face à la devise japonaise, à 160,19 yens pour un dollar. Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin a chuté de 3,34% à 77’413,77 $.
L’or au comptant reculait de 2,9% à 4’567,23 dollars l’once. L’argent au comptant a chuté de 3,5%, le platine a reculé de 0,6% tandis que le palladium a progressé de 5,3%.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a lâché 0,44% à 89,31 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a perdu tout juste 0,16% à 83,40 dollars. Les cours ont reculé de 4 à 5% sur la semaine.
Ce matin en Asie : L’indice boursier japonais Nikkei a reculé de près de 2 % lundi, sous l’effet des attentes croissantes de hausses de taux des banques centrales pour juguler l’inflation. L’indice de référence Nikkei 225 a cédé 1,97% en début de séance. Le Topix, plus large, a reculé de 0,84%. Les actions de Hong Kong ont ouvert en baisse lundi, alors que la reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran a fait grimper les prix du pétrole. L’indice Hang Seng a reculé de 0,6% tout comme l’indice Hang Seng China Enterprises. L’indice de référence KOSPI perdait 2,46%. Parmi les poids lourds de l’indice, l’action du fabricant de puces Samsung Electronics a chuté de 2,72%, tandis que son homologue SK Hynix a cédé 3,2%.
Les prix du pétrole ont bondi de plus de 2% lundi, le Brent repassant au-dessus des 90 dollars le baril, après que les forces américaines ont frappé dimanche deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz. Il s’agit des premières frappes américaines connues contre la nation du Golfe depuis la fin du mois de juillet. Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 2,22 dollars, soit 2,52%, pour atteindre 90,32 dollars le baril tandis que le West Texas Intermediate américain s’établissait à 85,41 dollars le baril, en hausse de 2,01 dollars, soit 2,41%.
Coup d’œil sur Trump
Les Malouines sont un sujet sensible, au Royaume-Uni comme en Argentine. Mais Donald Trump, contrarié par le manque de soutien européen dans sa guerre contre l’Iran, menace de s’en mêler. Washington a prévenu Londres qu’il pourrait ne plus soutenir sa souveraineté sur ces îles de l’Atlantique Sud. Selon des documents du Pentagone révélés par The Telegraph, Washington – neutre jusque-là – envisagerait de prendre position pour l’Argentine.