Écrire des romans avec l'intelligence artificielle en 2026. Faiblesse sur les marchés. Nouveaux accords des pharmas avec la Maison Blanche.
En 2026, la question n’est plus vraiment de savoir s’il faut utiliser l’intelligence artificielle pour écrire un roman, mais plutôt à quel moment du processus créatif elle a sa place. Entre auteurs qui l’utilisent comme simple assistant de recherche, éditeurs qui traquent les manuscrits suspects et scandales retentissants dans l’édition américaine, le paysage littéraire s’est profondément transformé en l’espace de quelques années. Voici un état des lieux.
Des outils devenus incontournables… mais pas interchangeables
Le marché des assistants d’écriture par IA s’est considérablement structuré. Les grands modèles conversationnels généralistes — ChatGPT, Claude, Gemini — cohabitent désormais avec des outils spécialisés pensés spécifiquement pour la fiction longue, comme Sudowrite, NovelAI ou Writesonic. Chacun a trouvé sa niche: les modèles généralistes séduisent par leur créativité et leur capacité à tenir compte d’un contexte très large, tandis que les outils dédiés misent sur des fonctionnalités pensées pour le roman — développement de personnages, cohérence de l’intrigue sur plusieurs centaines de pages, gestion d’un « lorebook » qui garde en mémoire les détails d’un univers narratif.
Un vrai défi technique a d’ailleurs émergé avec la démocratisation de ces outils: la mémoire narrative sur la longueur. Un roman ne se limite pas à produire du texte fluide — il faut se souvenir de ce qui s’est passé au chapitre trois lorsqu’on écrit le chapitre trente. C’est précisément sur ce point que se joue la différence entre un simple générateur de texte et un véritable partenaire d’écriture.
Comment les auteurs s’en servent réellement
- Sur le terrain, les usages sont beaucoup plus mesurés que ne le laisserait penser le fantasme du «roman généré en un clic». La plupart des auteurs qui intègrent l’IA à leur pratique le font de façon ciblée;
- s’appuyer sur un modèle conversationnel pour débloquer une scène difficile ou tester plusieurs points de vue narratifs;
- utiliser une IA de planification pour construire le squelette d’un roman, avant d’écrire soi-même chaque scène;
- recourir à un outil de reformulation pour clarifier un chapitre tout en conservant sa propre voix;
- se servir du modèle comme d’un dictionnaire de synonymes surpuissant pour varier son vocabulaire, ou pour tester des débuts de chapitres qu’on choisit ensuite de garder ou de rejeter.
Ce que les auteurs évitent en revanche, de plus en plus consciemment, c’est de laisser l’IA produire des chapitres entiers destinés à rester quasiment intacts dans le texte final. Un choix qui n’est pas seulement esthétique: il est aussi devenu une nécessité pratique, pour des raisons à la fois littéraires et juridiques.
L’onde de choc des scandales éditoriaux
Le printemps et l’été 2026 ont été marqués par plusieurs affaires qui ont durablement changé la manière dont l’industrie du livre perçoit l’IA. En mars, Hachette a renoncé à publier aux États-Unis Shy Girl, un roman d’horreur présenté comme un succès de l’autoédition, après que des lecteurs eurent signalé sur les réseaux et forums de nombreuses incohérences laissant penser à une génération partielle par IA — l’ouvrage a même été retiré de la vente au Royaume-Uni.
Plus spectaculaire encore: fin juillet, un roman policier qui avait déclenché une enchère entre quatorze maisons d’édition américaines, remporté pour 2,4 millions de dollars par une filiale de Macmillan, a été purement et simplement retiré du marché par les agents de l’auteur — ceux-ci n’étant plus en mesure de garantir dans quelles conditions le texte avait été écrit. L’auteur a nié tout recours à l’IA, mais le doute a suffi à faire capoter l’un des plus gros contrats de l’année.
Ces affaires ont eu un effet d’entraînement: plusieurs agents littéraires britanniques ont publiquement demandé aux auteurs de renoncer à l’IA dans leur processus d’écriture, tandis que de nombreux éditeurs ont commencé à intégrer des clauses spécifiques dans leurs contrats, refusant les textes jugés générés à plus d’un certain pourcentage par IA.
Le problème, souligné par plusieurs observateurs du secteur, c’est qu’il n’existe à ce jour aucun outil de détection réellement fiable — y compris les services spécialisés les plus avancés du marché. Cette absence de certitude technique a aussi ouvert la porte à des accusations contestées, certains auteurs dénonçant des soupçons infondés ayant conduit à l’annulation de contrats.
Le casse-tête du droit d’auteur
Sur le plan juridique, 2026 a été une année charnière. Plusieurs décisions de justice ont commencé à dessiner les contours d’une doctrine : dans un cas resté célèbre, un tribunal a refusé la protection du droit d’auteur à un roman policier généré à 90 % par IA, jugeant l’intervention humaine insuffisante — l’œuvre est tombée dans le domaine public et l’auteur a dû rembourser les avances perçues.
En parallèle, de grands éditeurs américains ont multiplié les procédures contre les entreprises d’IA générative, leur reprochant d’avoir utilisé des ouvrages protégés pour entraîner leurs modèles sans autorisation ni compensation. Des accords de dédommagement ont commencé à voir le jour, avec des dispositifs permettant aux auteurs et éditeurs de déposer des demandes d’indemnisation.
Du côté institutionnel, un consensus se dessine plus largement en Europe : les organisations d’auteurs et d’éditeurs insistent sur le fait que les textes produits sans intervention créative humaine substantielle ne devraient pas pouvoir prétendre à la protection du droit d’auteur, condition jugée essentielle pour préserver la valeur des œuvres littéraires.
Ce que pensent les éditeurs et les lecteurs
Du côté des maisons d’édition, l’IA n’est jamais devenue un critère de sélection isolé. Les comités de lecture continuent d’évaluer un manuscrit sur des dimensions classiques : adéquation à la ligne éditoriale, qualité littéraire, cohérence de l’intrigue, singularité de la voix de l’auteur. Une enquête menée en Amérique du Nord a montré qu’environ un professionnel du livre sur deux utilise déjà l’IA d’une manière ou d’une autre dans la chaîne éditoriale — le plus souvent pour des tâches de traitement de flux plutôt que pour l’écriture elle-même — mais que la question du droit d’auteur et la crainte de voir circuler de faux livres génèrent une défiance massive dans la profession.
Cette défiance rejoint un constat plus général, largement partagé dans le secteur: les livres entièrement écrits par IA continuent de décevoir une large majorité de lecteurs. Le public reste attaché à l’idée d’une voix humaine singulière derrière un roman, même lorsque cette voix a été assistée par la machine à certaines étapes.
Coup d’œil sur les marchés
Les Bourses européennes ont reculé à la clôture de la dernière du mois d’août, dans un contexte de regain de tensions au Moyen-Orient. Alors qu’il était parti pour enregistrer une deuxième hausse consécutive le CAC 40 a finalement perdu 0,79%. Sur l’ensemble du mois d’août, l’indice phare parisien s’est effrité de 0,68%. Francfort a cédé 1,09% et Amsterdam a reculé de 0,59%. De son côté, la Bourse de Londres a été fermée ce lundi en raison du « Summer Bank Holiday ». Dans l’actualité des sociétés cotées, à Paris, Airbus (-2,86%) envisage de céder ses activités spatiales aux Etats-Unis afin de recentrer ses efforts sur la consolidation du secteur satellitaire européen, rapporte le Financial Times. Selon plusieurs sources proches du dossier citées par le quotidien britannique, l’avionneur européen sonderait actuellement de potentiels acquéreurs pour ces actifs, qui représentent plusieurs centaines de millions de dollars de chiffre d’affaires annuel. BNP Paribas (+0,21%) indique que l’appel dans le dossier soudanais sera tranché sur l’application du droit suisse, qui a été, selon lui, « gravement méconnu » par le tribunal de première instance. En octobre 2025, un jury fédéral de Manhattan avait ordonné au groupe bancaire de verser près de 20,5 MdsUSD à trois plaignants soudanais accusant BNP Paribas d’avoir aidé le gouvernement soudanais à commettre un génocide en fournissant des services bancaires en violation des sanctions américaines. Ailleurs, en Europe, Mercedes-Benz (+0,59%) a annoncé le lancement d’un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 1 MdEUR. Le constructeur automobile prévoit de racheter jusqu’à 58 MEUR de ses propres titres entre septembre 2026 et avril 2027, avant de les annuler. En outre, Bayer (+0,76%) s’est vu accorder la présentation de dernière minute de nouvelles données d’un essai de phase III sur son agent d’imagerie candidat dans le diagnostic de l’amylose cardiaque, à l’occasion du congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC), qui se tient actuellement à Berlin. AIRBUS (-2,9%): l’avionneur envisage de céder ses activités spatiales aux Etats-Unis afin de se concentrer sur la création d’un champion européen du secteur, a rapporté samedi le Financial Times. Un porte-parole d’Airbus n’était pas joignable dans l’immédiat pour commenter ces informations. SOITEC (+6,4%): le spécialiste des matériaux avancés pour l’industrie des semi-conducteurs avait indiqué en juillet qu’il anticipait un chiffre d’affaires Photonics-SOI pour l’exercice 2026-2027 plus de deux fois supérieur à celui de l’exercice 2025-2026, qui s’établissait à un peu plus de 100 millions de dollars. Cette prévision représente « absolument un plancher », a précisé lundi son directeur général, Laurent Rémont, dans une interview à Reuters.
A la Bourse suisse, le SMI a fini en repli de 0,79%. Parmi les rares rescapés de la séance figurent Alcon (+1,1%), Straumann (+0,8%) et Lindt (+0,5%), sans information particulière. En fond de classement se trouvent Holcim (-2,7%), Partners Group (-2,2%) et Kühne+Nagel (-1,9%). Le gestionnaire d’actifs dévoilera mardi le détail de ses résultats sur les six premiers mois de 2026. Les analystes devraient néanmoins se concentrer sur les perspectives du groupe zougois. Swiss Life (-0,3%) a limité ses pertes, à la veille de ses résultats semestriels. Les experts interrogés par AWP tablent sur un résultat opérationnel et un bénéfice net en hausse.
L’inflation allemande a progressé en août sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie liée au conflit en Iran, mais cette augmentation a été moins marquée que prévu et l’inflation sous-jacente s’est stabilisée, apaisant les craintes d’une propagation plus large des pressions inflationnistes de la guerre à l’ensemble de l’économie. L’inflation a atteint 2,9% sur un an, contre 2,8% le mois précédent, selon les données provisoires publiées lundi par l’office fédéral de la statistique.
En Allemagne, le rendement du Bund à dix ans a pris 0,4 point de base à 3,3268%, tout comme le deux ans qui s’affiche à 2,9249%. En France, le rendement de l’OAT à dix ans s’est octroyé 0,5 point de base à 4,1783%, tandis que le deux ans a grappillé 0,2 point de base à 3,1192%.
Aux Etats-Unis, le S&P 500 a reculé de 0,33%, le Dow Jones a perdu 0,70% tandis que le Nasdaq 100 a terminé en très légère hausse de 0,08%. La combinaison de pétrole plus cher et de taux plus élevés a pesé sur les compagnies aériennes, les croisiéristes ainsi que sur les constructeurs de logements et les fournisseurs de matériaux de construction. À l’inverse, l’énergie (+2,0%) a été le seul secteur du S&P 500 à terminer nettement en hausse, notamment soutenue par SLB, qui a bénéficié de l’annonce du rachat de Kelvion pour environ 4,1 MdsUSD, une opération destinée à renforcer son exposition au marché du refroidissement des centres de données. Les services aux collectivités ont subi les mouvements les plus violents, avec Edison International en baisse de plus de 20% et PG&E d’environ 19%, après qu’un projet de loi californien sur les incendies n’a pas apporté aux groupes cotés les protections espérées contre leur responsabilité financière. Dans un marché globalement défensif, CrowdStrike (+4%) a fait figure d’exception après l’annonce d’un partenariat avec Clear Secure visant à intégrer la plateforme d’identité CLEAR1 à son écosystème Falcon. Exxon et Chevron ont pris respectivement 2,73% et 2,13%. Amazon a fini en repli de 2,49% après une plainte déposée par la Commission fédérale du commerce (FTC) des Etats-Unis et 22 Etats américains qui accusent le géant du commerce en ligne de pratiques publicitaires illégales.
Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans a grimpé à 4,764%, soit un sommet depuis le 15 janvier 2025, tandis que la maturité à 30 ans a bondi à 5,266%, au plus haut depuis le 21 août.
Le baril de Brent s’affichait ainsi à la clôture de Wall Street à 90,47 dollars, en progression de 2,69%, tandis que celui du brut léger américain se négociait à 85,93 dollars, soit un gain de 3,03%.
Ce matin en Asie : L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a légèrement reculé (-0,2%) au cours d’une séance sans direction claire, marquée par une rotation sectorielle au détriment des grandes valeurs technologiques, tandis que la forte remontée des rendements obligataires a pesé sur l’appétit pour le risque. Le Topix progressait de 0,5%. Les plus fortes baisses en termes de pourcentage ont été enregistrées par les fabricants de câbles Furukawa Electric et Fujikura, tous deux bénéficiaires majeurs de l’essor des centres de données, qui ont perdu respectivement 4,9% et 3,9%. Les actions chinoises ont ouvert en hausse. L’indice Shanghai Composite, principal baromètre des actions chinoises, a progressé de 0,7% à 3’979,88. L’indice Shenzhen Component a gagné 2,42 points pour s’établir à 14’017,42. En Corée, le KOSPI gagnait 0,33%. Samsung Electronics a progressé de 0,29% et son homologue SK Hynix a gagné 1,61%.
Le yen s’échangeait en dernier lieu à 159,81 pour un dollar, après s’être affaibli au-delà du niveau de 160 lors des deux séances précédentes. L’euro était stable à 1,1623 dollar après avoir enregistré un gain de près de 1% pour le mois d’août. La livre sterling s’échangeait à 1,35575 dollar après une hausse de 0,5% le mois dernier. L’indice dollar a reculé à 99,37. Du côté des autres devises, le dollar australien était légèrement plus ferme à 0,7172 dollar, tandis que le dollar néo-zélandais s’affichait à 0,5921 dollar.
L’or au comptant reculait de 0,3% à 4’437,10 dollars l’once. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant a gagné 0,3%, le platine a progressé de 0,1% tandis que le palladium est resté stable.
Les contrats à terme sur le blé à Chicago ont reculé mardi après que la Turquie a déclaré être en contact avec la Russie et l’Ukraine concernant le transport de céréales via la mer Noire. Le soja a progressé, tandis que le maïs a baissé.
Coup d’œil sur Trump
Trump a annoncé lundi ces neuf nouveaux accords à la Maison-Blanche. Il a indiqué que l’ensemble des accords sur le prix conclus au cours de l’année écoulée permettrait aux Américains d’économiser plus de 600 milliards de dollars. Les neuf entreprises supplémentaires sont majoritairement des laboratoires de taille moyenne, parmi lesquels Alcon, Astellas Pharma et Teva Pharmaceuticals. D’après une fiche d’information de la Maison-Blanche, ces entreprises se sont engagées à investir au total 19,6 milliards de dollars dans la production aux États-Unis. Elles ont également accepté de proposer leurs médicaments à tous les programmes Medicaid des États à des prix réduits.